Hugh Jackman : le mutant chouchou de Hollywood

Hugh Jackman : le mutant chouchou de Hollywood

wolverine-et-mystiqueIl est la pierre angulaire de la franchise X-Men au cinéma et un comédien aussi populaire aux yeux des geeks que du grand public et même de sa profession. Hugh Jackman, 45 ans, a explosé en 2000 en incarnant sans faute le rôle clé de Logan/Wolverine. Grâce à une carrière parallèle très fournie au théâtre et quelques très belles performances au cinéma, Jackman a su aussi prouver que son talent ne se limitait pas à jouer les mutants griffus. Alors que la tornade X-Men : Days of future past balaie actuellement le box-office, revenons sur cet étrange spécimen qui réussit à concilier son statut de superstar avec celui de chic type*.

 

 

 

 

Toutes apparitions comprises, c’est la 7e fois que Jackman retrouve son super héros fétiche à l’écran. Pas mal pour un rôle décroché in extremis en 1999 (un autre acteur, initialement choisi, n’avait pu se libérer à temps) et que sa propre épouse, l’actrice productrice Deborra Lee Furness, lui avait déconseillé d’accepter : “Elle ne voulait même pas que j’aille à l’audition ! Ils testaient des acteurs du monde entier, j’avais une scène de trois pages à apprendre et j’ai répété avec elle. A la lecture, elle m’a dit : “Tu joues au théâtre à Londres, tu ne vas quand même pas accepter un film où des griffes sortent de tes mains, c’est ridicule !” C’est la seule fois, en vingt ans de mariage où Deborra s’est plantée dans ses conseils. Mais ne le dites à personne”. Il a beau avoir tourné dans une quinzaine de films depuis le premier X-Men, Wolverine reste toujours sa plus grosse carte de visite : “Mais je ne me suis jamais senti piégé. J’ai été incroyablement chanceux d’emporter ce rôle, il m’a rapporté plus d’argent que je n’en aurai jamais besoin, j’adore ce personnage, je sais à quel point il est apprécié des fans… Et Wolverine ne m’a pas empêché de faire Prisoners, Les Misérables, ni tourner avec Woody Allen, Chris Nolan, jouer à Broadway ou présenter les Oscars…”.

Hugh-jackman-portraitPour Rhonda Richford, journaliste au Hollywood Reporter, Jackman représente un cas unique à Hollywood : “On peut le comparer à son ami Christian Bale, qui alterne comme lui des films d’action et des rôles plus dramatiques. Mais contrairement à Bale, tout le monde adore Hugh Jackman. Il a la réputation d’être le type le plus adorable du monde et c’est un excellent acteur. Un jour où l’autre, il aura un Oscar (la statuette lui a échappé pour Les Misérables l’an passé – ndlr). En plus, il sait tout faire : danse, chant, théâtre, piano…”. Le théâtre et la danse, Jackman les a dans la peau depuis son enfance en Australie, son pays natal. Fils d’immigrés britanniques, protestants conservateurs mais séparés l’année de ses 8 ans (sa mère a quitté brutalement son père pour repartir en Angleterre), Jackman se décrit lui-même comme un “enfant craintif qui a dû surmonter beaucoup de peurs”. Il nous explique avoir “découvert ma passion pour la danse à l’école élémentaire. J’avais 11 ans et l’un de mes profs m’a incité à persévérer dans cette voie. A l’époque je vivais avec mon père et mes deux frères aînés à Sydney. Quand je leur ai dit que je voulais prendre des cours de danse, je me suis fait traiter de fillette. Mes camarades ne voyaient pas ça d’un très bon oeil non plus, j’étais un peu le Billy Elliot de ma classe !”

Thark6 1994.jpegJackman finira par sauter le pas à 18 ans et, après avoir un obtenu un diplôme de journalisme, il s’inscrit à l’Académie des arts du spectacle de l’Université Edith Cowan**, à Perth, dont il sort promu en 1994. Après deux comédies musicales en Australie, il impressionne sur la scène de l’Imperial Theatre de Londres dans Oklahoma (1998) et surtout, à New York en 2003, dans The Boy from Oz, comédie musicale basée sur la vie du chanteur/compositeur Peter Allen. Sa première incursion à Broadway. Et un coup de maître, récompensé en 2004 d’un Tony Award (l’équivalent des Oscars pour la scène). “C’est vraiment là que j’ai su, sans le moindre doute, que j’étais fait pour être acteur” confiera-t-il plus tard à Oprah Winfrey. “Je me suis toujours plus senti à l’aise sur scène que devant une caméra” nous confirme-t-il. “J’ai joué dans ma première pièce à l’école primaire, j’ai noué des liens très forts avec la communauté de Broadway et j’ai adoré présenter la cérémonie des Tony (en 2003, 2004 et 2005)”. Il rempilera d’ailleurs une quatrième fois, le 8 juin prochain et, “en septembre, je retournerai sur les planches à Broadway pour la pièce The River, de Jez Butterworth”.

Son ami Russel Crowe, qui l’avait recommandé pour X-Men, parle de lui comme d’une “triple menace”, en référence à ses talents combinés pour la comédie, le chant et la danse. Cette dernière facette, Jackman en a fait l’éclatante démonstration par son virevoltant numéro d’ouverture en tant qu’animateur des Oscars en 2009 : “C’est ce soir là qu’Hollywood a vraiment pris conscience de l’étendue de ses capacités” rappelle Rhonda Richford “Sans sa participation dans le rôle de Jean Valjean, jamais Les Misérables n’auraient vu le jour”. Et quand l’acteur organise un grand show de danse et claquette pour ses 45 ans, épaulé par un orchestre de 17 musiciens au Hollywood Dolby Theatre en octobre dernier, 4500 invités remplissent la salle. Précision : il s’agissait d’un concert de charité au profit du Fond pour le cinéma et la télévision et 1,85 millions de dollars furent ainsi récoltés. La philanthropie, l’autre pilier de la face publique de Jackman. A ce jour, l’artiste s’est impliqué dans plus d’une vingtaine de causes – adoption, cancer, Sida, microcrédit, commerce équitable, recherche sur la moelle épinière, Haïti… de quoi donner le vertige.

jackman pifAmbassadeur de la branche australienne de l’ONG chrétienne évangélique World Vision, qui soutient notamment le développement durable en Ethiopie, Jackman s’est rendu à plusieurs reprises sur place, à la rencontre de fermiers locaux. “Il avait organisé en 2006 une réception chez lui, à Los Angeles, pour faire la promotion de cette cause” se souvient Rhonda Richford “C’était très intime et informel, il y avait sa famille, des amis, des responsables de l’association. Il revenait d’Afrique et on sentait qu’il connaissait très bien son sujet, contrairement à d’autres stars qui répètent inlassablement les mêmes éléments de langage que l’organisme concerné leur fournit”. A New York, dans le quartier de Tribeca, Jackman a ouvert aussi en 2011 le bar “Laughing Man coffee”, dont 100% des bénéfices sont reversés à World Vision. “La popularité vous donne plus de pouvoir pour toucher plus de gens donc j’en profite. Je tiens cette notion d’engagement de mon père, lorsqu’il passait son temps libre à aider diverses associations caritatives en Australie. Et c’est ce que j’essaie aussi de transmettre à mes enfants”. Adoptés après deux fausses couches de son épouse, Oscar (14 ans) et Ava (8 ans) sont donc bien partis pour suivre la même sainte voie que papa… En quinze minutes d’entretien, le temps manque pour évoquer avec Jackman son appartenance à la curieuse “School of practical philosophy” (où il a découvert la méditation, qu’il pratique deux fois par jour), ses régimes et entraînements draconiens avant chaque X-Men, sa passion pour la cuisine… On lui demande si, au milieu de toutes ses casquettes, il s’est déjà interrogé sur sa propre identité. Il termine par une boutade : “Qui est Hugh Jackman ? C’est une très bonne question. Dés que je grandirai un peu, je prendrai le temps d’y réfléchir et je vous tiendrai au courant !”.

* Ce portrait a été précédemment publié dans Le Parisien Magazine

** Demain, nous publierons une mini interview exclusive de Chris Edmund, qui a enseigné le théâtre à Hugh Jackman lors des études de ce dernier à Perth.

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