Remake : I want a new Black Hole !

Remake : I want a new Black Hole !

Bonsoir, fidèle aminche… Lorsque des tâcherons remakent des chef-d’oeuvre du cinéma qui ne leur avaient rien demandé, j’ai envie de sortir la Plisskenchnikov et de mitrailler ces profanateurs aux petits pieds. Mais l’annonce du projet d’un nouveau Trou noir me parait a priori une excellente idée. Voire une perspective qui me comble d’excitation enfantine. D’autant que les instigateurs de ce reboot ne sont autre que Joseph Kosinski et Sean Bailey, respectivement réalisateur et producteur du très attendu Tron Legacy (au sujet duquel j’ai décidé d’être optimiste. Farpaitement !).

Pour les geeks trop jeunes de passage sur ce blog d’honnête facture, précisons que Le Trou Noir, sorti en décembre 1979 aux Etats-Unis et en octobre 1980 en France, n’est pas un porno minier mais bien le premier film de science fiction des studios Disney. J’entends par là un pur space opera à la Star Trek et Star Wars, pas des niaiseries type Un cosmonaute chez le roi Arthur ou Le Chat qui vient de l’espace, produits juste avant par Mickey. Surtout, Le Trou Noir fut le premier long métrage estampillé Disney à sortir sous la classification PG (pour « Parental Guidance ») : tout public, le film n’en contenait ainsi pas moins « quelques scènes pouvant heurter la sensibilité des enfants ». A l’arrivée, un choc visuel et mémoriel pour moult geeks de ma génération.

On ne va pas se raconter d’histoires : produit à l’époque pour 20 millions de dollars (il en coûterait dix fois plus aujourd’hui), Le Trou Noir est un quasi-nanar. Somptueux certes, mais tout de même un quasi-nanar. Mis en scène sans génie ni beaucoup de rythme (le réal, Gary Nelson, est un employé maison qui cachetonnera en télé le reste de sa carrière), joué par des tocards attachants (Anthony Perkins, Robert Forster, Yvette Mimieux, Ernest Borgnine… bon ok pas Ernest) et comptant plusieurs scènes parmi les plus crétines de l’histoire de la SF. Ceux qui ont vu le film savent de quoi je parle – remember les deux petits robots volants Vincent et son copain rouillé, sans doute là pour assurer le quota lardons dans les salles. Pourtant, rien à faire : quand on a vu ce film sur grand écran à 9 ans, comme c’est le cas de votre serviteur, impossible d’oublier les autres temps forts de ce grand classique du plaisir coupable :

– Le thème impérial de John Barry.
– Le look démentiel du vaisseau USS Cygnus (non mais matez moi cette photo ci-dessus, magnifique non ?)
– Une ambiance inhabituellement sombre pour un Disney à l’époque, avec quelques scènes authentiquement angoissantes.
– Le méchant robot tout rouge Maximilian et ses pinces-moulinettes meurtrières (oui dit comme ça, ça fait moyen crédible, je sais, mais à l’époque ça nous foutait une pétoche monstre).
– La beauté hypnotique du trou noir, résultat d’effets spéciaux et photographiques conçus en interne par quatre génies (le vétéran Peter Ellenshaw, Eustace Lycett, Art Cruickshank et Dany Lee).

Bref, on sait bien que Le Trou Noir est très, très loin d’un chef-d’oeuvre. Sa sortie en salles s’est d’ailleurs soldée par un échec cuisant pour Disney. Et pourtant, presque autant que Tron, ce film occupe une place vraiment bien à lui dans le coeur et la mémoire des geeks cinéphiles trentenaires (voire quadras, argh…). Et c’est bien pour toutes ces raisons qu’il est le candidat idéal pour un remake. Refaire Le Trou Noir avec les technologies actuelles ne peut qu’être un projet excitant dans la mesure ou le film sera forcément supérieur à l’original et aussi plus spectaculaire. Sauf si Kosinski est un über-tâcheron, ce dont on pourra juger avec Tron Legacy, son premier long métrage.

Selon le Hollywood reporter, on ne sait rien de plus du projet à ce stade, si ce n’est que le robot Maximilian sera de la partie (quand je vous disais qu’il avait marqué les mémoires !) et que le trou noir sera encore plus présent dans l’intrigue que dans l’original.

En attendant d’en savoir plus, voilà , en Plisskenrama, une petite séquence nostalgique qui plaira certainement aux plus ridés d’entre nous ! Ecoutez et savourez moi cet incroyable générique.

End of transmission…
Partager