Avant-première : In America, saison 1 (OCS)

Avant-première : In America, saison 1 (OCS)

Note de l'auteur

David, Michel et Chloé. Photo OCS / Making Prod.

Nouvelle année, nouvelle série pour le label OCS Signature : le 3 février, OCS City diffusera les premiers épisodes d’une dramédie produite par Making Prod (Odysseus, Cherif) avec Vincent Primault et Hédi Tilette de Clermont Tonnerre (le duo de Pitch Story) au générique. Un road trip, une histoire de beaufs avec des choses qui marchent bien et d’autres moins.

Synopsis (via Allociné) :

David Cap, 45 ans, est le patron un peu coincé d’une petite entreprise spécialiste du cheveu, qui subit la crise de plein fouet. Le seul espoir de sauver sa boîte de la faillite : le salon mondial du cheveu à Las Vegas, où il doit présenter son invention révolutionnaire, l’évoluTif.  De son côté, son beau-frère, Michel Mousset, 40 ans, vendeur chez Confo, s’apprête à vivre le rêve de sa vie : participer à la Sofa’s World Cup, un concours international de danse sur canapé également organisé dans la cité du péché. Ils ne se supportent pas, ils ne sont d’accord sur rien et pourtant, ils vont voyager ensemble… pour le meilleur et le pire.

Depuis un peu plus de deux ans, OCS apporte une touche de couleur singulière dans le paysage télévisuel français. Avec une économie resserrée mais une réelle réflexion autour d’un format injustement boudé en France (le 26 minutes), le groupe Orange a développé toute une palette de fictions à l’identité affirmée. La satire un peu trash de Zak n’a rien à voir avec QI et son côté gentiment décalé ; QI est bien différente de l’univers parodico-sensible de Lazy Company : on peut préférer un projet à l’autre, mais on sait que chacune de ces propositions est bien différente.

David et Michel face au Grand Canyon. Photo OCS / Making Prod.

In America élargit encore un peu plus le spectre à récits du label. Avec cette histoire de beaufs sur la route, OCS Signature s’aventure cette fois sur le territoire de la dramédie : un genre hybride où l’émotion ne naît pas forcément du rire mais dans lequel on sait offrir de véritables respirations humoristiques au téléspectateur.

Certains observateurs – un peu pisse-froid- soutiennent que le genre n’existe pas : la capacité de certaines séries à faire passer du rire à l’émotion est pourtant réelle, et c’est ce qui fait toute leur singularité.

Pour s’inscrire dans cette veine, le challenge est clairement posé : il faut développer un récit très maîtrisé, avancer en équilibre sur un fil. Tenir de bout en bout son propos et le ton que l’on veut lui insuffler. C’est un genre qui supporte mal l’à-peu-près.

Avec son histoire de traversée rocambolesque des États-Unis, In America s’appuie sur plusieurs points forts. Le premier, c’est son duo vedette : Vincent Primault et Hédi Tillette de Clermont Tonnerre se connaissent très bien. Ils prennent un vrai plaisir à jouer ensemble et défendent avec panache leurs personnages. Sortant progressivement de leurs profils volontiers stéréotypés, David et Michel possèdent des personnalités bien pensées. On sent que ces deux protagonistes ne sont pas tombés d’un arbre : leurs caractéristiques, leurs contradictions imprègnent avec intelligence le script.

Reprenant la dynamique d’un récit à la Lost, avec des flashback qui mettent en lumière les doutes et les blessures de chacun, In America parvient à poser des héros qui ont de l’envergure. Plus le temps passe et plus on comprend la richesse des personnalités en présence : le point d’orgue, sur cet axe, est clairement atteint à la fin de l’épisode 8, qui livre une vraie surprise au téléspectateur.

Zoé Duchesne, l’interprète de Chloé. Photo OCS / Making Prod.

Les auteurs font alors basculer le récit : la dimension adulte de l’histoire, esquissée jusqu’ici par petites touches à travers plusieurs scènes, prend toute son ampleur. Sans créer de rupture de ton artificielle. Bien joué ! En cela, la série remporte son pari.

Autre bon point : sa réalisation. Tournée façon Blitzkrieg d’un bout à l’autre des USA, In America n’a pas à rougir de ses conditions de production. L’urgence du tournage donne une belle énergie au récit sans que le produit final ne paraisse bancal, bricolé. Le réalisateur Alexis Charrier et le producteur Noor Sadar peuvent être fiers du rendu final.

Maintenant, il y a un point noir : la partie comédie du projet, confrontée sporadiquement à de vrais trous d’air. Il y a des moments où cela marche, comme ici…

Mais il y en a d’autres où cela fonctionne beaucoup moins.

La faute à des scènes vues et revues ailleurs, et qui ont du mal à être revisitées par la série. Leur incident déclencheur paraît forcé, un peu bricolé (une impression que l’on n’a pas sur plein d’autres pans de cette saison 1). D’autres séquences peinent à convaincre (la scène devant un club privé, l’issue de celle de la grange, plusieurs gags autour de Chloé) ou sont mal amenées (l’évolution de la relation David/Chloé, la chasseuse de primes). Tout cela pénalise un peu l’ensemble.

Des beaufs en mauvaise posture. Photo OCS / Making Prod.

On peut être étonné de faire ce constat, quand on sait, et que l’on sent, que les deux comédiens principaux ont un vrai appétit pour les scènes de comédie.

La situation est donc un peu paradoxale : In America a de belles qualités, offre des choses que le téléspectateur voit peu sur les écrans français, mais elle a encore besoin de grandir pour complètement convaincre.

Avec ses personnages, son propos (les quarantenaires en crise : comment ils avancent dans une vie ne ressemblant pas à celle qu’ils essaient de construire depuis des années) et ses têtes d’affiche, elle en a les moyens. Clairement.

Dans cette logique, ne boudons pas notre plaisir devant cette saison 1 et croisons les doigts pour la suivante.

IN AMERICA (OCS)
Créée par Vincent Primault et Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre
Saison 1 (10 épisodes) écrite par Vincent Primault, Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre et Jérémie Galan (réalisation : Alexis Charrier)
Avec : Vincent Primault (David Cap) Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre (Michel Mousset), Zoe Duchesne (Chloé Saint-Georges), Claire Pataud (Catherine Mousset), Jeanne Bournaud (Véronique Cap).

Diffusion à partir de lundi 3 février sur OCS City à 22h30.

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