Pourquoi il faut (vraiment) voir In The Flesh (bilan de la saison 1)

Pourquoi il faut (vraiment) voir In The Flesh (bilan de la saison 1)

Note de l'auteur

Kieren Walker, incarné par Luke Newberry. Photo BBC

Si le premier épisode de la série de Dominic Mitchell nous avait emballé lors de sa projection à Séries Mania, on ne savait pas trop ce que nous réserverait la suite. Au bout de la très courte saison 1 (trois épisodes), le verdict est sans appel : In The Flesh est, d’assez loin, une des meilleures séries vues en 2012/2013. On vous explique pourquoi en cinq points.

Synopsis (source Allociné.fr) : Quatre ans après sa mort, Kieren Walker reprend sa place au sein de sa famille et retrouve ses marques dans le village où il a toujours vécu. Personne pensait le revoir un jour. Seulement peu de temps après son décès, par une étrange nuit, des milliers de personnes décédées se sont réveillées. Après des mois de réadaptation et de médication, ces zombies sont aujourd’hui rendus à leurs familles…

1. La suite est à la hauteur du premier épisode

Il y a une semaine, on vous disait que le lancement de In The Flesh était vraiment réussi, que c’était un modèle d’exposition, capable de présenter une grosse poignée de personnages et plusieurs pistes narratives intéressantes. Deux épisodes plus loin (oui : la saison 1 est diablement courte), on peut vous dire que cette fiction ne faiblit jamais et tient même toutes ses promesses.

Emily Bevan, la drôle et touchante Amy Dyer. Photo BBC

« Encore heureux, s’il n’ y a que trois épisodes », allez-vous répondre… C’est vrai mais si la série est franchement emballante, c’est justement parce qu’elle tient toutes ses promesses dans l’exploration de son point de départ (« Si on trouvait un moyen de soigner les zombies, que se passerait-il ? »). Elle les tient d’autant mieux que les rebondissements sont multiples, bien amenés et vraiment efficaces. Petit bémol cependant, on ne retrouve pas dans les épisodes deux et trois de scènes aussi drôles que celle qui réunit, dans l’épisode 1, tous les Walker en pleine nuit.

2. La série parle des zombies… mais surtout de la famille

In The Flesh, c’est typiquement la série qui transcende son postulat de départ. Comme l’a dit Andykelp en commentaire de la critique du premier épisode (et à qui je pique honteusement la formule… en le remerciant), la grande force de ce projet se trouve dans son parti pris intimiste. Le phénomène zombie n’est pas ici abordé sous son angle horrifique mais à travers le prisme d’une cellule familiale.

Si certains regretteront l’absence d’étalage de tripes façon The Walking Dead, les autres apprécieront l’exploration intelligente des actes à travers les émotions qu’ils suscitent et sous-tendent. De façon assez bluffante, In The Flesh s’arrête sur les relations père-fils, ce que c’est qu’être une mère et une femme, et, plus globalement, sur la notion d’identité même. Assez logiquement, la condition de zombie n’est qu’un prétexte… mais qu’est-ce qu’il est bien exploité ! On va en tout cas plus loin que dans Les Revenants, et de façon particulièrement maline, comme le démontre le point trois de cette démonstration.

3. Les liens entre Kieren et Rick sont superbement esquissés

C’est sans doute une des plus grandes réussites de In The Flesh. Pendant trois épisodes, Mitchell installe la relation qui unit deux hommes qui ont grandi ensemble et ont été très proches bien avant l’invasion zombie de 2009. La qualité des liens qui les unit (au-delà de la mort) et plus encore l’impressionnante subtilité avec laquelle tout cela est développé est carrément bien vu. Et assez bluffant.

Steven Evets incarne Bill Macy, un personnage étonnant. Photo BBC

Pourquoi ? Parce que cette question est véritablement au centre de l’histoire. C’est effectivement elle qui structure plusieurs autres pans de la narration de façon brillante. C’est surtout ce qui fait que l’histoire vous embarque et qu’elle défile à un rythme soutenu. Au bout du compte, il s’en dégage un sentiment de justesse vraiment fort.

4. L’ambiance « campagne anglaise » est très prenante

In The Flesh est une série multiple. Et l’une de ses forces, c’est d’immerger le téléspectateur (et son histoire) dans la vie d’une petite communauté anglaise, celle de Roarton. Dans cette ville, la religion tient une place importante, sans doute aussi importante que le chômage même si cela n’est pas clairement explicité dans le récit… ces éléments concourent à créer une ambiance singulière qui donne une vraie toile de fond à l’ensemble. Et une identité particulière à la série.

Si des producteurs américains se lancent dans la production d’un remake (ce qui ne serait franchement pas étonnant), ils devront prendre soin de ne pas éluder cet aspect des choses. Clairement, une adaptation aurait clairement plus de gueule dans le Kentucky de Raylan Givens que dans le Chicago d’Alicia Florrick.

5. C’est à la fois une histoire bouclée mais aussi le préambule à plein de choses

Steve Cooper incarne Steve Walker, le père de Kieren. Photo BBC

C’est une question que vous pouvez vous poser, alors que BBC Three n’a pas encore commandé de suite : « S’il n’y a que trois épisodes, vais-je être particulièrement frustré au bout du chemin ? ». La réponse est « Non ». Intelligemment, Mitchell a écrit son histoire pour que l’on puisse autant l’apprécier comme une « histoire finie » que comme le début d’une saga qui a encore pas mal de choses à explorer (toutes les portes ne sont pas refermées)

Voilà pourquoi, au terme de ce petit cri d’amour pleinement assumé pour cette série, je ne peux que vous recommander de voir In The Flesh. En espérant qu’il y aura bel et bien une suite (le projet le mérite) mais d’abord parce que la saison 1 est cohérente, très bien écrite et capable de susciter tout un éventail d’émotions puissantes. Mine de rien, ça n’arrive pas tous les jours.

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