IndieCade Europe 2017

IndieCade Europe 2017

Rapidement devenu incontournable, l’IndieCade est le grand événement international consacré exclusivement aux studios indés. L’année dernière, le festival avait inauguré avec brio sa première édition spécialement européenne à Paris au Conservatoire National des Arts et Métiers. Pour son deuxième rendez-vous européen, l’IndieCade a posé une fois de plus ses valises pleines de pépites dans la ville lumière. C’était donc l’occasion rêvée pour l’équipe du Daily Mars de discuter une fois de plus avec de talentueux développeurs, d’assister à de superbes conférences et voir enfin de plus près le futur des jeux indépendants. Même si cette édition 2017 semblait légèrement moins fournie en nouveautés que l’année dernière, nous sommes revenus avec une petite sélection de nos projets favoris. Rendez-vous l’année prochaine ! 

 

Detention

Développé par Red Candles, Detention est un jeu d’horreur taïwanais en 2D dont l’ambiance oppressante m’a rappelé les anciens Silent Hills. Le projet trouve son origine dans la volonté de Yao, game designer taïwanais, d’amener la culture de son île dans un jeu vidéo. Rapidement rejoint par d’autres développeurs enthousiastes, Yao décide d’utiliser la Terreur Blanche comme background pour son scénario. Largement méconnue en occident, cette page obscure de l’histoire taïwanaise se situe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale dans un climat sanglant de paranoïa anti-communiste.

À partir de ce cadre historique singulier, Red Candles a imaginé un thriller horrifique se déroulant dans un lycée perdu dans les montagnes. L’atmosphère angoissante et mystérieuse puise dans le folklore asiatique pour nous coller les miquettes, et ça marche ! Déjà disponible sur Steam, Detention est également prévu sur PS4 et Switch pour très bientôt.

 

Enterre-moi, mon Amour

Bury me, My Love (en anglais) est un jeu narratif qui reprend un brillant concept déjà aperçu dans Lifeline et Another Lost Phone. La guerre semble interminable en Syrie et une jeune femme du nom de Nour prend la difficile décision de quitter son pays pour s’installer en Allemagne. Le joueur va alors contrôler le smartphone de son mari Wadj resté en Syrie. Vous allez pouvoir suivre le long et périlleux voyage de Nour à travers l’échange de messages dans un ersatz de Whatsapp. Les dialogues offrent évidemment le choix entre plusieurs réponses, mais attention puisque tous vos choix vont avoir un impact direct sur la route que va prendre Nour au fil de son périple. De ce fait, le jeu offre une grosse rejouabilité avec en plus une dizaine de fins différentes. En prenant un sujet aussi tragique et contemporain que la crise des réfugiés syriens, le titre du studio The Pixel Hunt avait tout du projet potentiellement casse-gueule. Et pourtant, Enterre-moi, mon amour s’avère être un titre extrêmement bien écrit, fort en émotions et surtout plein d’humanité. Disponible depuis peu sur iOS et android pour seulement 4 euros, je vous le conseille chaudement.

 

 Kim

Développé par le studio Secret Games, Kim est le projet qui m’a le plus intrigué à l’IndieCade. Le jeu est un RPG open world en 2D avec des éléments de survival. La particularité du soft est son cadre trop rarement vu dans un jeu vidéo, l’Inde Victorienne. Le titre de Secret Games se veut d’ailleurs une adaptation du roman de Rudyard Kipling, célèbre pour ses écrits sur l’Inde coloniale tels que Le Livre de la jungle ou… Kim. Le joueur suit donc les aventures d’un jeune orphelin vagabondant dans une terre exotique et riche en histoires. La direction artistique est simpliste mais plutôt jolie avec des villes entièrement peintes à la main, tandis que les campagnes sont générées de façon procédurale. Directement inspirés par l’œuvre de Kipling, les dialogues sont au cœur du gameplay et explorent en profondeur les différentes relations entre les communautés qui peuplent le Joyau de la Couronne. Sorti fin 2016, Kim est disponible sur Steam pour 15 euros.

Do Not Feed the Monkeys

Tout droit venu d’Espagne, Do Not Feed the Monkeys est un jeu en point and click complètement déjanté, par le studio Fictiorama. Derrière ce drôle de titre se cache un jeu qui va à coup sûr ravir les nostalgiques des années 90. Que ce soit sa direction artistique ou son ambiance décalée, Do Not Feed the Monkeys nous rappelle les bons souvenirs des productions Lucas Arts comme Day of the Tentacle. Le scénario loufoque place le joueur dans la peau d’un voyeur membre de l’organisation « The Primate Observation Club ».  Vous allez pouvoir espionner de parfaits inconnus en installant par exemple des caméras ou en utilisant les webcams. La seule et unique règle de l’organisation est de ne jamais entrer en contact avec vos victimes sous peine de lourdes conséquences, d’où le titre farfelu du jeu (ne nourrissez pas les singes). Mais quid quand un de vos « singes » souffre d’une crise cardiaque et a besoin d’une ambulance ? Ou que vous êtes témoin d’un terrible crime ? Allez-vous rester sans rien faire ou allez-vous prendre le risque de briser la seule règle de l’organisation ? Malgré son côté humoristique et satirique, Do Not Feed the Monkeys n’hésite donc pas à faire appel à la morale du joueur. Prévu pour début 2018, le jeu sera disponible sur Steam.

Antioch: Scarlet Bay

Antioch: Scarlet Bay est un jeu d’aventure narratif en textes avec la particularité d’être une expérience coop. Développé par le studio parisien Midnight Mood Studio et produit par Mi-Clos Studio, le jeu s’apparente à une fiction interactive dans laquelle les deux joueurs endossent le rôle de détectives et vont devoir collaborer (ou pas) pour résoudre plusieurs meurtres dans la mystérieuse ville d’Antioch. Concrètement, cela se traduit par la possibilité de jouer chacun sur sa tablette où que vous soyez dans le monde, avec votre ami ou un parfait inconnu. Le gameplay reprend un système de dialogues dynamiques à choix multiples, chaque joueur pouvant voir la réponse de l’autre. Certains duos pourront appréhender l’histoire en mode Sherlock Holmes et Watson tandis que d’autres vont préférer une approche plus explosive façon Arme Fatale, tout semble possible et cela ne dépend que de vous. Imaginé par FibreTigre (Out There), l’univers d’Antioch: Scarlet Bay baigne dans une ambiance roman noir et buddy film qui sent bon les années 80 et 90. D’après ce que nous avons vu, les dialogues sont bien écrits avec suffisamment d’humour et de clins d’œil pour passer un bon moment. Plusieurs fins seront évidemment disponibles, même si le plus important dans Antioch: Scarlet Bay n’est pas la résolution de l’enquête mais bel et bien vivre une aventure à deux. Le titre est prévu pour très bientôt à la fois sur iOS et android.

L’autre élément intéressant d’Antioch, c’est aussi le moteur qui se cache derrière le jeu. Ses créateurs ont développé sous Unity un plugin narratif qui prend en compte toutes les directions que peut prendre l’histoire en fonction des choix, actions ou même réponses des joueurs. Un projet vraiment passionnant qui permet d’entrevoir à l’avenir une grande aisance pour transformer en jeu tout bon travail de scénariste !

Les Lauréats de l’IndieCade Europe 2017

Comme pour la précédente édition, une cérémonie auquel participaient le public, les développeurs et deux jurys  décernait les quatre prix de l’IndieCade Europe 2017.

Prix de la Presse : Do not Feed the Monkeys de Fictiorama Studios

 

Prix « sélection officielle » : Vignettes de Skeleton Buisness

 

Prix des Développeurs : Enterre-moi, mon amour de Pixel Hunt et Figs

 

Prix du Public : A Guy and His Hero par des étudiants de l’Enjmin

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