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#Interview Caroline Dhavernas et Richard Short : « Mary Kills People est une série inclassable »

#Interview Caroline Dhavernas et Richard Short : « Mary Kills People est une série inclassable »

ENGLISH VERSION BELOW

Les acteurs Caroline Dhavernas (Hannibal, Wonderfalls) et Richard Short (Vinyl, Training Day) étaient présents au MIPTV à Cannes pour présenter leur dernière série, Mary Kills People. Six épisodes d’une heure, autour de l’histoire de Mary, une médecin urgentiste qui aide les personnes en fin de vie à mourir, accompagnée pour cela de Des (Richard Short), un ex-chirurgien plastique. Mais il lui faut aussi jongler entre ses deux filles qui vivent chez leur père, et les policiers qui pourraient lui tomber dessus. Pas un moment de répit dans cette série inclassable, créée par Tara Armstrong et réalisée par Holly Dale.

Nous avons pu rencontrer les deux acteurs au MIPTV, alors que One, leur distributeur, était venu présenter la première saison aux potentiels acheteurs…

Crédit : Yann Coatsaliou- 360 Medias

Crédit : Yann Coatsaliou- 360 Medias

DAILY MARS : Mary Kills People est une série étrange, inclassable. Ce n’est pas un polar, ce n’est pas une série médicale. Comment la décririez-vous ?

CAROLINE DHAVERNAS : Exactement comme vous venez de le faire. C’est une série inclassable, de différents tons. C’est pourquoi, c’est si intéressant. Parce que ce n’est pas habituel. Il y a du drame, des éléments de polar, et là, il y a de la comédie… Et c’est pourquoi, c’est tellement un plaisir de passer d’un genre à l’autre, même au cours d’une scène.

 

C’était difficile à faire ?

RICHARD SHORT : Parfois, oui.

C. D. : Ça pouvait l’être.

R. S. : On se posait la question parfois, quand le script nous disait de faire une blague, surtout dans mon cas. Parfois, on avait l’impression que ça n’allait pas, parce que j’étais face à un acteur incroyable, qui était dans une scène importante avec un ton propre, et j’étais là : « Vraiment ? Vous voulez que je fasse une blague ? ». Mais vous faites confiance aux personnes au-dessus de vous, les producteurs et les auteurs, et maintenant que j’ai vu la série, je peux dire qu’ils avaient raison. Ils ont trouvé le bon équilibre. C’est une série très difficile à décrire, mais peut-être que nous n’avons pas à dire si c’est de la comédie ou du drame. Juste qu’il s’agit de Mary Kills People.

 

Ce n’est d’ailleurs pas un sujet léger, l’euthanasie. C’était militant d’accepter de jouer dans cette série ?

Crédit Déborah Gay / Daily Mars

Crédit Déborah Gay / Daily Mars

C. D. : Je pense que nous sommes tous les deux d’accord pour dire que nous n’avons pas l’impression qu’il s’agit d’un sujet provocant. Maintenant, quand j’en entends parler, quand je vois comment la série est vendue, je peux comprendre que ce soit le cas pour certains spectateurs. Mais ce n’est pas du tout ce que j’ai ressenti quand j’ai lu le script. J’ai pensé qu’il s’agissait d’un sujet vraiment magnifique, un débat que nos sociétés devraient avoir plus souvent, dans de nombreux pays. Mais j’ai aussi vu la magie de ces moments tellement pleins de sens, dans leur double vie, de cette amitié magnifique. On ne voit pas beaucoup, à la télévision, un homme et une femme sans sous-entendus sexuels. Ils se connaissent sans doute depuis longtemps, se sont peut-être rencontrés à la fac de médecine, et ils ont vécu tellement d’aventures ensemble.

R. S. : Oui, c’est vraiment très beau. C’est vraiment quelque chose que nous avons beaucoup apprécié.

 

C’est un spectacle majoritairement fait par des femmes. Et il y en a beaucoup dans la série. Est-ce que cela a changé quelque chose, que ce soit majoritairement des femmes derrière la série, comme les producteurs, l’auteur…

MIPTV 2017 - EVENTS - PHOTOCALL - Mary Kills People - CAROLINE DHAVERNAS

Crédit : Yann Coatsaliou- 360 Medias

R. S. : … le réalisateur…

C. D. : Et même deux monteuses ! Je n’aime pas vraiment attribuer certaines qualités à certains sexes. Je pense que c’est déjà trop fait par ailleurs. Je pense que ces créateurs étaient juste très talentueux, généreux et avaient l’esprit ouvert. Je pense que nous devrions juste célébrer le fait que ces femmes ont eu ces positions de pouvoir, ou les ont prises de force. C’est dommage que nous ayons besoin de tellement en parler, comme je l’ai déjà fait pendant les conférences de presse à Toronto. J’aime en parler. Je préférerai que l’on n’en ait pas besoin. C’est tellement rare de voir tant de femmes responsables d’un projet, et je pense que nous verrons de plus en plus de projets pour lesquels ce sera le cas. Mais il faudra toujours faire attention à laisser de la place pour les femmes, derrière la caméra. Par exemple, j’ai fait une série comme Hannibal pendant trois ans sans jamais voir une seule femme réalisatrice. Il faut donc continuer d’en parler. Mais je préférerais ne pas avoir à le faire.

R. S. : Même avec une équipe majoritairement féminine à la production, nous étions quand même 50/50 dans l’équipe. Une équipe de tournage majoritairement masculine, nous avions aussi un réalisateur masculin… Donc c’était une collaboration. Mais comme le dit Caroline, ce serait tellement mieux si nous n’avions pas à en parler. Ce devrait juste être normal et célébrer. Parce que les femmes derrière la série sont des femmes merveilleuses et si intelligentes. Déjà parce qu’elles nous ont donné un travail, donc elles ont bon goût. (Rires) Mais c’est une collaboration entre hommes et femmes qui a permis de réaliser cette série.

C. D. : Une chose que je n’avais jamais vu encore, c’est lors du dernier jour de tournage, les deux productrices, deux sœurs, sont venues me voir pour me demander de venir déjeuner avec elles, pour savoir comme s’est passé le tournage. Elles voulaient savoir ce que j’avais pensé, en bien ou en mal, pour pouvoir améliorer les choses si la saison 2 est lancée. Je me rappelle avoir trouvé cela vraiment très inclusif et généreux de leur part. Et m’être aussi demandée : « est-ce parce qu’elles sont des femmes qu’elles ont une nature plus prévenante (« nurturing ») ? » Mais bon, je suis sûre que même les hommes pourraient faire ça.

 

Caroline Dhavernas, est-ce que Mary est une psychopathe ?

Crédit : Yann Coatsaliou- 360 Medias

Crédit : Yann Coatsaliou- 360 Medias

C. D. : Certains pourraient la décrire ainsi. Personnellement, je pense qu’elle fait cela par compassion, que cela vient du fond de son cœur. Mais certains, dans la série, certains personnages, ne sont pas d’accord avec elle. Certains héros non plus.

R. S. : Je pense qu’en France, les gens peuvent plus facilement comprendre ce débat. Ici, vous avez la sécurité sociale, ce n’est pas le cas pour certains pays qui diffusent la série. Donc vous comprenez déjà l’intérêt de ce sujet, et en quoi ce n’est pas le seul attrait de la série. Qu’il s’y passe d’autres choses.

 

Richard Short, c’est la première fois que vous avez un des rôles principaux d’une série. Était-ce un peu intimidant ?

R. S. : Pas du tout. Grâce à la bonne ambiance de l’équipe. Et grâce à Caroline, avec qui je joue la majorité de mes scènes. Non, ce qui était un peu intimidant, c’était de découvrir une nouvelle endurance de tournage, un nouveau rythme. J’ai l’habitude de jouer dans des films, des films indépendants. Et je me jette à 100% dans le travail, pendant trois ou quatre semaines. Et j’aime arriver tous les jours au travail, prêt comme si j’allais jouer en final de la coupe. C’est ce que je fais, puis je rentre à la maison, je dors, l’adrénaline se dissipe, et tu es épuisé et tu te dis « oh ».

C. D. : C’est la même demain.

R. S. : Je dois faire la même demain, à partir de 6 heures du matin. Et c’est ça qui était nouveau pour moi.

C. D. : Pendant trois mois.

R. S. : Et encore, et encore, et encore. Et c’est la finale de la coupe tous les jours. Alors tu peux l’accepter et te dire : « Fais de ton mieux. C’est le Superbowl tous les jours. » Ou tu peux te dire : « Oh, je ne vais y aller qu’à 50% cette fois-ci… » Je ne veux pas faire ça, je sais que Caroline ne le fait jamais non plus. C’était un nouveau challenge. C’est tout.

 MKP 1

ENGLISH VERSION

 

DAILY MARS: Mary Kills People is a weird kind of genre. It’s not a thriller, it’s not a medical serie… How would you describe it?

CAROLINE DHAVERNAS: Exactly, the way you did it. It’s a weird show, it’s all sort of tones, that’s why it’s so interesting. Because it’s not your regular… You know there’s drama, and elements of thriller, and there’s comedy… And that’s why it’s such a pleasure to be, you know, bouncing from one to the other, sometimes even in the same scene.

Was it difficult to bounce from one genre to the other?

RICHARD SHORT: Sometimes, yeah sometimes.
C.D.: It can be.
R.S.: It would raise questions eventually, when the script would tell you to make a funny joke, especially in my circumstances. And sometimes, it would feel wrong, because, faced with a wonderful actor giving a great performance with a tone of their own of some sort, and I said « really, you want me to make light of this situation? ». But you put faith in the people above you, the producers and the writers, and I think having now seen it, they were right. They got the balance right. It is, like you’ve said, really hard to describe. But we don’t have to. I don’t think you have to box it and say it’s a comedy or a drama. We’ve just have to say : it’s Mary Kills People. It’s new.

It’s not a light topic, euthanasia. Acting in it, is it an activist statement, or not really?

C.D.: Well, I think, we’re both agreeing on the fact that we didn’t feel it was a provocative subject. Now hearing about it, seeing it has been marketed that way, and it is, for a lot people… But, when I read it, I really didn’t feel it that way. I thought it was such a beautiful subject matter, a debate we should have more often as a society in many countries. But I saw the beauty of those very meaningful moments, of the double complicated life that they’re leading, of their amazing friendship. And, as we’ve been saying too, we don’t see that very often on television, a man and a woman not having a sexual tension all the time. They just know each other so much by now, they probably met at Med school and went through so much together.
R.S.: Yes, it’s quite beautiful actually. It really is, we’ve enjoyed it quite a lot.

It’s a show mostly done by women. And there is a lot of women character in it. What has it changed, that it was a show primarly done by women? Like the producers, the writer…

R.S.: … the director…
C.D.: …the editor too, two women edited the show. Well, you know, I don’t want to attribute a certain quality to gender. I think we do that quite enough. I think these people were just talented and generous and open-minded. And that’s it. I think we should celebrate the fact that a lot of women were given these positions of power, or took them. It’s unfortunate that we have to bring it up, as much as I had too when I did a lot of press conference in Toronto. I like to talk about it. I wish we didn’t have to. But it is such a rare thing to see so many women, you know, take a project, in charge, so I think we’ll be seeing more of that happening. But we still have to be very careful and see that there is room for women to direct. Like, I did a show like Hannibal for three years, we never had a single woman director coming to direct, so it’s very important to continue talking about it. But maybe one day, we won’t have too.
R.S.: Even with a completly female team, overall the production was still probably fifty/fifty. A mostly male crew, male in the show, we had a male producer. So it’s just a collaboration. Again, as Caroline said, it’s something we’de rather not be talking about it. It has to be and it should be celebrated. The women that we’ve got, they should be celebrated, and they are wonderful and very smart women. They’ve gave us job and that’s make them very intelligent, good taste.*laugh* But overall, you know, it’s men and women that made the show.
C.D. : Something I have never seen before, the two producers, they were two sisters, came up to me the last day of shooting and said « we’d love to have lunch with you to talk about how things went. What we did right, what we did wrong. If there is a season two, we want to fix things and make it even better. » And I thought « Wow. This is amazing how inclusive and generous… » And I have thought to myself « Is it because of them being women, or they being more nurturing producers? » But then again, I am sure men could have done that too.

Caroline Dhavernas, is Mary a psychopath?

C.D.: Mary could be seen by some perhaps. I mean, I think she is doing this out of compassion and it comes from a beautiful place in her heart. But some people don’t agree, some people, on the series, the characters, don’t agree with what she is doing, some heroes probably won’t.
R.S.: I think people in France will understand the issue. I do. I know that France is slowly coming around to the idea. Look, you’re a compassionate country anyway. I mean, you are, you have socialize medecine, some countries that are airing the show does not. So already, you are understanding why it’s might be a necessity and why it’s not the only hook of the show. There is other stuff going up too.

Richard Short, it’s also your first leading role on television. Was it a bit scary?

R.S. : Not at all. Because of the nice team. And because of Caroline, the majority of I am working with. No, what was somehow daunting is learning a new work stamina. Because I am used to doing a lot of film, of independant film as well, I can throw it down 100% for four weeks or for three weeks. And I like to show up for work, every day is like a cup finale. And then, you do it, you go home, and you fall asleep and adrenalines goes and you’re exhausting and then you go « oh ».
C.D. : Again tomorrow.
R.S. : I have to do it again, 6 a.m. tomorrow. And that’s new.
C.D. : Three months.
R.S. : And again, and again, and again. And it’s a cup final every single day. And you can face that and embrace it, and say « Do your best. It’s the Superbowl everyday ». Or you can say, « how do I go half-way, just to get through… » I don’t want to do that. I know Caroline never does that. That was a new challenge. That’s all.

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