Interview : Chris Edmund, prof de théatre de Hugh Jackman

Interview : Chris Edmund, prof de théatre de Hugh Jackman

chris edmundAprès notre portrait de Jackman publié hier, deuxième partie de notre diptyque consacré à l’acteur avec une petite interview de Chris Edmund, son professeur de théâtre lorsque Hugh était étudiant à la Western Australian Academy of Performing Arts (WAAPA) de l’Université Edith Cowan, à Perth en Australie. Jackman est sorti diplômé de cet établissement en 1994 et visiblement, il avait déjà l’étoffe d’une future star.

Quel cours enseigniez vous lorsque vous avez rencontré Hugh Jackman pour la première fois ?
Chris Edmund : Je l’ai rencontré sur un cours que je dirigeais et qui s’appelait “The Discovery Play » (« la pièce de découverte »). C’est la première pièce sur laquelle les étudiants travaillent à leur arrivée à la WAAPA et c’est une pièce volontairement difficile pour permettre d’identifier les zones que les étudiants devront plus particulièrement améliorer. Dans ce cas précis, la pièce en question était Le Roi Lear, l’une des pièces les plus difficiles au monde et j’ai choisi Hugh pour jouer le roi Lear bien sûr ! Pour un débutant il était merveilleux. Je lui ai enseigné la comédie pendant trois ans et je l’ai aidé à choisir ses extraits pour le showcase de Melbourne et Sydney où sont présenté les travaux des lauréats aux agents et directeurs de casting.

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Jackman, toujours étudiant à Perth, dans la pièce Thark, de Ben Travers, en 1994. Cliché issu des archives de la WAAPA.

Quelle impression Jackman vous a-t-il fait lors de sa scolarité ?
Dés la fin de la première semaine de formation, les étudiants présentent leur discours d’audition et même à ce stade précoce il était évident qu’il avait de l’énergie, de la classe et du charisme. Il a une présence physique naturelle et une forte conscience de soi, ce qui le rendait facile à remarquer.

Quel genre d’étudiant était-il ?
Complètement concentré et engagé. Il n’a jamais raté un seul cours et il était toujours préparé. Il abordait sa formation de façon vraiment mature et positive. Son jeu a évolué au fil des ans et au moment de son diplôme il avait joué dans une grande variété de pièces, de Shakespeare à Brian Friel (je l’ai dirigé dans la pièce Translations de Friel, où il jouait brillamment un vieil homme).

Il a pourtant souvent dit en interview qu’il avait mis du temps à se faire confiance comme comédien…
C’est commun à beaucoup d’acteurs. Il y a toujours cette insécurité qui revient fréquemment au fil d’une carrière. J’ai lu que la nuit qui précéda ses répétitions pour Les Misérables, il était en panique de manque de confiance en lui. Ca ne quitte jamais un artiste quel que soit son statut et c’est indissociable du fait de s’exposer à l’opinion du public.

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Hugh Jackman sur scène en 1994, à Perth, dans la pièce The Season at Sarsaparilla, de Patrick White. Cliché issu des archives de la WAAPA.

Mais aviez vous déjà décelé quelque chose chez lui qui pouvait vous faire imaginer la star qu’il allait devenir ?
Hormis son talent, il avait un caractère pour ça. Beaucoup d’acteurs ont le talent mais bien peu ont le tempérament qu’il faut pour réussir. La capacité à gérer le stress du monde de la comédie, tout en restant sensible et courageux. Savoir gérer le rejet et toutes le côté obscur de ce métier. Hugh avait tout ça, donc je ne suis pas surpris !

Qu’avez vous pensé de lui dans le premier X-Men ?
Je l’y ai trouvé très bon, il s’est approprié le rôle. Je sais que ce ne fut pas une ballade de tout repos pour lui à certains moments mais avec beaucoup de courage et de concentration il a travaillé le script et le personnage jusqu’à ce qu’il se sente juste, j’étais fier de lui.

Et d’après vous, quels sont ses meilleurs rôles à ce jour ?
Les Misérables, c’était merveilleux. Quand la caméra est aussi proche et vous examine ainsi en gros plan, il est impossible de tricher et il a livré une performance merveilleusement juste. J’ai aussi beaucoup aimé Prisoners pour la même raison, la vérité de son jeu, une qualité plus précieuse que tout à mes yeux et pour laquelle j’espère que sa formation a joué un rôle.

Etes-vous resté en contact ?
On s’envoie des mails régulièrement, je suis venu le voir deux fois à New York. J’ai récemment fait de la peinture et il a commenté mes travaux (qu’il apprécie !). Je l’ai recroisé à Londres et il a envoyé un très joli hommage filmé sur mon travail quand j’ai quitté la WAAPA au bout de 25 ans. Je suis spur qu’on restera toujours en contact et qu’on se donnera des nouvelles sur nos vies et nos carrières.

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