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David Eigenberg (Chicago Fire) « Je ne serai jamais une tête d’affiche »

David Eigenberg (Chicago Fire) « Je ne serai jamais une tête d’affiche »

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L’équipe de Chicago Fire était bien représentée au Festival de Monte Carlo, ça tombe au Daily Mars, on a plutôt aimé la série. En attendant, l’arrivée officielle de la série sur une chaîne française, AnnuSéries et le Daily Mars vous proposent de retrouver les interviews de Arthur Forney, executive producer chargée de la post-production de la série et David Eigenberg, qui joue Christopher dans la série.

 

Tous droits réservés : Isabelle Ratane / AlloCine

Qu’est ce que vous pouvez nous dire avec le recul sur votre participation à la série Sex and the City ?

Je suis quelqu’un de cynique, mais cette série était une bénédiction. J’ai presque 50 ans maintenant, et j’en avais 35, quand j’ai commencé ce travail. Je travaillais depuis des années comme charpentier, homme de ménage et bien d’autres choses, quand j’ai décroché ce travail. La série n’était pas encore le succès qu’elle est maintenant. Donc j’y suis allé comme j’allais sur tous mes boulots, après ça, c’est devenu plus qu’un boulot. C’est génial de voir ça. J’ai beaucoup de chances de travailler sur Chicago Fire désormais, je ne suis pas spécialement beau, je n’ai pas non plus une tête pour incarner des personnages particuliers. Je ne serai jamais une tête d’affiche. C’est bien, mais je ne trouve pas facilement de séries qui conviennent, j’ai eu des années difficiles après Sex and The City, c’était difficile et financièrement compliqué.

Que voulez-vous dire par « Je ne serai jamais une tête d’affiche » ?
Le vie suit son cours et je sais ce qui me correspond. Je suis parfaitement capable de diriger des personnes, mais je ne suis pas capable d’incarner et de supporter toute une série. Je ne dis pas ça dans un sens négatif, je ne suis simplement pas fait pour ça et je ne veux pas le faire. J’adore ma position.

Vos personnages se retrouvent autour de la famille, pourquoi ce thème vous colle-t-il à la peau ?
J’adore mon père, ma mère et mes soeurs, mais je viens d’une famille compliquée. Nous étions une famille brisée, qui n’a jamais vraiment fonctionné. Je pense que les acteurs viennent souvent de ce genre de familles, car jouer est une activité solitaire mais ça demande un effort commun que ce soit sur scène ou dans une série. C’est un besoin de communier avec le public. Je pense que j’amène ça à mes personnages, parce que, maintenant, ma priorité, c’est ma famille. Je ne l’ai pas vu arriver. Quand je travaillais sur Sex and the City, j’étais sur le point de me marier et je n’avais pas d’enfant. Pourtant quand on m’a donné ce personnage, ça a très bien fonctionné. Je ne suis pas quelqu’un qui cherche à réparer les choses, mais je m’assure toujours que tout va bien autour de moi.

Est-ce que vous pensez justement que la famille est un des thèmes de Chicago Fire ?

La vie de secouristes peut être très fatigante à vivre, à cause de ce qu’ils font et parce qu’ils vivent ensemble. La famille, c’est avant tout se frayer un chemin. C’est se frayer un chemin dans le conflit, car de toute façon, le conflit arrivera. Si vous êtes avec quelqu’un suffisamment longtemps, vous devez trouver ce chemin pour réussir. Je ne peux pas dire si cette série fait ça avec succès, mais notre but est d’explorer le conflit et trouver l’humanité dedans.

Est-ce que vous faites vos propres cascades ?
On a une doublure pour les installations lumière. On réalise la plupart de nos cascades. Parfois ça fait peur, mais c’est souvent amusant. On a eu une séquence un jour, où il fallait monter à une échelle à 30 mètres de hauteur. Le vent a commencé à souffler et on sentait des secousses, le cascadeur n’était pas encore en place. J’ai eu vraiment peur, monter à une échelle c’est facile, en descendre dans ces conditions, c’est une autre histoire. Mais pour le moment, quand on a l’option de faire nos cascades, personne n’a encore osé refuser.

Que va-t-il se passer dans la saison 2 ?
Notre série est de la vieille école, on peut même penser à un retour en arrière en terme de programmes. On revient à des drames traditionnels, il n’y a pas de concept fort (high concept), pas de vampire, pas de voyage dans le temps, c’est un drame de papa (a meat-potato drama). Pour le bar, c’est pareil. Je suis sûr qu’il y aura plein de jolies filles à la télévision à l’automne, mais nous, on va simplement éteindre des feux.
Ils ne nous disent pas grand chose, et je ne veux pas vraiment en savoir plus. Au début de la saison, ils ont commencé par m’expliquer ce qui allait arriver à mon personnage. Penser à tout ce qui allait arriver m’a rendu anxieux, j’ai commencé à oublier mes répliques, donc c’est mieux comme ça

Les pompiers de Chicago Fire. Photo Universal

Etre sur un network qui a des problèmes, est ce que c’est mieux pour la série ?
Quand la série a commencé, nos audiences étaient assez faibles. Les producteurs étaient déçus des premiers chiffres, mais je leur ai dit : « Nous sommes exactement, où on veut être ». Car c’est le genre de séries que nous sommes… On a beaucoup d’actions, je voulais qu’on commence doucement mais qu’on construise notre audience. Notre point fort ne sera jamais le marketing. Les gens allaient entendre parler de nous, par d’autres personnes. notre bouche-à-oreille est très fort. Il n’y a pas d’autres motifs, le public communique sur notre série, car il en a envie, pas parce que le network jette de l’argent sur des annonceurs.
Sex and the City a aussi commencé doucement. HBO n’était pas encore HBO, Les Sopranos venaient de commencer, mais le public parlait de ces séries. Vous ne pouvez pas forcer les gens à parler d’une série.

Est-ce que vous pensiez que le network allait vous laisser construire votre audience ?
Vous m’emmenez sur un pente glissante ! Nous étions un succès modéré et c’était un 20/20 pour NBC. Notre audience n’a jamais atteint de sommet, mais on a construit sur notre audience de départ. nous n’avons jamais perdu de spectateurs, nous étions un outsider pour le network, et un outsider dans la télévision de networks. C’est une très bonne situation, car elle nous permet d’évoluer à partir de ça. Les personnages se sont améliorés, et nous sommes devenus meilleurs dans le développement de nos histoires, ce qui n’arrive pas si souvent. J’ai discuté avec un showrunner qui a travaillé sur de nombreuses séries comme NYPB Blue ou Hill Street Blues, je lui ai demandé « Est-ce que vous avez déjà des séries se développer comme ça ? », il m’a répondu « Celle-ci a sa propre trajectoire ».
Donc on verra, où ça nous mènera. Nous avons les scénaristes, nous avons l’ambition, nous avons les histoires. Quand vous discutez avec des pompiers ou des secouristes, ils ont tellement d’histoires à raconter. J’ai discuté avec un homme, qui n’était même pas de Chicago. Un jour, il reçoit un appel, c’était un jeune homme qui avait fait une overdose. Ils sont allés dans ce quartier chic, un des parents leur a ouvert la porte, l’enfant était au sol, violet. Le parent leur a dit « Avant d’entrer dans la maison, vous devez retirer vos chaussures. » (Rires)

Est ce que vous avez besoin d’un entrainement spécial pour être en forme à l’écran ?
Je suis un homme assez petit et quand je mets tout mon équipement, ça fait la moitié de mon poids. Ensuite, je dois porter une autre personne, je l’attrape et là… vous atteignez un loint où vous vous écriiez « Rhaaaaaa ». Mais on doit essayer de rester fort, mais je suis à un âge, où on ne prend plus de poids quand on s’entraine.

Mettre en scène autant de personnages « normaux », est-ce que ça contribue au succès de la série ?
Ils ont fait un casting minutieux et très bon. Ils voulaient un groupe de personnes qui feraient, ce qu’on leur demandait de faire. C’est un boulot très dur dans un climat assez hostile…
J’adore le fait que nous montrons autant de personnes différentes, issues de différentes villes. C’est un hommage à la série, nous n’avons pas de « méchant » dans cette série, nous n’avons personne que tout le monde déteste. Ce genre de personnages est génial, mais ça peut rapidement devenir un personnage à deux dimensions. J’aime à penser que nous créons des personnes en 3D dans cette série.

Propos recueillis lors du Festival de la Télévision de Monte Carlo, lors d’une table ronde en présence de journalistes de Télé Poche, la Gazette de Monaco et Annuséries.

 

How do you see your participation to Sex and the City ?
I see myself as a cynic but that show was a blessing. I’m almost 50 now and when I started that show I was almost 35. I had 15 years of working and living as a carpenter, a janitor and so many things when that job came along. The show had not hitting strike yet. So I came in, just as it was, it was more a job when it started, then it became something else. It was amazing to watch that. I feel very fortunate to have the chance to work on Chicago Fire now, I’m not handsome or I’m not charactery enough to be a real character actor. I’m never going to be a leading man. It’s all good, but I don’t fit easily in a TV Show. I had my down years after SATC, it was difficult and financially difficult.

Why do you say that you can’t be a lead of a show ?
As life unfold, I know where I fit in. I’m very capable of lead in but I’m not capable of carrying a show. I don’t mean it in a negative way, I’m not build for it and I don’t want to carry a show. I very much enjoy following.

Your characters are often about family, why do you think it’s a theme that stick to you ?
I love my father, my mother and my sisters deeply but I come from a messed up family. We were a broken family that never worked right. I think that actors come often from screwed up families, because ultimately acting a singular activity but it’s a community effort whether you are on stage or in a show. It’s a yearning to commune with people. So I think I bring that to the characters, because now, family is my number one priority in my life and my personal life. I didn’t see it coming. When I worked on SATC, I was getting married and I did not have a child at the time. When they put it on to me, it fit very well. I’m not a fixer, but I always make sure everybody is okay.

Do you think that family is a huge theme in Chicago Fire ?
The lives of first responders, because of the nature of what they do and the fact that they live together, people get really sick and tired. Family is about navigating. It’s navigating in conflict, and conflict will arise. If you are with someone long enough, you have to navigate in order to be successful. I can’t answer if the TV show do that successfully, but our goal is to navigate through that conflict and find the humanity in it.

Do you perform you own stunts ?
We have a stand-in for the lighting set-ups. We do almost most of our stunts. It get scary at times but it’s fun.
We had a sequence where we had to go up a ladder at a 100 feet in the hair. The wind comes in and we start wiggling around and the stuntman was not in yet. I got really scared, going up a ladder is easy, going down is another story. But for the moment, when we have the option to do our stunts, no one has declined yet.

What is going to happen in Season 2 ?
We are a little bit old school, maybe a little bit throwback in term of television programming. We are going back to the old style drama, there is no high concept, no vampire, no time travel, it’s a meat potato show. Our bar is a meat potato bar. I’m sure there will be a lot of pretty girls on TV in the fall, but we are just gonna catch fire.
They don’t tell us a lot, and I don’t really want to know. When we started the season, they started to tell me stuff that I was going to do, the thought of all the things that were going to happen gave me anxiety and I started to forget my lines, so it’s better this way.

Being in a network that is struggling, does it help the show ?
When the season started we came up kind of slow. Our executives were disappointed in the initial numbers, and I said to them « we are exactly where we want to be ». Because of the type of show that we are… We have a lot of action, I wanted us to come up quiet and to build. Marketing was never going to be our strong suit. People were going to need to hear it from somebody.Our word to mouth has been really strong. There is no agenda, people are communicating because they want to, not because the network is throwing a tonne of money.
Sex and The City started so quiet. HBO had not become HBO yet, The Sopranos had started, but people talked about the shows. You can not force people to talk about the show.

Did you think the network was going to let you build your audience ?
You, guys, are laying a very riggidy place for me ! We were a moderate success and that was an A+ for NBC. Our total numbers never went up huggely, but we were always building on our initial audience. We did not lose anybody, we have been the dark horse on the network, and a dark horse in network television. It’s a really nice place to be because you can grow from that. The characters got better and we got better at developing our stories, which doesn’t happen that often. I talked to a showrunner that has been on a lot of shows, he came fro NYPD Blue, Hill Street Blues, and I asked him « have you seen shows unfold like this ? » and he says « This one has its own trajectory ».
So we will see where it goes. We have the writers, we have the ambition, we have the stories. When you sit down with firefighters or first responders, they have so many stories to tell. I talked to a guy, he was not even from Chicago, he got a call, it was a young male that had overdosed. They went to this very high maintenance neighborhood, the front door was opened by a parent of the child, the child was turning purple, and the parent said « Before you come in, you need to take your shoes off ».

Do you need a special physical training to be on shape on screen ?
I’m a little guy, when I put all my gear up, it’s half my weight. Then you need to pick up another person and you pull him up, and you reach that point, you go like « rhaaaaaa ». But we need to try to stay strong, but I have stopped gaining weight when I work out.

Does the fact that so many Average Joes are on the show helped its success ?
They cast very well and carefully. They wanted a group of people that will do what needed to be done. It’s a really hard job, a really hard weather…
I love the fact that we have so many different people from different cities in the show. It’s a tribute to the show, we don’t have the bad guy on the show, we don’t have the one that everybody hates. And it’s fine to have one on a show, but that character can become two-dimensional and I like to think that we are developing three-dimensional on the show.

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