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Interview de Noah Wyle pour The Librarians : « Le muscle le plus important de Flynn, c’est son cerveau »

Interview de Noah Wyle pour The Librarians : « Le muscle le plus important de Flynn, c’est son cerveau »

Noah Wyle

Noah Wyle – Photo by Pascal Le Segretain – © 2015 Getty Images

Noah Wyle (ER, Falling Skies) nous a fait le plaisir d’un passage à Paris pour la sortie sur SyFy France de THE LIBRARIANS (diffusée sur TNT aux États-Unis). La série s’inscrit dans le développement de la franchise The Librarians, portée par Noah Wyle depuis 2004. SyFy France propose de parcourir cet univers, tous les samedis à 20h45, au travers des deux premiers téléfilms le 28 février, du troisième le 7 mars, pour enchainer sur la série dont la diffusion débute le 14 mars et le tout a la bonne idée d’être disponible en VM. Le Daily Mars, persuadé que « Intelligence is the new sexy », vous propose de découvrir ce que The Librarians et son héros Flynn Carson représentent pour Noah Wyle.

Avec 3 téléfilms, vous incarnez Flynn Carson par intermittence depuis maintenant plus de 10 ans. Est-ce que retrouver le personnage pour la série a été un challenge pour vous ?

J’avais peur que retrouver Flynn ne soit difficile. J’étais nerveux. Mais le premier jour de tournage, j’ai réalisé que non seulement c’était facile mais presque rafraichissant. Ce type de jeu très expressif m’avait manqué, Flynn m’avait manqué. Donc une fois que j’ai repris, en fait c’était génial.

Pour vous, que s’est-il passé pour Flynn pendant ces 7 années d’absence ? Comment a-t-il évolué ?

J’y ai réfléchi, en partie à travers des conversations avec John Rogers, auteur de The Librarians, et avec Dean Devlin, le producteur exécutif, qui a vraiment été l’ange gardien de toute la franchise. Nous voulions que le personnage redevienne immédiatement familier, qu’il présente toutes les qualités qui l’ont rendu attachant dans les 3 films, mais en même temps montrer un peu que le temps a passé aussi pour lui, qu’il est plus compétent, plus sûr de lui, qu’il n’avait plus besoin de gardien mais que l’isolement, vivre longtemps seul avec tous les artefacts, a aussi laissé des traces. Son meilleur ami est une épée, et il n’a pas eu de relation sentimentale depuis longtemps, on est porté à croire qu’il n’a pas d’ami et que sa famille aussi est distante, qu’il a en quelque sorte perdu sa capacité à se lier à des gens et qu’il est un peu devenu fou. Lui, il pense être parfaitement sensé, mais pour le reste du monde, il semble avoir perdu l’esprit.

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The Librarians – © TNT

Vous n’êtes présent que par intermittence dans la série. En tous cas durant la première saison, il semble qu’il en sera de même pour la seconde…

Probablement, comme dans la première. Je fais des allées et venues.

Le fait que cela puisse créer un obstacle pour s’identifier aux nouveaux héros, que ça ne leur laisse pas assez de place, ça vous inquiète ?

Et bien, ce que j’ai aimé dans le concept de cette série, c’est que chacun des personnages était suffisamment différent et avait des compétences suffisamment personnelles pour que seule la combinaison de leurs efforts en tant que collectif leur permette vraiment de réussir, avec ou sans moi. J’aimais beaucoup l’idée d’une analogie avec L’Apprenti Sorcier. Quand le sorcier est sorti, ils essaient des choses qui ne marchent pas, ils mettent le bazar et il faut qu’ils arrangent tout ça avant que papa ne revienne à la maison. Je pense que c’est une belle structure dramatique et ça permet à mon personnage d’aider chacun d’entre eux, sans avoir pour autant besoin de porter la narration sur ses épaules. Et évidemment ça me permet personnellement de ne pas avoir besoin d’être présent tous les jours à la tête de l’ensemble. Donc c’était l’idée de cette expérience. Jusqu’ici tout va bien, tout le monde semble bien réagir. Et je crois qu’un personnage qui fait des apparitions, c’est quelque chose que les gens attendent avec impatience et quand il est là, il vous embarque en quelque sorte dans l’arc narratif suivant de la saison.

Flynn Carson réconcilie le « nerd » et l’homme d’action. Enfin, pas forcément au début de la franchise, mais… Est-ce que c’est important pour vous de montrer qu’on peut être les deux à la fois ?

J’ai toujours pensé que c’est le plus important message que la franchise transmet. Que le muscle le plus important de Flynn, c’est son cerveau, et qu’il s’impose face à l’adversité grâce à son intelligence et son ingéniosité. Il fait appel à son bon sens et il a une qualité morale essentielle qui incite le karma à aller dans son sens. Vous savez, en ce moment, tous les super-héros sont à la télévision. Ce sont des personnages très sombres, ils ont tous un terrible passé et ils sont devenus des super-héros par besoin psychologique. C’est oppressant, divertissant mais oppressant. Nous, c’est tout le contraire de ça. C’est une opportunité de dire que c’est à travers le goût du jeu, à travers les sensations de joie, à travers l’appétit pour la connaissance qu’on finit par réussir.

Et vous, vous vous considérez plutôt comme un nerd, un homme d’action, ou les deux ?

Le secret pour jouer Flynn c’est cette sorte d’adage magnifique qu’ont les acteurs. Si tu joues un méchant, joue-le comme un gentil. Parce que le méchant, il ne pense pas, lui, qu’il est méchant. Donc plus le rôle est terrifiant, plus tu le joues comme si il ne l’était pas du tout. C’est pour ça qu’Hannibal Lecter est un personnage aussi génial. Plus il est charmant, plus il a l’air dérangé, pathologique. Pour jouer quelqu’un de très très stupide, joue-le comme quelqu’un qui se croit intelligent. C’est le contraste pour les gens qui l’écoutent qui en fait le bouffon qu’il est vraiment. Comment jouer Flynn qui est un génie ? Il faut le jouer comme une sorte d’idiot, n’est-ce pas ? Il résout des problèmes très complexes mais il le fait de telle manière qu’il semble complètement idiot, loufoque. C’est l’assurance mal placée qui est drôle, j’aime cet humour et je vois assez ça en moi. Je ne crois pas être un homme d’action, et quand j’y crois c’est généralement là que je me blesse… Je ne pense pas non plus être si intelligent, jusqu’à ce que je sois dans une situation où je suis capable d’être inventif… donc oui, je vois ici un parallèle avec Flynn.

The librarians Flynn carson

Noah Wyle – © TNT

Flynn est un puits de science. Est-ce que vous pensez que le savoir a besoin de la magie pour être divertissant, fun ?

Non, et si je devais faire une critique sur la première saison de The Librarians, ce serait que la balance est difficile à calibrer quand on doit gérer la magie. Vous savez, on se doit d’avoir des règles précises à propos de la façon de l’utiliser, sinon ça peut toujours être le moyen de sortir les personnages du danger. Ça les empêche d’avoir à être débrouillards et ça amoindrit le message que l’on cherche à transmettre. On a le même problème dans Falling Skies, à chaque fois qu’on introduit une nouvelle technologie. Si c’est une arme qui a une capacité supplémentaire, après on ne peut plus ne pas l’avoir… à moins de faire une intrigue sur le fait de l’avoir oublié à la base. Donc il faut constamment envisager comment on va faire avancer l’histoire en restant vigilant. Dans The Librarians, l’idée qu’il y a de la magie dans le monde, c’est aussi l’idée qu’il y en a toujours eu. Que lentement, au fil des siècles, elle s’est en quelque sorte épuisée, donc c’est devenu une ressource précieuse que tout le monde cherche à obtenir. Cette magie s’est imprégnée dans des objets personnels éparpillés et qui doivent être récupérés. Quand vous en combinez plusieurs, leur pouvoir s’étend de façon exponentielle. Donc c’est une mythologie solide, tant que vous avez besoin des artefacts et que sans eux vous ne pouvez pas faire de magie.

Une chose que j’aime aussi dans cette série, c’est qu’à notre époque numérique, c’est une série analogique. Dans beaucoup de séries aujourd’hui, dès qu’ils doivent amener un rebondissement, ils le montrent via un ordinateur, un hologramme ou n’importe quelle représentation visuelle. Les textos apparaissent directement sur l’écran, remplaçant les conversations, c’est la mode. Je pense qu’une partie du succès de The Librarians, c’est ce retour à une forme de narration plus simple où ce sont les personnages qui doivent faire l’essentiel.

Dans chacun des films, Flynn rencontre une jolie femme. Dans The Librarians, il y a une héroïine, Eve Baird. Pour traiter de la position habituelle de la nana sidekick/romance, est-ce qu’il est possible que ce soit l’occasion de réunir Eve et Flynn avec certaines ex de Flynn ?

C’est une possibilité, que nous finissions par avoir des retrouvailles. On pourrait facilement faire revenir Gabrielle Anwar. Elle est disponible maintenant qu’elle n’est plus dans Burn Notice et ce serait un personnage intéressant à redécouvrir plus en détails. Pour les films, le principe était, dans le genre des James Bond, à chaque fois une femme différente. Maintenant qu’on est dans la série, il y a en effet une constante, Rebecca (Romijn). Introduire une ex, ou même juste quelqu’un que Flynn aurait rencontré lors d’une mission et avec qui il a un passé, ça fait partie de notre casse-tête. Et il y a sept ans où l’on se sait pas vraiment ce que Flynn a fait, il a fait beaucoup de choses et il a pu rencontrer beaucoup de gens à cette période…

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Rebecca Romijn (Eve Baird) et Noah Wyle (Flynn Carson) – © TNT

 

Vous avez réalisé un épisode de Falling Skies et vous allez faire de même dans The Librarians

Oui, probablement un épisode.

Que vous a apporté cette nouvelle expérience ?

C’était très profond pour moi. J’avais toujours eu envie de le faire et j’avais toujours eu cette confiance secrète que je serais bon. Mais j’étais trop nerveux pour essayer… pendant sans doute trop longtemps. Et puis une opportunité s’est présentée à moi de réaliser sur Falling Skies. Et de toutes les possibilités, commencer à réaliser sur Falling Skies, ce n’était peut-être pas le choix le plus malin. Avoir tout d’un coup à fabriquer un mini-film, en 7 jours, avec deux millions de dollars. Il y avait plein de variables à prendre en compte et c’était un script difficile. C’était l’expérience la plus éprouvante de ma vie professionnelle. J’étais plus impliqué, à plus de niveaux. C’était à la fois intimidant et motivant, et je ne me suis jamais senti aussi vivant depuis longtemps. J’étais vraiment content du résultat et vraiment intrigué par ce que cette nouvelle direction pouvait apporter à la suite de ma carrière. Mais c’est étrange quand même, d’aller au boulot pendant 25 ans et de demander : est-ce que tu vois les choses comme ça, tu veux que je fasse comme ça, comment est-ce que tu veux… Toi, toi, toi, toi. Et soudain à la réalisation de dire je voudrais, je vois, je pense, ce dont j’ai besoin… Je, je, je. Ce changement de perceptive, c’est… (pause)

Une émancipation ?

C’est une émancipation… Si vous êtes bien préparé et que vous avez suffisamment confiance dans votre vision de la scène, c’est… (re-pause) différent de tout ce que j’ai ressenti avant, c’était dingue. Avoir une idée, en parler avec un artiste, qui en fait une esquisse, et ensuite prendre cette esquisse, regarder à l’écran et la voir prendre littéralement vie, en 3D, juste devant soi, c’était très profond.

The Librarians, Falling Skies, The World Made Straight… Est-ce que c’est un hasard ou est-ce que vous avez peur de vous ennuyer?

Vous savez le paradoxe, c’est que quand vous avez envie de vous poser et de prendre le temps de réfléchir, c’est le moment où on vous offre le plus d’opportunités et quand vous voulez travaillez, tout d’un coup vous ne trouvez rien. C’est un problème que beaucoup de gens voudraient d’avoir trop à faire, donc ça fait du bien… oui, c’est bien.

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