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Interview The Foreign Exchange : « On voulait faire des titres enjoués et plein de vie »

Interview The Foreign Exchange : « On voulait faire des titres enjoués et plein de vie »

Nicolay et Phonte

SCROLL DOWN FOR ENGLISH VERSION OF THE INTERVIEW

Tout a commencé il y a presque une décennie avec des échanges de messages privés sur le site fondé par Questlove des Roots, OkayPlayer.com. Phonte Coleman était un tiers d’un groupe de rap de Nouvelle-Caroline extrêmement respecté, Little Brother. Nicolay était un producteur hollandais plus tourné vers le funk, l’électro et la house. Très vite, les échanges d’e-mails se sont transformées en échange de sons, instrumentaux et voix. Le résultat était un bol d’air frais, créatif et imprévisible, nommé « Connected », qui a vu le jour en 2004 sous le nom de The Foreign Exchange. Près d’une décennie plus tard, contre toute attente, le groupe a pris sa destinée en main, et ses membres ont fondé leur propre label, +FE Music. Un moyen de sortir leurs projets à leur rythme (très régulier), sans interférence, tout comme un terrain pour superviser les projets d’artistes comme YahZarah ou Zo ! 2013 a été très prolifique pour la petite entreprise : un album de remixes (ou plutôt de « Reworks » comprenant remixes et inédits du catalogue du label, entre autres), le très funky « ManMade » de Zo ! et enfin, depuis fin septembre, « Love In Flying Colors », quatrième effort du groupe. Le « Daily Mars » évoque tous ces projets avec les deux têtes pensantes de +FE Music, Phonte Coleman et Nicolay Rook.

Votre nouvel album, Love In Flying Colors, est dans les bacs, . Vous semblez avoir une devise qui est : « Ne jamais être deux fois le même groupe ». Quel était votre état d’esprit avant d’enregistrer cet album ?

Phonte Coleman : En commençant cet album, on savait qu’on voulait faire quelque chose de différent en termes de sensibilité, et de beaucoup plus joyeux qu’Authenticity. On avait envie de titres plutôt enjoués et pleins de vie, qui sonnent complexes et grands.

Vous avez pour habitude de commencer vos albums avec un titre qui annonce la couleur pour du reste. C’est le cas pour « Daykeeper » sur Leave It All Behind (sorti en 2008, ndr), qui a été nominé pour un Grammy Award, et de « The Last Fall » sur Authenticity. Est-ce que « If I Knew Then » a donné la direction pour le reste de Love In Flying Colors ?

Phonte : Je pense que c’est absolument le cas. « If I knew then » est l’une des premières chansons que nous avons écrites pour l’album, elle en a donné le ton pour son esprit général. C’est un titre très joyeux, sautillant, uptempo. Même dans le refrain, qui fait « Feel so good, love’s flying high »…Il est devenu l’hymne de l’album tout entier, en quelque sorte.

Vous avez l’habitude de ne rien dévoiler de la direction sonore de l’album avant le premier single. Ceci dit, nous avons eu droit à un avant-goût de Love In Flying Colors sur The Reworks, avec 5 inédits. Est-ce que vous avez utilisé des titres comme « So What If It Is », qui est une chanson de deep house, comme un terrain d’expérimentation pour l’album ? Et surtout, d’où est venue l’idée d’ajouter des inédits sur The Reworks avant la sortie de l’album de The Foreign Exchange ?

Phonte : Dans certains cas, c’était plus un ensemble de titres que Nicolay et moi ou que Zo ! et moi avions produits. Toute la question, c’est de trouver le bon endroit pour placer ces morceaux. Donc, les titres qui sont sur The Reworks sont des titres dont nous savions qu’ils ne pouvaient fonctionner dans le contexte d’un album de The Foreign Exchange ou de Zo !

Vous étiez en plein enregistrement de Love In Flying Colors, donc vous avez beaucoup de titres issus de ces sessions qui se sont retrouvés sur The Reworks

Phonte : Exactement. The Reworks, Love In Flying Colors et l’album de Zo ! , ManMade, ont été enregistrés en l’espace de 10 mois. Sur ces sessions, certains titres se retrouvent sur l’album, mais on sentait que d’autres chansons « feelgood » seraient mieux valorisées sur d’autres projets. C’est pour ça qu’on a fait The Reworks.

Love In Flying Colors explore de nouveaux genres pour The Foreign Exchange : il y a un morceau de « deep house », « The Moment », et beaucoup de rythmiques inspirées de la musique brésilienne sur la première moitié. À quel point est-ce difficile de s’essayer à de nouveaux genres, en termes de composition et de production ?

Nicolay Rook : C’est l’un des préceptes sur lesquels ce groupe est fondé : nous aimons élever notre propre niveau. Avec cet album, nous avons utilisé un ensemble de cordes, un orchestre live sur certains des morceaux. A – parce que nous ne l’avions jamais fait auparavant. B -parce que nous voulions élever nos capacités musicales, et voir à quoi ressemblait The Foreign Exchange avec un ensemble de cordes. Nous avons continué à affiner nos talents, écrire de meilleurs titres, avoir de meilleures idées. C’est juste une quête éternelle de sortir le meilleur album possible. Et à chaque fois, on se rapproche un peu plus de ce but.

Cet ensemble de cordes, on l’entend sur « Listen To The Rain », grâce à un musicien nommé Piranhahead. Comment ça s’est passé ?

Phonte : C’était une chanson que nous avions déjà composée et qui était déjà finie. Zo ! et moi l’avions commencée au piano, et l’avons enrichie avec des parties de basse, des Moog. Ensuite, Nic l’a terminée avec des percussions, des claviers et d’autres détails. Donc c’était fini. Nous l’avons envoyée à Piranhahead, qui a adoré et a écrit l’arrangement de cordes. En fait, en entendant les résultats, j’ai dit : « Mec, je dois refaire mes voix » (rires). Et [Piranhahead] a répondu : « Ne change pas une syllabe, c’est ça qui m’a fait écrire cet arrangement. » Finalement, je suis revenu et j’ai un peu retouché les voix, mais qu’il me dise ça a renforcé ma confiance et j’ai su que j’allais dans la bonne direction.

Phonte, j’ai lu que tu essayais de t’inspirer des chanteurs de country en termes de composition, c’est-à-dire être plus économe sur les mots, et avoir une approche plus directe. Est-ce que cela a aidé à l’écriture de cet album ?

Phonte : Peut-être pas autant sur cet album, mais c’était une grosse inspiration sur Authenticity. Lorsque j’écris un album, il s’agit d’abord de raconter une bonne histoire, et je suppose que c’est la raison pour laquelle je suis influencé par la country.

Nicolay, qu’as-tu apporté à « Listen To The Rain » ?

Nicolay : Phonte et moi avons posé les bases, et Chris Boerner, qui fait également du mixage et du mastering pour nous, joue de la guitare acoustique sur ce titre. J’avais toutes ces parties, j’ai ajouté des percussions, beaucoup de choses subtiles, atmosphériques…

À la première écoute, cela frappe comme l’un des titres les plus complexes que vous ayez composés.

Nicolay : En effet, à la première écoute, cela ne sonne pas une chanson super complexe, mais elle se révèle au fur et à mesure des écoutes. Vous allez entendre des parties qui ne seront pas en avant dans le mix, donc il faut vraiment l’écouter en se concentrant, ou avec un casque. « Listen to the Rain » et « When I Feel Love » sont des titres vraiment fantastiques à la base mais les cordes les ont vraiment amenés à l’échelle supérieure.

Parlons de la stratégie derrière Love In Flying Colors. Vous avez sorti un single sur les plateformes MP3, « Call It Home », assorti d’une face B, « Pity », et avant ça, deux vidéos teaser avec des extraits de vos précédents singles. Pour un groupe indépendant comme The Foreign Exchange, est-ce que ça vaut plus le coup de choisir des vidéos virales, au lieu d’un single accompagné d’un clip traditionnel ?

Phonte : Je pense que cela dépend de l’identité de chaque groupe. L’objectif primordial pour un artiste est de maintenir l’attention de son public, et de faire quelque chose qu’il n’a jamais fait auparavant. Par exemple, on n’avait jamais sorti de clip et de single en même temps. Et cela a pris à revers nos fans, genre, « Oh, putain ! » *rires*. Ils ne s’y attendaient pas. Chaque fois qu’on sort quelque chose avec Nicolay, on cherche de nouveaux moyens d’intéresser le public. Cette fois-ci, c’était un single et un clip le même jour, la prochaine fois, ce peut être totalement différent. C’est quelque chose qu’on doit prendre au cas par cas.

En général, les albums de Foreign Exchange sont très concis : 10 à 12 titres par album. Lors des sessions d’enregistrement, est-ce que vous avez tendance à écrire beaucoup de chansons ? Combien de titres restent des chutes de studio ?

Nicolay : Nous sommes le genre de groupe qui n’enregistre pas beaucoup. Pity en est un bon exemple : même si cela n’a jamais fait partie à part entière des sessions d’enregistrement, 9 fois sur 10, ce qui se retrouve sur un album de The Foreign Exchange est ce que l’on a enregistré. Cette fois-ci, avec Pity, nous avions des faces B et des versions alternatives. Mais en fin de compte, nous avons essayé de faire passer notre message en l’espace de 45 minutes. Personnellement, je m’inspire des albums de jadis, où ils ne pouvaient pas dépasser cette durée. Ce n’est pas avant les années 1990 que l’on a commencé à avoir des albums de 16 à 18 titres, avec beaucoup d’interludes et des choses en plus. Pour nous, c’est important de faire une déclaration concise et compacte et en même temps, rester assez authentique pour que l’auditeur en veuille plus, au lieu de lui donner 70 minutes de musique, et en faire trop.

En tant que label, vous avez sorti un album de remix, The Reworks, mais aussi ManMade de Zo ! Phonte, je crois savoir que tu as beaucoup travaillé sur cet album, en en composant et coproduisant la quasi-totalité. Est-ce que tu peux expliquer en quoi Zo ! est complémentaire de ce que vous essayez de faire avec +FE Music ?

Phonte : En tant que label, on essaie de faire les meilleurs albums possibles. Nous avons un focus très strict de qualité primant sur la quantité. On pense qu’il y a tellement de musique qui sort, des artistes qui sortent des projets à droite et à gauche. L’auditeur est inondé de musique, même d’artistes dont ils sont fans. Ils ont accès à tout et sont plutôt dépassés. Notre manière de sortir du lot, c’est de ne pas sortir autant de choses. Si on est dans une pièce plein de gens qui parlent, ceux qui sortiront du lot sont les personnes qui ne parleront pas.

Vous avez également sorti les EP de reprises « Just Visiting… » de Zo ! gratuitement. Est-ce que c’est quelque chose que vous aimeriez refaire ?

Phonte : La série « Just Visiting… » est derrière nous. C’était cool pour ce que c’était, mais on est plus dans un espace où on veut créer notre propre musique plutôt que sortir des reprises.

Quels sont vos projets de tournée ? Avez-vous prévu de venir en Europe ?

Nicolay : On espère revenir en Europe. La dernière fois, c’était en janvier 2011, donc ça fait bientôt trois ans. Nos concerts aux États-Unis sont un moyen de tâter le terrain, de tester les nouveaux morceaux, voir ce que les gens aiment et ce qu’on aime jouer pour eux. L’an prochain, on commencera vraiment à tourner et promouvoir l’album partout où on pourra. On est carrément impatients de revenir en Europe, d’autant plus que vu que l’album est sorti, on a un super choix de titres à présenter.

Vous avez sorti « Call It Home » en premier single.Y a-t-il d’autres extraits de l’album en préparation ?

Phonte : Absolument.

Je voulais terminer avec la question obligatoire : « Phonte, vas-tu faire un autre album de rap » ?

Phonte : Je pourrais. Je verrai où j’en suis l’an prochain. Une fois qu’on aura fini la tournée pour Love In Flying Colors. C’est l’une des choses que je ferais si je le sens. Je pense que si j’ai quelque chose à apporter, j’en ferai un autre.

Nicolay, vas-tu aussi faire un autre album de rap ?

Nicolay : *rires* Plus d’albums de rap. Je sais que tu veux en parler. Mon premier effort était tellement classique que je ne peux pas le surpasser.

Tu as fait beaucoup de travail de remix sur The Reworks, mais je n’ai pas vu beaucoup de remix en dehors de ça. Est-ce que The Reworks était un indice que plus de remix signés Nicolay sont à venir, débarquant ça et là ?

Nicolay : Bien sûr. Remixer, c’est quelque chose que j’adore. J’ai toujours aimé donner un nouveau twist sur un titre existant. Je n’ai pas toujours beaucoup de temps pour le faire, surtout avec le label à gérer. Je suis vraiment content que The Reworks soit là, puisqu’il contient quelques-uns de mes remixes préférés qui n’étaient pas encore sortis, mais j’envisage d’en faire beaucoup plus dans un futur proche. Maintenant que l’album est sorti, j’ai beaucoup plus de temps devant moi, je vais retourner à ça.


It all began at the top of the ‘00s with private direct message exchanges on the Questlove-founded website OkayPlayer.com. Phonte Coleman was a third of a very respected North Carolina-based rap group, Little Brother. Nicolay was a Dutch producer dabbling in funk, electro and house music. Soon, the email exchange turned into an exchange of beats, voices and sounds. The result was a breath of fresh air, “Connected”, released in 2004, under the moniker The Foreign Exchange. Against all odds, a decade later, the group took its destiny into its own hands, and founded their own boutique label, +FE Music. A means to release their projects on their own schedule (very regular nonetheless), without outside interference, as well as an outlet to oversee projects from artists like YahZarah or Zo! 2013 has been very prolific for the small company : a remix album, or rather, a “Reworks” album including unreleased and remixed material from the label’s catalogue, among other things; the very funky “ManMade” album from Zo! And, last but not least, “Love In Flying Colors”, released late September, which is the fourth outing for the group. The “Daily Mars” covers all those projects in an interview with +FE Music’s own braintrust : Phonte Coleman and Nicolay Rook.

You guys have a new album out, called Love In Flying Colors. You seem to have a motto, which is “Never be the same band twice”. So I figured a good place to start is: what was your mindset when you started recording this album?

Phonte Coleman : Going into this record, we knew we wanted to make something that was different from the last record in terms of tone, and something that would be a lot brighter than our last record, “Authenticity”. We sat down and knew we wanted to make really kind of bright and really vibrant, big-sounding songs.

You have an habit of having the first track of any of your albums setting the overall tone and color for the rest of the LP. That was the case with Daykeeper, which was nominated for a Grammy Award, and The Last Fall on Authenticity. With If I Knew Then, was it the song that set the direction for the rest of the album?

Phonte: I think it very much was. It was one of the earlier songs that we did for the record, and I think it really did set the tone for the overall feel of the record. It’s a very bright, jumpy, uptempo track. Even in the chorus, where they sing “Feel so good, love’s flying high”… I think it kinda grew into the anthem of the album as a whole.

Usually, as far as your sound goes, you keep it very close to the vest until the first single is released. However we had sort of an appetizer for Love In Flying Colors on The Reworks, in the form of 5 new tracks. Did you use tracks like So What If It Is, which is a deep house track, as a way of experimenting with sounds for the album? And especially, what was the reasoning behind adding new material to The Reworks before the album was released?

Phonte : In some cases, it was a case of the material that we have, stuff that me and Nicolay will come out with, and stuff that me and Zo! Will come out with…. It’s a lot of material. So it’s all about finding the best place for the material. So, with the songs that we put out on “The Reworks”, those are songs that we knew couldn’ t fit on the context of a Foreign Exchange or a Zo! Album.

So you were in the middle of recording the album when you released The Reworks, so you had a lot of tracks from the sessions that ended up on The Reworks.

Phonte: Exactly. The Reworks, Zo!’s album and Love In Flying Colors were recorded within a 10 month period. On those sessions, you have songs that make the record, and you have songs, feelgood songs, that would be better served on another project and that was what The Reworks was for.

Love In Flying Colors explores new genres as a group: you have a deep house track on the album called The Moment, and a lot of Brazilian music grooves on the first half. How challenging is it to tackle new genres, in terms of production and songwriting ?

Nicolay Rook : It is one of the philosophies that the group is founded on, we really do enjoy raising the bar for ourselves. With this record, we used live strings, a live orchestra in some of the tracks, A) because it’s something that we had never done, B) we really kinda pushed the bar on our music and hear what the Foreign Exchange sounds like with a live orchestra. We continued honing our craft, getting better, writing better songs, coming up with better ideas, that’s just an ongoing quest to find the perfect material. And each time, you get a little bit closer to finding that.

The string section can be heard on Listen To The Rain. Those come courtesy of a fellow musician called Piranhahead? So, did you have the song already recorded and you decided to add a string section? How did that come about?

Phonte : That was a song that we had written and it was already done. Me and Zo! Started out on the piano, and fleshed it out, keep it down, adding parts like bass and Moogs. Then, Nic finished it off with drums and keyboards and some other production details. It was pretty much done. We sent it to Piranhahead, he loved it and wrote the arrangement for it. I actually went back and was like, “Man, I want to do my lead vocals all over again”. And he was like, “Don’t change a word, that’s what made me write that string arrangement”. I ended up going in and tightening it up, but him saying that gave me a lot of confidence and let me know that I was on the right thing.

Phonte, I read that you were trying to draw inspiration from country music in terms of songwriting, in terms of saving on words and having a more straightforward approach. Did that help while writing this album?

Phonte: Maybe not as much, but for Authenticity, it was a big inspiration. In terms of writing an album, it’s always about telling a great story, and I guess that’s why country music influences me.

Nicolay, what did you add on Listen To The Rain, specifically?

Nicolay: Phonte and I laid the foundation and Chris Boerner, the guitarist who does a lot of work on mixing and mastering, he actually played acoustic guitar on the song. I got all the building blocks, added the drums, a lot of subtle stuff, atmospherics, “ear candy” if you will…

The first time you hear it, it sounds like one of the most layered songs you guys did.

Nicolay : It does, and this is one of those songs, when you listen to it initially it’s not the most super complex song, and it reveals itself over time. You will hear a lot of layers that are not as loud in the mix, so you need to really listen to it focused or on the headphones. With the strings on ‘Listen to The Rain”, and “When I Feel Love”, they were already fantastic songs but it took both of those songs to a new level.

Let’s talk about the rollout for Love In Flying Colors: you released one digital single for Call It Home, with a B-side, “Pity”, and you released two teaser videos featuring snippets of previous +FE material. For an indie group like you, nowadays does it make more sense to go for that type of visuals first in a viral way, as opposed to a traditional music video?

Phonte : I think it really kind of varies, depending on who you are. I just think that the primary focus of any artist is to keep your audience engaged, and to do something that you’ve never done before, or they’ve never seen you do before. So, for us, we had never really dropped a single and video on the same day. And that is something that really shocked our fanbase, like, “Oh shit!”; they weren’t expecting it. Every time we come out with Nicolay, with a new project, we’re always looking for new ways to engage the audience. This time, it was a single and video on the same day, next time it could be something totally different. It is just something you gotta take on a case-by-case basis.

Usually Foreign Exchange albums are a very compact affair: 10 to 12 tracks make the cut. Usually, when it comes to recording sessions, do you tend to record a lot of material? Usually how many tracks don’t make the final cut?

Nicolay: We’re the type of group that don’t record too much. “Pity” is a good example : even though it was never part of the album sessions per se, with a Foreign Exchange LP, 9 times out of 10, what you hear on the record is what we have recorded. This time around, with Pity, we had some B-sides or alternate versions. But ultimately, we tried to make that point in 45 minutes, that kind of length. For me, personally, it goes back to the LP and to those days when an album would not be more than that. It’s not until the 90s, and after that, that you started to get the 16-18 track albums with a lot of interludes and extra stuff. For us, it’s just important to make a concise and compact statement and at the same time, keep it true enough so that the listener is interested in more, instead of giving them 70 minutes of music and overstay our welcome.

As a label, you released a remix album of FE artists, but also ManMade from Zo! Phonte, as I understand, you put in a lot of work on this album: you wrote and coproduced almost all of it. Could you explain how Zo! Completes what you’re trying to achieve as a music label?

Phonte : I think what we try to achieve as a label is put out the best records that we can. We have a very strict focus on quality versus quantity, we believe that because there’s just so much music out, and everyone is dropping records left and right. The music fan is inundated with a lot to listen to, even from artists that they are fans of. They have an access to everything and are kind of overwhelmed. To us, the way we approach the way to stand out amongst the clutter, is not put out as much. If there’s a room full of people that’s talking, the people that are gonna stand out are the people that are not talking.

You released the “Just Visiting” projects from Zo! 4 or 5 years ago. Is it the kind of stuff you would revisit?

Phonte : The “Just Visiting” EPs is something we’re pretty much done with. It was cool for what it was, but we are more in a space where we want to create original music rather than do covers. So, that’s pretty much it.

What are the future plans in terms of touring? Are you trying to come over to Europe?

Nicolay : We definitely hope to come back to Europe. Last time was January 2011, so it’s almost three years since we came to Europe. The shows for us this year are a way to test the waters, test out the new material, see what people like and what we like to play. Next year, in 2014, is when we really tour the record and go to all areas that we can. We definitely are looking forward to make our way back into Europe, and especially now that the new album is out, we have a great new batch of material to come out with.

Given that you released Call It Home as a digital single, I wanted to know if there were any more videos or singles to come related to Love In Flying Colors?

Phonte : Definitely.

And I wanted to finish off with the mandatory “Phonte, will you do another rap project?” question.

Phonte : I may do it. I’ll see where I’m at next year. Once we finish touring on Love In Flying Colors. It’s one of those things where I do it when I feel it. If I feel like I have some value to say, if I feel like that, I’ll do another one.

Nicolay, will you do another rap project?

Nicolay : *laughs* Not rap albums. I know you want to talk about it. My first rap album was such a success that I won’t be able to top it.

You did a lot of remix work on The Reworks, I haven’t seen you do a lot of remix work outside of The Reworks. Did it give us a hint that more Nicolay remixes were on the way, popping up here and there?

Nicolay : For sure. Doing remixes is something I actually love, giving a new spin on an existing track is something that I always enjoyed doing. I don’t always have a lot of time for it, especially with us operating our own label. I am really excited to get The Reworks out, it has a lot of my personal favorites that had not come out yet, and I’m definitely looking to do a lot more in the near future. Now that the album is out, I have a little bit more time on my hands, I will get back to it.

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