J-77 : La fin du monde approche… lentement

J-77 : La fin du monde approche… lentement

Note de l'auteur

Il y a un peu moins d’un an, nous vous parlions d’Hank Palace dans son Dernier meurtre avant la fin du monde. Une enquête un peu déjà vu mais très divertissante et dans un contexte pré-apocalyptique sans être désespéré. La suite est arrivée !

j-77_dernier_meurtre_avant_la_fin_du_monde_winters_tome2L’histoire : Il ne reste plus que 77 jours avant la fin du monde. L’astéroïde Maïa va bientôt s’écraser sur notre planète, entraînant la fin de l’humanité. Hank Palace n’a toujours pas arrêté d’être policier, malgré sa mise à la porte. Alors quand son ancienne nounou, Martha Cavatone, l’appelle à l’aide pour retrouver son mari disparu, il n’hésite pas à se jeter dans l’enquête, même si cela signifie qu’il va devoir demander de l’aide à sa petite sœur, Nico. Et pour cela, il va falloir slalomer entre les pillages, le marché noir et la violence qui devient quotidienne.

Mon avis : Parfois, il reste des vagues d’humanité alors qu’approche la fin du monde. Hank Palace en est la preuve, s’accrochant à son travail comme à une bouée de sauvetage. Plus nuancé que dans le premier volume, le voilà accompagné de son bichon Houdini à errer à vélo dans les rues défoncées et à travers les campus transformés en anarchies utopistes.

Alors, certes, il y a de la violence, des enfants abandonnés, des émeutes en toile de fond. Mais c’est fait avec pudeur, car là n’est pas le propos. Le propos, c’est comment garder son humanité et son empathie quand le monde va disparaître. Dans ce roman extrêmement mélancolique, Ben H. Winters n’est pas là pour nous en mettre plein les yeux, dans un feu d’artifice des dernières choses à faire avant de mourir. Non, il y a une enquête, la disparition d’un mari et le polar devient prétexte à se promener dans les quartiers, les univers s’organisant dans une dernière tentative de survie. Quel est le rôle de l’état ? De la police ? Du petit bar de quartier ? Où a donc disparu Brett ?

Image du film Deep Impact.

Image du film Deep Impact.

Excellent roman en somme, où la violence est présente sans être excessive, envahie par une certaine tristesse, avant le feu d’artifice final prévu dans un troisième tome pour le mois de septembre. Si vous êtes en retard, le premier tome est sorti en poche, aux éditions 10/18.

Si vous aimez : plus le polar que le roman de science-fiction. Le calme avant la tempête.

Autour du livre : Ce deuxième tome a reçu le prix Philip K. Dick, quand le premier a gagné le prix Edgar-Allan-Poe des Mystery Writers of America.

Extrait : « Leur père est un irresponsable appelé Johnson Rose, avec qui j’étais au lycée, et qui a été un des premiers à se faire la malle pour aller vivre ses derniers rêves. Suite à quoi la mère, si je ne me trompe pas, a succombé à une overdose de vodka et d’antalgiques. Un grand nombre de gosses qui passent leurs journées ici ont une histoire du même genre. Il y en a un, Andy Blackstone – je le vois en ce moment en train de faire rebondir un ballon contre le mur de l’école -, qui était élevé, pour je ne sais quelle raison, par un de ses oncles. Lorsque la probabilité a atteint cent pour cent, il paraît que l’oncle lui a simplement dit de débarrasser le plancher.
Après quelques questions posées en douceur à Alyssa et Micah, je comprends, à mon grand soulagement, que ce qui a été perdu est un jouet : un sabre de samouraï en plastique, qui autrefois faisait partie d’un déguisement de ninja, mais que Micah portait à la ceinture depuis quelques semaines.
« D’accord, dis-je en pressant l’épaule d’Alyssa avant de me retourner pour regarder son frère. Ce n’est pas bien grave.
– C’est nul, c’est tout, lance Micah avec emphase. C’est trop nul.
– Je sais, oui. »

Sortie : février 2016, éditions Super 8, 326 pages, 18 euros.

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