Japan Expo – 14ème Impact : Conférence de Tetsuo Hara

Japan Expo – 14ème Impact : Conférence de Tetsuo Hara

Cette année encore, la Japan Expo recevait un invité d’honneur de marque : Tetsuo Hara, auteur de Hokuto no Ken, mieux connu chez nous sous le titre Ken, le Survivant. C’est lors du dernier jour de convention que l’auteur a donné une conférence des plus intéressantes. Je vous raconte ça !

 

Devant la Main Stage, une foule de fans patiente, trépigne à l’idée de voir et d’écouter Hara sensei, « le maître ». Celui-ci fait son entrée sous un tonnerre d’applaudissements suivi de son éditeur de toujours, Nobuhiko Horie. Tous deux reviennent sur les débuts de l’auteur, sur le fait qu’il commença comme assistant durant un an et demi (notamment pour Yoshihiro Takahashi) pour faire ses armes en termes de graphisme. Horie évoque son intérêt dès le départ pour la puissance du dessin et la force du trait de Hara.

 

L’animateur de la conférence aborde son 1er essai, Iron no Don Quichotte, manga sur le milieu du motocross. L’éditeur avoue l’avoir lancé sur cette idée, disant avec auto-dérision qu’à cette époque, il était persuadé que les courses de motocross allaient connaître un grand boum qui, en définitive, n’arrivera jamais. Tetsuo Hara n’est pas passionné par le sujet mais il s’implique au maximum. On reconnaît déjà son style très réaliste et la précision de son trait, mais ça ne suffit pas : la série est très vite annulée par le Shônen Jump qui le publie.

 

L’auteur évoque ses influences, notamment l’artiste péruvien Boris Vallejo, et se demande s’il n’a pas quelque peu bousculé les codes graphiques du Shônen Jump (Saint Seiya, Dragon Ball, Cobra…). Les deux invités reviennent ensuite sur les origines de leur plus gros succès Hokuto no Ken. Il rient en évoquant la manière dont ils en sont arrivés à cette idée. Pour résumé, Horie débarque un soir chez Hara, ils se servent quelques sakés et ils discutent. Le premier raconte au second qu’il a trouvé un bouquin sur les arts martiaux évoquant des points de pression dans le corps humain et que ce serait bien de partir sur un manga dans le style. Hara, grand fan d’arts martiaux et de Bruce Lee, est emballé par l’idée. Voilà un sujet qui lui parle !

L’auteur tient à nous rassurer en précisant que d’habitude, il ne boit pas tant… Les deux hommes réfléchissent au développement d’une telle histoire. Les idées, telles que les corps qui explosent ou la phrase gimmick «Tu ne le sais pas encore, mais tu es déjà mort…»,  fourmillent déjà dans l’esprit de l’éditeur. Mais ne pouvant pas s’aventurer plus avant dans le scénario, il décide de faire appel à un auteur et trouve Buronson. L’histoire est en marche…

 

L’animateur en arrive à la question de la violence de l’anime. Hara explique qu’au Japon, la série n’est pas perçue de la même manière : c’est avant tout l’histoire basique d’un héros qui tue des méchants, très méchants. Les thèmes sont l’amour et la fraternité. De plus, afin de minimiser, de désamorcer cette violence, l’auteur utilise des onomatopées qui sont intraduisibles mais qui amènent un aspect comique en version originale. Il nous rapporte même avoir entendu parler des doublages français involontairement comiques et nous dit que cela participe à dédramatiser ce qu’on voit dans l’anime dans notre langue. Le mangaka voit dans son titre comme un prolongement/hommage à l’œuvre de Bruce Lee. À travers Hokuto no Ken, il veut apporter sa pierre à l’édifice de l’univers des arts martiaux.

 

2001 est l’année du retour de Ken avec Fist of the Blue Sky, après 12 ans d’absence. Hara a profité de tout ce temps pour monter sa propre maison d’édition. Pour cette suite au succès incertain, il décide de moins impliquer Buronson sur le projet. Nobuhiko Horie, présent depuis le début, prend le scénario en main. Le thème s’affiche plus ouvertement – il s’agit de la vengeance – et le héros est  plus mûr.

 

Pour terminer cette conférence, l’auteur en vient finalement à nous parler de l’après-Ken et sa nouvelle série : Ikusa no Ko -Oda Saburô Nobunaga Den-. Car l’autre passion de Tetsuo Hara sont les récits historiques. Quel meilleur personnage que Oda Nobunaga, premier unificateur du Japon, pour démarrer une nouvelle aventure ? En guise de cadeau, le mangaka nous offre la chance d’admirer un dessin original de ce nouveau titre qui, espérons-le, devrait arriver un jour chez nous.

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