Japanimation: les grands compositeurs… Yoko Kanno

Japanimation: les grands compositeurs… Yoko Kanno

L’animation japonaise, ce n’est pas uniquement des dessins très stylisés, des images hallucinantes et un montage ultra-cut, c’est aussi des compositions musicales renversantes. Comme au Daily Mars, on aime vous parler de ce qui nous tient à cœur, on ouvre aujourd’hui un dossier sur les compositeurs qui nous ont fait vibrer et voyager. Aussi à l’aise sur le format série que sur celui du film, ils ont signé des partitions et des mélodies qui ne nous quitteront plus jamais.

 

Yoko Kanno

 

ykCe nom, déjà. Yoko Kanno. Quatre syllabes et nous voici partis dans différents univers. Depuis 1985, elle nous régale de ses ambiances sonores, de ses thèmes si différents et pourtant toujours lyriques, toujours emphatiques (dans le bon sens du terme). Yoko Kanno, c’est la compositrice capable de nous faire dire que trop n’est pas assez.

Née en 1964, elle commence à composer pour les jeux vidéos en 1985. Ce n’est qu’en 1992 qu’elle s’attaque à l’animation, en arrangeant le thème finale de Porco RossoMais c’est réellement avec la bande-son d’Escaflowne et après être passée par l’univers de Macross Plus que l’on peut réellement admirer la « patte » Kanno : les grandes envolées lyriques, le mélange des genres. Ainsi, la voilà, à mixer choeurs lyriques et percussions, alors que s’affrontent des méchas médiévaux combattant à l’épée. Les violons sont particulièrements présents, comme ici, dans un morceau glaçant où d’une simple mélodie entrent voix et contrepoint.

 

 

Yoko Kanno est en même temps maitresse dans l’art d’introduire des ruptures mélodiques après un air simple, passant facilement de l’angoisse à une trame plus légère. La bande-son d’Escaflowne est un chef d’oeuvre, car on y a parfois l’impression que l’image est le clip du génie de Kanno. Mais l’anime est particulier en ce que la musique y prend un espace plus grand que dans la plupart des œuvres. La multiplicité des thèmes, qui parviennent pourtant à garder une unité musicale met la compositrice sur le devant de la scène. Les mélodies furent d’ailleurs joués par un orchestre philharmonique, celui de Varsovie, pour l’album. Le thème principal, Yakusoku wa Iranai est interprété par Maaya Sakamoto, qui collaborera à de multiples reprises avec la compositrice, notamment sur Wolf’s Rain et RaXephon. Il est a noté que son ex-mari, Hajime Mizoguchi, a travaillé avec elle sur la bande originale d’Escaflowne mais sera bien moins crédité.

Yoko Kanno est aussi très inspirée par les rythmes étrangers, qu’il s’agit des rythmiques africaines au début de Kiseki no yumi des Chroniques de la guerre de Lodoss (qui se transforme en un air louchant plus du côté des airs traditionnels nippons), où les chœurs restent encore assez présents, ainsi que les envolées lyriques, propres à son style de musique de fantasy. Mais c’est du côté du Nouveau Continent et de ses airs de jazz qu’il faut se pencher pour admirer un autre monument des bandes-sons, à savoir Cowboy Bebop. Cette fois-ci, l’action se passe dans l’espace, et si le genre est proche d’un western et des costumes européens, la musique toujours joué par l’orchestre philharmonique de Varsovie, le rythme donné est celui du jazz. Un amour de Kanno pour les cordes et les percussions permettent à la basse de rythmer toute la série. Une langueur et une nonchalance qui répond au personnage de Spike.

 

 

Cowboy Bebop est aussi la preuve de la versatilité de la musicienne, capable de passer du chant lyriques d’un Arcadia à des bruits de trompettes. Tout en gardant des chœurs de temps à autres, souvent une voix solitaire, en chant lyrique ou en mode grave et bluesy.

Sa musique sait aussi se faire discrète dans la bande-son de Card Captor Sakuraet si elle s’invite dans la série de Ghost in the Shell : Stand Alone Complexe, c’est dans Wolf’s Rain que l’on la retrouve avec bien plus de punch, plus proche tout de même d’un Cowboy Bebop que d’un Escaflowne : on sent la compositrice plus mûre, plus mature. Elle a vieillit et joue moins avec les envolées lyriques, pleines et très présente. Sa musique est plus découpée, plus douce et surtout plus discrète. Elle devient un peu moins mémorable aussi, malgré la richesse de certains thèmes. Mais là, on se souvient bien plus des airs chantés, Gravity, Stray, que des musiques en tant que telles.

 

 

Dans les années 2000, Yoko Kanno compose toujours, pour Macross Frontier ou Zankyo no Teroru. De plus, elle révèle en 2009 que Gabriela Robin, crédité comme chanteuse dans certaines de ses compositions n’est en fait… qu’elle-même. Ainsi l’air Moon dans Turn A Gundam. Elle composera aussi des chansons de soutien pour les victimes du tremblement de terre et du tsunami de 2011, notamment l’air officielle de la chaîne de télévision NHK.

Malgré une présence moins marquante ces dernières années, Yoko Kanno reste une figure des Original Soundtrack, par son côté complètement décalé et atypique, ses chants anglais, latins ou même français et surtout par sa capacité à ne jamais en faire trop tout en y allant allègrement dans la grandiloquence instrumentale. C’est joyeux, parfois bordélique, surprenant et surtout, elle est parvenue à emporter l’auditeur même avec de simples airs sifflés.

 

Le premier portrait, c’est par ici!

 

 

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