Japanimation: les grands compositeurs… Joe Hisaishi

Japanimation: les grands compositeurs… Joe Hisaishi

L’animation japonaise, ce n’est pas uniquement des dessins très stylisés, des images hallucinantes et un montage ultra-cut, c’est aussi des compositions musicales renversantes. Comme au Daily Mars, on aime vous parler de ce qui nous tient à cœur, on ouvre aujourd’hui un dossier sur les compositeurs qui nous ont fait vibrer et voyager. Aussi à l’aise sur le format série que sur celui du film, ils ont signé des partitions et des mélodies qui ne nous quitteront plus jamais.

 

Joe Hisaishi

 

Il y a des réalisateurs et des compositeurs qui, quand ils se trouvent, ne se quittent plus. Leurs univers se mélangent pour ne faire qu’un dans une oeuvre artistique d’une cohérence sublime. C’est le cas de Hayao Miyazaki et Joe Hisaishi qui ont échafaudé ensemble un univers unique du point de vue image et musique.

Mais revenons un peu en arrière, avant cette rencontre… 

Joe Hisaishi

Joe Hisaishi

Joe Hisaishi, de son vrai nom Mamoru Fujisawa, est un compositeur, chef d’orchestre, pianiste et parolier japonais possédant un grand éclectisme et une curiosité musicale sans bornes.

Avide de toutes sortes de mouvements musicaux, que ce soit le classique, la musique traditionnelle japonaise ou des courants comme le funk ou le rock progressif, il décide dès le début des années 70 de partager ses goûts variés avec ses contemporains.

C’est ainsi qu’il se lance dans les années 70 dans la production d’événements musicaux au Japon et donne de sa personne en se produisant sur scène pour des concerts à partir de 1975.

Concernant ses débuts dans le monde de l’animation, tout commence pour lui un an avant, en 1974, avec sa participation à Gyatoruzu en tant que compositeur des chansons et de la musique originale.

Cette adaptation animée du manga culte de Shunji Sonoyama est considérée par beaucoup comme une étape importante dans l’histoire du dessin animé asiatique.

L’idée de l’auteur était de démontrer que les humains vivants à l’âge préhistorique étaient plus heureux que ceux du XXème siècle, esclaves de l’industrialisation, de la technologie et ayant la fâcheuse tendance à toujours être pressés par le temps.

Cela va donner lieu à des épisodes fous et décalés où le compositeur va s’en donner à cœur joie.

Mais je vous laisse juger par vous-même avec cette vidéo.

Joe Hisaishi compose à cette période pour la série animée Robokko Beeton et, dans les années 80, pour Sasuga no Sarutobi (L’Académie des Ninja), Techno Police 21C, Moespada (Robotech) ou encore Futaridaka (A Plein Gaz).

Puis, un beau jour arriva où…

« Je suis arrivé dans une grande pièce, où il n’y avait rien en dehors d’une table, d’une chaise, et d’un bonhomme qui était assis-là, qui avait l’air un peu perdu. Il a commencé à m’expliquer l’histoire, les personnages, dans quel contexte l’ensemble allait se passer, et il s’est mis à parler avec passion pendant plus d’une heure. Il montait même sur sa chaise pour me faire des démonstrations de ce qui allait se passer ! J’étais vraiment fasciné, je le regardais et je me disais que c’était un type original. Voilà comment s’est passée notre première rencontre. »

Source : joehisaishi.net  

C’est ainsi que Joe Hisaishi parle de son premier tête-à-tête avec Hayao Miyazaki.

Hisaishi et Miyazaki

Hisaishi et Miyazaki

Cette collaboration entre le réalisateur et, depuis ce jour, son compositeur attitré va engendrer 10 films qui resteront à jamais gravés dans notre mémoire collective.

En 1984, Nausicaä de la vallée du vent (Kaze no Tani no Naushika) ouvre le bal pour le plus grand plaisir des petits comme des grands.

L’univers musical est posé. L’aventure peut commencer.

Prenons comme exemple sonore cette pièce musicale :

Le compositeur nous fait voyager en compagnie de thèmes plus mélodieux les uns que les autres, nous faisant traverser des chemins symphoniques aux arrangements tantôt sobres et tout à coup d’une complexité totalement maîtrisée. Un travail fantastique et très inspiré.

En 1997 dans cet extrait de Princesse Mononoke (Mononoke Hime), un thème unique se développe au gré des instruments qui l’interprètent et des variations que nous offre l’orchestration :

Ce titre est d’ailleurs devenu un grand classique, tout comme la bande originale du film dans son ensemble qui a été acclamée dans le monde entier dès sa sortie.

Comme nous pouvons l’entendre, les compositions de Joe Hisaishi sont une ode au mélange des cultures et des harmonies.

En cela il devient très intéressant d’écouter ce passage du Voyage de Chihiro (Sen to Chihiro no Kamikakushi), sorti en 2001, car il souligne très clairement les origines japonaises du maître, et ce pour la plus grande joie de nos oreilles.

Mais n’oublions pas que notre homme est aussi l’auteur d’un très grand nombre de génériques et de chansons, pour les séries et les films d’animation, comme ici dans Ponyo sur la falaise (Gake no Ue no Ponyo) avec ce morceau qui rend heureux et procure une envie irrésistible de chanter à tue-tête avec les deux interprètes !

1991 voit arriver sa collaboration avec Takeshi Kitano, un autre immense et atypique réalisateur japonais. par la sortie du film A Scene at the Sea (Ano natsu, ichiban shizukana umi).

Kitano et Hisaishi

Kitano et Hisaishi

Ce partenariat va permettre à Joe Hisaishi de montrer encore plus son éclectisme musical avec des sonorités traditionnelles, électroniques, orchestrales, jazz et minimalistes.

On peut l’entendre dans cet extrait de Sonatine sorti en 1993. Une composition plus expérimentale qui nous fait entendre une orgue synthétique avec des percussions plus traditionnelles.

Dans Kids Return (1996) il s’amuse comme ici avec des orchestrations aux sonorités typiques des synthétiseurs fabriqués par les firmes japonaises dans les année 90.

Notons enfin que sa carrière l’a vue participer à de nombreuses productions en tant qu’artiste solo, compositeur pour la pub ainsi que pour de nombreux films étrangers, dont Le Petit Poucet du français Olivier Dahan.

Il s’est même essayé au jeu vidéo avec Ni no Kuni en 2010 comme il nous l’explique dans cette vidéo saupoudrée de douces incartades musicales inspirées par la musique folklorique irlandaise.

Joe Hisaishi est un de nos plus talentueux artiste contemporain. Son esprit toujours ouvert sur le monde et ses sonorités diverses lui a permit de digérer et faire émerger son style unique.

Notre désir de connaitre ses prochains projets et d’écouter ses derniers travaux ne s’est jamais érodé durant toutes ces années. Bien au contraire.

La marque d’un grand homme, un immense compositeur.

  

Le portrait de Kenji Kawai c’est par ici et celui de Yoko Kanno par là.

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