Japanimation: les grands compositeurs… Kenji Kawai

Japanimation: les grands compositeurs… Kenji Kawai

L’animation japonaise, ce n’est pas uniquement des dessins très stylisés, des images hallucinantes et un montage ultra-cut, c’est aussi des compositions musicales renversantes. Comme au Daily Mars, on aime vous parler de ce qui nous tient à cœur, on ouvre aujourd’hui un dossier sur les compositeurs qui nous ont fait vibrer et voyager. Aussi à l’aise sur le format série que sur celui du film, ils ont signé des partitions et des mélodies qui ne nous quitteront plus jamais.

 

Kenji Kawai

 

402cbda648d57fa1830b0011724bd2a21d9e25c4Voilà bientôt trente ans que Kenji Kawai compose pour l’animation. Après avoir étudié à l’Académie de musique de Shobi, il rencontre Naoko Asari, un directeur musical qui le persuade de faire des bandes-son d’animes. Son premier travail, en 1986 sera sur la rom-com Maison Ikkoku (Juliette, je t’aime). Il propose un arrangement musical relativement sobre, à base de cordes essentiellement, mais qui parvient à dégager une certaine charge émotionnelle. Ce n’est que l’année suivante qu’il entamera une longue et fructueuse collaboration avec Mamoru Oshii. En 1987, le réalisateur sort The Red Spectacles, son premier film live et c’est Kenji Kawai qui s’occupe de la musique. Ses compositions prennent alors une toute autre dimension en arborant un style plus expérimental et contemporain. L’ambiance y est plus oppressante mais également plus 80’s, puisque apparaissent des cuivres et des synthés assez kitsch. Par la suite, on le retrouve sur les bandes-son des séries Mobile Police Patlabor et dans un tout autre genre, Ranma 1/2.

 

En 1989, plongeant un peu plus dans la SF avec le film Patlabor de Mamoru Oshii, Kawai apporte une réelle modernité à sa musique et creuse le sillon de The Red Spectacles en mettant en avant synthés et percussions pour une ambiance hypnotique et glaçante. Avec cette BO, il annonce l’une de ses œuvres majeures, Ghost in the Shell. Le duo Kawai/Oshii se suit alors durant de longues années puisque l’année suivante, ils se retrouvent sur un second projet live, Stray Dogs, puis de nouveau sur le second opus de Patlabor. Le style Kawai prend forme et s’articule autour de rythmiques marquées, de sons synthétiques et de chœurs dont on entend les prémices dans la musique de l’anime Blue Seed.

 

 

C’est en 1995 avec Ghost in the Shell et un Mamoru Oshii au sommet de son art que Kenji Kawai signe la bande-son la plus marquante de sa carrière. On peut même dire qu’elle a contribué à l’identité et au succès du film. Les chœurs qui s’élèvent du morceau Making Of Cyborg résonnent encore dans les têtes de tous ceux qui l’on entendu. La composition est aérienne, envoûtante et Kenji Kawai met les instruments traditionnels japonais au cœur de ses arrangements. Il oppose sons électroniques et voix plus organiques tout comme le film oppose cyber et humain. Le score de Ghost in the Shell est sans compromis et demeure encore à ce jour, une véritable pièce maîtresse dans l’œuvre de Kawai.

 

 

Trois ans plus tard, il s’illustre dans un tout autre genre pour les BO des films horrifiques Ring et Ring 2 de Hideo Nakata. Mais ne pouvant pas rester bien loin de son collaborateur de toujours, il retrouve Oshii pour Avalon, en 2001. Une fois encore, il met en avant des chœurs conquérants, évoquant l’inégalable Carmina Burana. Ses compositions oscillent entre grandiloquence et minimalisme avec un sens de l’orchestration toujours aussi renversant.

 

 

Depuis les début des années 2000, Kenji Kawai a multiplié les projets de bandes-son entre anime, jeux-vidéos et documentaire comme Apocalypse, La Seconde Guerre Mondiale. Il retrouve de nouveau Oshii pour Innocence, la suite de Ghost in the Shell dans lequel il étoffe les compositions déjà somptueuses du premier opus. On le retrouvera ensuite sur d’autres titres importants tel que Mobile Suit Gundam OO, Eden of the East, Fate/Stay Night ou encore Gantz. A ce jour, Kenji Kawai reste l’un des compositeurs les plus importants et les plus respectés de la japanimation. Il a su imposer son style au fil des années et compte parmi ses œuvres, l’une des meilleures bandes-son de l’histoire de l’animation japonaise. Chapeau, monsieur!

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