Jason Momoa : rencontre avec Conan le barbare

Jason Momoa : rencontre avec Conan le barbare

Dans l’imminente Games of Thrones, série HBO de 10 épisodes inspirée de la saga littéraire du Trône de fer de George R.R. Martin, Jason Momoa incarne Khal Drogo, seigneur du peuple des Dothrakis (à vos souhaits). Mais cet ex-mannequin bibelot de Baywatch occupe également les feux de la rampe pour le reboot particulièrement redouté/attendu, l’été prochain, de Conan le barbare réalisé par Marcus Nispel. Pour les cancres du fond :  Momoa y reprend, non sans un certain toupet, le rôle immortalisé par Schwarzy dans le classique de John Milius (oublions la suite Z de Fleisher). Jason était à Londres voici deux semaines pour la promotion de Game of Thrones. Impossible de ne pas en profiter pour partager quelques premières impressions sur le bonhomme qui lorsque Conan sera enfin dévoilé, se couvrira de gloire ou de ridicule.

Les journalistes présents au press junket organisé récemment à Londres par HBO pour découvrir les deux premiers épisodes de Game of Thrones ont été « amicalement » priés de respecter un embargo pour toute publication jusqu’à la diffusion américaine de la série (le 17 avril). Je suis donc censé ne piper mot sur les épisodes qu’il nous a été donné de voir (colossal production value, superbe casting, fulgurances gore et cul HBOstyle mais bon sang qu’est ce que ça jacte ! Quoi je peux non ?), ni sur les interviews de Sean Bean, Marc Addy, Emilia Clark, Harry Lloyd ou encore Nikolaj Coster-Waldau. Et donc je précise : ceci n’est PAS un post sur Game of Thrones mais sur Jason Momoa ! Et rien ne m’empêche de m’attarder un tout petit peu sur les impressions ressenties suite à notre rencontre avec Momoa, alias le monarque Khal Drogo dans la série. Je ne sais pas ce qui ressortira de son interprétation de Conan, mais dans Game of Thrones, Momoa se montre plutôt méconnaissable et impressionnant. Le genre über-barbare capable d’éventrer sans ciller un importun, tout en éructant un intimidant sabir klingo-style, le « dothraki ». Une langue dont les bases ont été jetées par George R.R. Martin dans ses livres et que les producteurs de la version télé ont du coup développée avec l’aide d’un expert linguiste de Berkeley, David J. Peterson.

La perspective de 20 minutes avec Jason Momoa, même en compagnie de six autres confrères autour de la table, suscitait un vague sentiment de crainte mêlée d’une pointe de résignation. On anticipe un échange réglé comme du papier à musique : l’armoire à glace bellâtre va sans doute culminer à deux neurones, peut-être trois ; Il débitera la proverbiale soupe promotionnelle dispensée aux journalistes au cours de ces tables rondes et tellement lisses auxquels on se presse malgré tout pour « en être » ; après cinq minutes d’échange sans relief où Jason s’exclamera à quel point il est heureux d’être content on risquera, en évoquant la suspicion suscitée par le reboot de Conan, l’oeil mauvais de l’artiste contrarié. Voire le pain dans la gueule allez savoir, c’est qu’il est balèze, ce con ! Ou, plus sûrement, un écran de fumée promo sur l’air de « je suis là pour vous parler de Game of Thrones, question suivante svp ». Hé bien tout faux !

De tous les acteurs réquisitionnés par HBO ce jour-là, Momoa se montrera finalement le plus étonnant. Momoa… mais d’où vient-il ce coco-là au fait ? Voyons voir, IMDB my love où es-tu… Ok, né en août 1979 à Hawai, sportif accompli (escalade,snowboarding, toussa…), deux enfants avec Lisa Bonnet, rôles « marquants » dans Alerte à Malibu et Stargate Atlantis, ancien mannequin, très engagé dans la vie associative à Hawaii… Bon… pas très rassurant. Il a 31 ans, Arnold en avait 34 au moment de son premier Conan, le bel âge donc… Du haut de son mètre quatre vingt quinze, le mastar tranche pourtant avec son image de cover boy sans aspérité par une totale spontanéité enfantine, une gouaille et une profusion de « fucks » et « shit » dans ses réponses qui tranchent avec la retenue de circonstance.

Pendant nos 20 minutes, le Jason fait le show, flirte outrageusement avec la consoeur mexicaine qui lui parle du pouvoir sexuel des femmes sur les hommes (coquine, va), revient longuement sur les heures interminables passées à apprendre ses lignes de dialogue en dothraki (« un croisement entre l’allemand et l’arabe »), nous explique que le tatouage sur sa cuisse… pardon son avant-bras droit, est en fait tiré d’un vers de Baudelaire (« Always get drunk »… ha bon il a dit ça Charles ?), répond à deux autres questions sur le personnage de Khal Drogo… Voix très mâle, ton rigolard, débit allegro… Physiquement il en impose, si ce n’est ses lunettes de geek à si gros carreaux qu’on en distingue à peine ses tous petits yeux verts. Il faut aussi détailler patiemment son visage pour repérer la longue balafre qui parcours son front au dessus de l’oeil gauche. Le souvenir d’une bouteille en verre fracassée contre sa belle gueule par quelque hystérique à L.A (on n’aura pas le temps d’en savoir plus), qui a bien failli lui coûter le cristallin. Bref, le coco Momoa ne passe pas inaperçu et, après avoir laissé passer quelques questions sur Kahl Drogo, bibi prend son courage à deux mains pour celle qui fâche :

 

Jason au naturel. Petites lunettes, petit bouc, belle gueule quoi ! Mais la gueule de l’emploi pour Conan ? Moins sûr…

On a dû déjà vous le demander plusieurs fois, mais après deux rôles aussi proches que Conan et Khal Drogo, vous n’avez pas peur d’être catalogué par la suite ?
Non, on ne me l’a jamais demandé parce que ce serait très malpoli (un ange passe… Jason a l’air de plaisanter… ou pas ? J’enchaîne…)

Les journalistes sont très malpolis en général, vous ne saviez pas ?
(il se marre). Ha ben tout s’explique alors ! Pour Conan et Kahl, ce n’est pas une coincidence, c’est le même directeur de casting qui m’a engagé sur Game of Thrones et Conan. En fait, j’ai d’abord tourné le pilote de Game of Thrones, grâce auquel j’ai décroché le rôle de Conan. Puis j’ai tourné Conan et ensuite le reste des épisode de Game of thrones. Ce sont deux personnages très différents. Conan est presque séduisant, roublard, c’est un pirate, un brigand qui ne roule que pour lui. Kahl est un personnage plus ample, c ‘est un roi, c’est le sauvage badass ultime. Il y aussi davantage de choses à découvrir avec Kahl, un guerrier à la tête de plusieurs milliers d’hommes qui va finir par tomber amoureux de Daenerys Targaryen (offerte par son propre frère Viserys à Kahl, en guise de récompense pour l’aide de ce dernier dans la reconquête du trône des Sept COuronnes – ndJP) après l’avoir violée. (et Momoa de se tourner vers la consoeur mexicaine toute émue : « mais ne t’inquiète pas chérie, ce n’est pas parce que je l’ai violée une fois que je la viole pendant toute la série ! Kahl est aussi très calin ! ». Rires dans la salle et je précise qu’à ce moment-là, Momoa est totalement dans le second degré déconneur, rien de lourdingue, la journaliste est la première  à se bidonner).

Avez-vous conscience que les fans du film de Milius sont inquiets sur la qualité de ce reboot et votre crédibilité dans le rôle de Conan ?
Il va falloir qu’ils oublient le premier film, on a totalement fait l’impasse sur les films avec Schwarzy, on s’est davantage concentré sur le personnage créé par Robert E Howard et les illustrations de Frazetta. Je préfère utiliser cette base et mon imagination plutot qu’un film des années quatre vingt pour m’aider à créer ce personnage. Quant aux reproches du genre « Il n’a pas la carrure pour jouer Conan », je répondrai que même si j’ai pris plus de treize kilos de muscle, je pense que de toute façon le personnage de Conan n’est pas un culturiste, c’est un brigand ! Sa musculature, il ne la doit pas au fait de soulever de la fonte, elle est le produit de son environnement, de sa lutte pour la survie en tant que chasseur et du maniement de l’épée. On joue sur son agilité plus que sur le muscle brut et je pense qu’on est en cela plus fidèle au Conan d’origine que ne l’était le film de Milius. Ce film n’est absolument pas un remake du premier Conan, rien à voir, on raconte de nouveau les origines du personnages mais d’une façon totalement différente.

Vous avez déjà rencontré Schwarzenegger ?
Non jamais, et je n’ai jamais vu ses Conan non plus d’ailleurs. Mais j’adorerais rencontrer Arnold, il est un Dieu pour moi.

Ce nouveau Conan le barbare sera-t-il classé R ?
Putain j’espère bien que oui ! Ca sera la honte pour moi si il est classé PG13. Dites aux français qui doutent qu’ils vont adorer ce Conan là. Garde la foi mec !

Voilà ! Je n’ai pas vraiment été plus avancé (ni vous non plus je sais), mais au moins j’ai survécu ! Il me semblait d’ailleurs qu’aux dernières nouvelles, le Conan le barbare de Nispel serait classé PG13 mais dans l’incertitude, je n’ai pas relancé. D’autant que les minutes passaient, que nous étions totalement hors sujet et que mes confrères s’impatientaient pour poser leurs questions à leur tour. Momoa a reconnu lui-même en revanche que, niveau sexe, « Conan n’arrivera pas à la cheville de Game of Thrones », ce qui indique une orientation clairement plus grand public que la version de Milius. Je reste très pessimiste sur le film sans aucun doute, mais Jason Momoa a cependant plutôt réussi son examen de passage ce jour-là avec les journalistes, par son humour, sa décontraction et sa « narfout' » attitude (je viens tout juste de me rappeler de cette expression, « narfout' », comme dans « narfout’ du match OM/PSG », lointain souvenir de mes classes à Tulles en 1996. Mais on s’en fout Higgins, donc passons…). Et rappelons sa prestation très convaincante dans les deux premiers épisodes de Game of Thrones dont le résultat final, souhaitons le, ne nous laissera pas à fond de Kahl. Oui c’est tout ce que j’ai en boutique pour le moment.

Game of Thrones : 10×52′ à partir du 17 avril sur HBO. Diffusion courant juin sur Orange Cinéma Séries.

Pour en savoir plus sur la saga Le Trône de fer : lien wikipedia

 

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