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John Carpenter’s The Thing : le remake arrive. Et là je dis halte

John Carpenter’s The Thing : le remake arrive. Et là je dis halte

Bonsoir désert virtuel, ici John Plissken qui te parle. Putain, j’ai les bouloches. C’est officiel : The Thing, chef d’oeuvre indestructible de John Carpenter, va faire à son tour l’objet d’un remake. Ha ben là c’est parti, quoi, z’ont même trouvé un réalisateur, comme l’a révélé le site Bloody disgusting, information confirmée par Variety.

Le réalisateur, donc, il se blase Matthijs van Heijningen Jr. et vient de la pub. Le scénario de cette production Strike Entertainment pour Universal a beau être signé par Ron Moore (oui, le génial showrunner de Battlestar Galactica), je ne peux m’empêcher de repenser à l’impitoyable succession de navets auxquels ont donné lieu chaque remake récent des fleurons de Carpenter : Fog, Assaut sur le central 13 et Halloween… Alors qu’un remake de New York 1997 est aussi dans les tuyaux me semble-t-il, The Thing sera-t-il une purge ou une bonne surprise ?

Plutôt que de me faire des noeuds à l’estomac, je préfère raviver les souvenirs précieux que je dois au grand John….

Je ne sais pas si je vous en ai déjà causé, bande de truites cuites, mais je voue un culte (et le vouerai sans doute jusqu’à mon dernier souffle) fidèle et passionné à John Carpenter depuis mon enfance. Je me souviens encore de l’ouvreuse suspicieuse du cinéma où mes parents nous avaient emmené voir, les frangins et moi, un beau soir de 1981, New York 1997.

Ca sentait le soufre et les douilles dés l’entrée de la salle, interdite aux moins de treize ans alors que je n’en avais guère plus de dix (et mes frangos alors, je te raconte pas). Je ne sais par quel stratagème (peut être la promesse à la dite ouvreuse d’un frottis gratuit que sais je), mon père gynécologue (le meilleur du monde, mais ceci est une autre histoire) avait convaincu la rombière de nous laisser entrer malgré nos âges impropres à la consommation de New York 1997.

Sans avoir la moindre idée du nom du réalisateur, j’ai le souvenir d’un choc instantané et absolu pour ce film. Ce putain de générique et son thème inoubliable aux synthés, la voix off de la VF clôturant le résumé introductif (« La règle est simple : une fois qu’on y est entré, on n’en ressort plus »), le Duke, la nuit permanente, la violence, New York en ruines aux rues truffées de cintrés, Ernest Borgnine crâmant du « crazies » au cocktail Molotov et bien sûr…. Snake Plissken. Son bandeau, son treillis, son mega flingue, son interprète (Kurt Russel forever), sa lose magnifique… Jamais je ne me suis remis de ce film.

Quatre ans plus tard, second choc : le visionnage de Halloween en vidéo, vers la fin de mon année de 3e, en 1985. Le choc, je vous dis ! Jamie Lee Curtis, Donald Pleasence et son imper, le psycho killer Michael Myers, un suspense à se ronger le moignon et là encore la musique, ce sacré bon sang de thème au piano synthétique et l’envie de revoir le film illico à peine le générique de fin entamé…

Un an plus tard encore, troisième acte : Assaut, dévoré un soir suffocant de juin 1985 sur Canal +. Le thème d’ouverture, l’attaque du commissariat, le riot gun lancé en l’air par Wilson et rattrapé en plein vol par Bishop avant de cracher la mort sur les assaillants, les patates, Laurie Zimmer… Le choc a fait place à l’excitation incontrôlable et la prise de conscience pour la première fois, à 15 ans, qu’un même génie a engendré New York 1997, Halloween et Assaut : John Carpenter. Son nom claque comme un mange poussière au vent dans Il était une fois dans l’Ouest. Il sera le héros de mon adolescence. Ma cinéphilie prend son envol, propulsée par la lecture avide de Starfix…. qui justement encense mon John à chacun de ses films !!!

Les sorties en salle des Aventures de Jack Burton, de Prince des ténèbres et Invasion Los Angeles ont illuminé mes années de 2nde, 1ère et Terminale comme autant d’événements détonateurs de surexcitation et surenchère de superlatifs juvéniles. Et lorsque Valérie G m’envoya sèchement bouler après ma déclaration d’amour, devant notre lycée par un sinistre après midi ensoleillé de mai 1988, je me souviens avoir trouvé ce jour là autant de réconfort chez mon pote Iannis que dans la réception de la carte plastifiée du John Carpenter Fan Info Club ! Ok, les narquois, balancez les vannes, bring it on…

Je l’ai rencontré, le Johnny C. Deux fois. La première, en janvier 1995, lors de la première édition du festival du film fantastique de Gérardmer. J’étais en licence de journalisme au Celsa et j’avais choici à dessein La Liberté de l’Est, à Epinal, comme quotidien régional pour mon stage de janvier/février. Pour la notoriété du titre ? Naaaaa… Je savais simplement que, à quelques kilomètres seulement d’Epinal, John Carpenter serait présent au festival de Gérardmer, où son nouveau film, L’Antre de la folie, serait par ailleurs projeté hors compétition. Impensable pour moi de rater cette occasion unique de rencontrer mon idole en chair et en os. Fallait être motivé pour aller se refroidir les miches deux mois dans les Vosges en plein hiver…

Prétextant au débonnaire attaché de presse du film une interview pour La Liberté de l’Est qui ne parut jamais, j’ai vu John Carpenter. Je lui ai parlé, posé des questions, serré la main, pris en photo… sur son nuage le Plissken ! Oubliées, les engelures aux doigts et les retours à pince dans ma triste chambre à l’IUFM d’Epinal les nuits de bouclage ! Là encore, un souvenir gravé là.

J’ai rencontré Carpenter une seconde fois, en 2001, de façon un peu plus professionnelle, pour une interview lors de la promotion de Ghosts of Mars. On me l’avait annoncé très malade, mon héros, genre crabe du derme, il l’était sans doute, ou bien guéri depuis je ne sais guère, mais je l’ai trouvé aussi alerte et passionnant qu’en 1995.

Autant te dire, mon larron, que même si Carpenter a perdu de sa superbe depuis quelques temps, il ne risque pas de si tôt d’être délogé du petit autel virtuel que mes neurones radioactifs lui ont érigé depuis 25 ans.

Il parait qu’il a un projet de film avec Nicolas Cage, j’en ai même parlé ici me semble-t-il. Pour être honnête je n’ose plus trop espérer un retour en grâce de mon héros. Mais, à travers tous les remakes (hélas bien pourris) que ses films inspirent depuis peu, je réalise à quel point ce sacré monsieur, qui a connu des bides cinglants avec la majorité de ses bijoux, a pourtant marqué les mémoires.
Alors, Dieux du fantastique, faites que The Thing nouvelle mouture ne déshonore pas trop son modèle, faites que Carpenter nous ponde encore ne serait ce qu’un bon film avant de raccrocher pour de bon. Quoi qu’il advienne, ma position ne changera jamais et tiens en quatre mots : merci John, pour toujours !

End of transmission…
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