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« John meurt à la fin » : l’attaque de la sauce soja !

« John meurt à la fin » : l’attaque de la sauce soja !

Note de l'auteur

johnL’histoire : Imaginez un monde parallèle au notre, un monde de créatures cauchemardesques, bref, de ce que l’on croit ici être des monstres, des fantômes… qui tentent de nous envahir! David a maintenant accès à ce monde, tout comme son meilleur ami, John. Ils ont en effet ingéré, malgré eux, de la « sauce soja », une substance brune et visqueuse, et même vivante ! Une sauce qui a exacerbé leur sensibilité à cet « autre » univers.

Les voilà prisonniers d’un réel qu’ils auraient préférés ne pas connaitre et pourchassés par des créatures innommables. David doit survivre à tout ça, tout en supportant les sempiternelles blagues de John sur… la taille de son pénis. Quand ce dernier n’est pas occupé à tenter de sauver l’univers. Bienvenue dans « John meurt à la fin » de David Wong.

Mon avis : Une véritable réussite! Bon, il existe un côté vraiment foutraque, et au début, on ne sait vraiment pas dans quelle direction se dirige l’histoire. En effet, le récit, écrit selon le point de vue de David, mélange rêveries, voyages dans le temps, ellipses narratives et trous de mémoires. Pourtant, l’auteur parvient à garder un tronc narratif stable et sait où il nous emmène.

La vraie surprise est celle du ton du livre, qui mélange comique et horreur. Au départ, tout est très léger, David est vraiment en décalage par rapport à ce qui se passe autour de lui. Puis, peu à peu, le malaise s’installe, le ton devient par moment plus dramatique, plus triste et plus sérieux. Et on se retrouve alors vers minuit chez soi, le coeur battant, et n’osant plus regarder dans un miroir. De plus, si l’idée de base semble assez convenue, les personnages la font vivre de façon originale et avec une mauvaise foi patentée.

David Wong réussit le double pari de nous faire rire et de nous faire peur. Il utilise des mots crus et un humour parfois grotesque et gras pour contrebalancer morts et attaques sauvages. Peur aussi, car les monstres qu’il décrit ne sont jamais vraiment définis : ce sont les mêmes que l’on pensait voir quand on était petit. Il y a du punch, de l’action, des bons mots et des chansons nazes (mais drôle. Genre « Holocauste de Chameau ». Oui.)

Movie-Review-John-Dies-at-the-End

L’affiche du film réalisé par Don Coscarelli

Si vous aimez : Bad Monkeys de Matt Ruff, avec un ton cru à la Stephen King, matiné de monstres lovecraftiens, au hasard, Cthulhu.

Autour du livre : David Wong est le rédacteur en chef du site cracked.com. Il a commencé à publier des chapitres de « John meurt à la fin » sur le web, en libre accès et extrait par extrait. Le premier chapitre a été mis en ligne en 2001. L’histoire fut publiée trois ans plus tard sous forme papier, avant d’être adaptée au cinéma par Don Coscarelli en 2012. Le film a d’ailleurs était vu au  PIFFF 2012 par un John Plissken, pas convaincu, et par Docteur No, bien moins catégorique.

Extrait : « La femme semblait dans les vapes. Alors que son mari lui demandait comment ça allait, elle hocha la tête, puis attrapa calmement son bras droit avec sa main gauche et l’arracha de son épaule. Il y eut un bruit de succion – comme quand on détache la patte d’une dinde de Thanksgiving – mais aucun jet de sang. La blessure fut immédiatement bouchée par une fine couche noire de sauce soja.

Elle retourna tranquillement à la fontaine, portant son bras en toute décontraction, comme un parapluie, sous le regard sidéré de son mari. J’entendis John asséner deux nouveaux coups de chaise.

Une autre victime se convulsait à côté de nous comme un épileptique. Ses jambes finir par se décrocher du reste de son corps et se mirent à filer comme deux serpents de polyester géant avec des chaussures à la place du visage. Une tête attachée à un bras les suivait, mordant et grattant le tapis avec fureur.

J’eus l’impression qu’on avait un peu perdu le contrôle de la situation. »

Sortie : le 16 octobre 2014, à Super 8 éditions, 20 euros.

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