Joseph Malerba : « Braquo, un vrai changement dans ma vie »

Joseph Malerba : « Braquo, un vrai changement dans ma vie »

Joseph Malerba, alias Walter Morlighem. © Tibo & Anouchka / Capa Drama / Canal+

Joseph Malerba, alias Walter Morlighem. © Tibo & Anouchka / Capa Drama / Canal+

Dans le rôle de Walter Morlighem, il s’impose grâce à un regard sombre et une mâchoire serrée qui ne se dessert pas souvent. Dans la vie, Jospeh Malerba, son interprète, est bien différent. Rencontre avec un comédien surprenant à plus d’un titre.

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Daily Mars : Comment avez vous vécu cette saison, alors que Walter est plutôt discret ?

Joseph Malerba : « Walter est en back up en permanence. Il est très présent, mais il n’est pas vraiment protagoniste, dans le sens où il n’est pas au centre de l’action. Il ne l’a d’ailleurs jamais été »

D.M. : En saison 1, un peu plus, quand même…

J.M. : « En saison 1, un peu plus, c’est vrai. Ca ne l’empêche pas d’être très présent cette année. Le groupe s’est reformé, il faut donc qu’il se ressoude et il est là. Plus à côté de Caplan que derrière. Il va avec lui. (ATTENTION SPOILER) A un moment pourtant, dans l’épisode 7, il y a une vraie dispute entre eux deux. C’est ce qui précipite une fin de saison très tendue. Une fin de saison qui fait que l’on se demande ce qui va leur arriver, et qui s’appuie sur un ressort vraiment tragique, puisque les événements vont donner du relief à cette dispute. En un sens, le public va effectivement s’apercevoir que Walter aurait mieux fait de s’écouter plutôt que de suivre son coeur (ATTENTION SPOILER) ».

© Tibo & Anouchka / Capa Drama / Canal+

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D.M. : Il suit son coeur et aussi son chef…

J. M. : « Il ne suit pas Eddie parce que c’est son chef. Il le suit parce que c’est son ami. Ils se connaissent depuis vingt ans : à ce niveau-là de leur relation, ce n’est plus tellement une question de hiérarchie. Il n’en est jamais question, d’ailleurs. Tous les deux se parlent toujours d’homme à homme. Ici, on est vraiment dans un rapport de fraternité ».

D.M. : Pour vous, qui est Walter Morlighem ?

J.M. : « Je dirais pas qu’il a la poisse… mais on ne peut pas dire non plus qu’il a la baraka. Sa particularité, dans le monde de Braquo, c’est le seul qui a une famille. Il a une femme que l’on ne voit plus, il a ses deux enfants et il essaie de tenir son rôle de père, tant bien que mal. Plutôt mal que bien, d’ailleurs, puisqu’il ne voit pas grandir sa fille. Celle-ci est en train de devenir une jeune femme sans qu’il ne s’en soit aperçu. A un moment, dans la saison, il en prend conscience d’un coup. Façon « Ah ouais : d’accord ». »

D.M. : C’est le personnage dont la fragilité, l’humanité, ressort le plus à l’écran. A cause de cette famille, qui est une raison d’espérer dans un univers super sombre…

J.M. : « On lui rappelle souvent, qu’il a cette famille. C’est la raison qui le fait aussi freiner, parfois. (ALERTE SPOILER) La fin de la saison 3 tourne autour de ça et devrait donner un début de saison 4 intéressant (sourire)« . (FIN ALERTE SPOILER)

D.M. : Puisque vous parlez de la suite, projetons-nous dans l’avenir. A votre avis, comment doit finir Braquo ?

J.M. : « Accompagner ce rôle depuis trois saisons, c’est magique. Braquo, c’est d’abord l’histoire d’un homme, Eddie Caplan, dont on ne sait que peu de choses, au bout du compte. En saison 3, on évoque son passé mais on n’apprend cependant pas grand-chose. C’est le genre de gars qui semble sortir d’une génération spontanée. Je trouve ça intéressant parce que cela n’empêche pas d’être intrigué par ce genre de personnages. En fait, l’opacité, c’est un peu comme le vide : ça attire ».

© Tibo & Anouchka / Capa Drama / Canal+

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D.M. : Il y a des moments où il est tout de même difficile de le comprendre. Après l’attentat contre Théo, il fait comme s’il passait vite à autre chose. Très vite…

J.M. : « Il prend sur lui d’être plus fort que la mort ».

D.M. : Du coup, on a l’impression que cela n’affecte plus que Roxane…

J.M. : « Parce que c’était vraiment son binôme. D’un côté, on a Morlighem et Caplan, et de l’autre, Roxane et Théo. Le groupe existe par ces deux binômes. Donc obligatoirement, c’est Roxane qui souffre le plus de sa disparition. Elle se retrouve orpheline ».

D.M.: Et donc, la fin de Braquo : pour vous, l’histoire doit-elle forcément se terminer mal ?

J.M. : « On est vraiment dans la tragédie. Avec des gens qui sont en train de subir le destin. C’est ce que les Grecs appellent le fatum. Quelque chose qui nous dépasse. Toute la série tourne autour de la façon dont le groupe et chacun de ses membres fait face à tout ça. De mon point de vue, ces questions seront sans doute au coeur du final ».

D.M.: Y a-t-il eu un avant et un après Walter, dans votre carrière ?

J.M. : « Pour moi, il y a eu un avant et un après Braquo, c’est sûr. Olivier Marchal (créateur de la série, NDLR) m’a vraiment vu là-dedans. On s’est rencontré par hasard. En 2007, j’ai décidé d’écrire un scénario, j’étais au fond du trou. J’ai envoyé la deuxième version à gauche à droite. A l’époque, comme c’est très sombre, ça n’intéresse personne. Je l’envoie à une connaissance commune, qui l’a passé à Olivier. Olivier l’a lu et m’a rappelé, alors que je commençais à ressortir la tête de l’eau. Il m’a dit « C’est sombre, hein » (rires). Là, je lui ai proposé de manger ensemble : c’est là qu’il m’a parlé de Braquo. J’ai fait des essais et j’ai été retenu. Ca a été un vrai changement dans ma vie. Un changement d’autant plus beau j’aime l’artiste et l’homme qu’est Olivier Marchal… on en revient au fatum, finalement. A quelque chose qui nous dépasse ».

ET SINON…

Un film culte

« All that Jazz », de Bob Fosse. Avec Roy Sheider. Un petit chef d’oeuvre. Le destin d’un homme, qui lutte contre un cancer du poumon. Encore et toujours.

Un héros

« Spiderman. Il y avait Rahan, avant. Quand j’étais jeune, j’étais fan de Pif Gadget. Et des comics Marvel ».

Un livre

« Le besoin de consolation est impossible à rassasier », de Stieg Dagerman. Vous allez me trouvé triste, je pense (rires) »

Un album

« Live at Montreux, de Deep Purple. Mais j’aime beaucoup Led Zeppelin, aussi. Et… Melody Gardot ».

Un autre métier

« J’aurais aimé faire du droit. Être avocat. A cause de tout ce qui tourne autour de la rhétorique. Pour moi, les grands plaideurs sont spectaculaires. Je joue dans la Loi de Barbara, une série judiciaire avec Josiane Balasko sur France 3… mais je suis l’accusé. Sinon, gangster, ç’aurait pu être pas mal ».

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