JOUR 2 : Le journal d’une Berlinale de Jane McClane

JOUR 2 : Le journal d’une Berlinale de Jane McClane

En ce moment Berlinale

Allemagne. Année 2015. Berlin.

Un festival, un froid polaire, Jane MacClane en mission cinéma.

JOUR 2 – Grêle, froid et cinéma

La Berlinale c’est l’occasion de voir des films mais aussi de perdre l’usage de ses membres rongés par le froid. Heureusement il faut pratiquer la technique des couches, chaque jour rajouter un pull ou un T-shirt et prier pour que votre corps tienne le coup dans les longues files d’attentes de la Berlinale.


cdn.indiewire-1Aujourd’hui le programme s’annonce chargé, trois films et pas des moindres. Notre matinée commence avec le dernier film de Werner Herzog, Queen of the Desert, avec un gros casting : Nicole Kidman, Robert Pattinson, Damian Lewis et James Franco. C’est une sorte de Lawrence d’Arabie au féminin qui met en scène Joséphine Bell, femme émancipée du début du XXème qui désire parcourir le désert et apprendre de l’autre, de l’étranger. Après Nobody Wants the Night, voilà un second film où le protagoniste est une femme forte qui entreprend un voyage contre les avis masculins qui l’entourent. On assiste à la mise en place d’un film grandiose et épique qui s’annonce  assez formidable, costumes, décors, lumière tout est là. Hélas la magie n’opère pas à 100% et l’on ne sort qu’à moitié convaincu du film. Les acteurs (James Franco et Damian Lewis) ont l’air un peu perdus dans cette impressionnante fresque historique et Robert Pattinson brille par sa mono-expression continuelle et son costume ridicule du fameux T. E. Lawrence. Une question continue à m’habiter cependant, quel âge peut bien avoir Nicole Kidman, femme à la peau la plus lisse du monde, et, accessoirement, se nourrit-elle de sang de jeunes vierges pour conserver son teint parfait ?cdn.indiewire
Pour ce qui est de l’ensemble du film : on reconnaîtra une légèreté et un certain humour dans les dialogues et la mise en scène qui permettent au spectateur de respirer pendant ces 2 heures malgré un rythme assez inégal.
Bref, c’est sympa mais ça casse pas trois pattes à un canard berlinois.

Nous ne sommes pas déjà sorties dans le froid qu’il faut déjà refaire la queue et le vent souffle très très fraîchement (c’est le moment où on ne sent plus ses oreilles si on a oublié son bonnet, ce qui est le cas) et il faut attendre. Les portes rouvrent et là c’est le drame, il faut résister aux assauts des grosses Allemandes mal élevées qui nous poussent dans la file d’attente. Après deux trois feintes pour semer les grosses fraulein, nous voilà de retour dans le Friedrichstadt Palast et ses sièges du goulag.

B7Y0fc_CYAEGufyLe deuxième film c’est 45 Years d’Andrew Haigh, le réalisateur du très acclamé Week-End. Un couple, Charlotte Rampling et Tom Courtenay, s’apprêtent à fêter leur 45 ans de mariage lorsqu’une information concernant leur passé vient bouleverser leur quotidien. C’est un moment de vie intimiste et touchant auquel on assiste ici. le rythme semble poussif et finit par nous emporter vers des moments de grâce due à la sublime Charlotte Rampling. L’avis est donc plutôt positif pour ce film.

Deux spectateurs de la Berlinale vraiment très en forme.

Deux spectateurs de la Berlinale vraiment très en forme.

Un problème s’impose à moi dans le bilan de cette demi-journée, la fatigue me gagne et le sommeil vient très facilement. Un débat (digne de celui de la poule et de l’œuf) naît en moi, ai-je envie de dormir car les films ne sont pas de qualité, ou les films ne sont-ils pas de qualité parce que je dors ?
En tout cas, ce qui est sûr c’est que je lutte.

Certains autres ont l’air d’avoir trop fait la fête hier (quand je vous disais que soirées et projections ne faisaient pas bon ménage).

Après cet enchaînement doublé il nous faut surtout nous restaurer, on ne soulignera jamais assez l’importance de vivre une séance le ventre plein. Merci aux superbes boulangeries-cafés de Berlin, sponsors officiels de la gourmandise de Jane MacClane.IMG_6200

Le dernier film n’est pas des moindres. On parlait hier d’ascenseur émotionnel, aujourd’hui nous sommes au niveau the-diary-of-a-teenage-girl-image+10. The Diary Of a Teenage Girl est une sacrée claque qui nous emporte vers un univers merveilleux, où l’adolescence est reine. Adapté du roman graphique américain du même titre de Phoebe Gloeckner, le film de la jeune réalisatrice Marielle Heller nous emporte et vient se placer en haut du podium temporaire qualitatif de notre Berlinale (pour le moment, il reste encore deux jours ne l’oublions pas). L’histoire est simple, 1976, San Francisco, Minnie, 15 ans, se découvre et tente de grandir au milieu d’une période de libération sexuelle et sociale.

diary-of-a-teenage-girl-Sundance-stark-insiderPetit cousin des Ghost World et American Splendor, il rend hommage au monde du comic book américain et nous parle de l’adolescence féminine avec une justesse rare. Les modes de créations sont mélangés : dessins, animation, film. Ce mix nous entraine dans un monde où l’imaginaire vient au secours des angoisses de jeunesse. C’est une sorte de capture des émotions explosives qui nous habitent à cet âge là. Jamais moralisateur, ni dans le jugement de ses personnages, The Diary of a Teenage Girl convainc par sa réalisation maligne, son casting formidable (Bel Powley, Kristen Wiig, Alexander Skarsgård, Christopher Meloni) et sa musique so 70’s (coucou Iggy, coucou Lou Reed !).

Marielle Heller, Bel Powley et l'équipe de The Diary of a Teenage Girl

Marielle Heller, Bel Powley et l’équipe de The Diary of a Teenage Girl

Le film se termine, la lumière se rallume, c’est le moment de rencontrer l’équipe du film. Je me dis qu’en fait j’ai déjà hâte de le revoir (et de lire la BD aussi).

Nous sortons, le temps s’est radouci alors qu’il fait nuit. Ce pays est fou.

Le sommeil commence à cruellement manquer, le café sera servi en intraveineuse dès demain, Mesdames et Messieurs, car la journée s’annonce très rude.

La Berlinale, je vous le répète, c’est vraiment très sympa.

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