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Jour J – Lune rouge – 1984 : les dissidents de la République socialiste d’Europe sont déportés sur la Lune de Duval, Pécaud et Ponzio

Jour J – Lune rouge – 1984 : les dissidents de la République socialiste d’Europe sont déportés sur la Lune de Duval, Pécaud et Ponzio

Note de l'auteur

Oubliez vos cours sur la Guerre froide, les cocos dominent le monde et l’espace. L’étoile rouge brille un peu partout en 1984 avec un combo détonnant asservissement de l’homme par l’homme et mafia légalisée. Un peu plus près des étoiles, difficile d’échapper à ces deux tarentules extrêmement venimeuses. C’est ce que vont essayer de faire une gratte-papier et un bandit de petits chemins.

L’histoire : Bientôt 60 ans que l’Union des républiques socialistes d’Europe vit sous le joug de l’URSS. Cette dernière a même devancé son ennemi américain pour la conquête du satellite de la Terre. Elle tire sa richesse de l’hélium 3 dont la Lune regorge et qui remplace les énergies fossiles. Sauf que le procédé requiert pas mal de main d’œuvre. D’où l’intérêt de se servir des zeks, des prisonniers du Goulag. Babette Goss, ex-journaliste, et Félix Ardan, contrebandier, sont embarqués dans ce voyage incroyable. Sauf que là-haut, c’est un monde encore plus totalitaire qui existe.

Mon avis : Passionnant et oppressante. Un des meilleurs, si ce n’est le meilleur, tomes de cette série revigorante et uchronique. Pour ce 37e opus, on part d’une idée un peu incongrue. L’URSS domine le Vieux continent et la conquête spatiale qui fut l’un des points plus que chauds de la Guerre froide. Ce qui en fait la première puissance mondiale bien assise sur le magot de l’hélium 3, le nouveau pétrole. Pour assurer sa domination, le bloc soviétique utilise un système mi-concentrationnaire, mi-mafieux.

L’avantage du totalitarisme, c’est qu’il se reproduit à l’infini. Ce qui a fonctionné du point de vue du pouvoir sur le plancher des vaches est copié-collé dans l’espace. Les prisonniers ne savent souvent pas pourquoi ils sont condamnés à ces camps de travail. Ce qui donne parfois quelques savants et fins dialogues.

C’est très bien écrit. Rien d’étonnant avec la doublette Duval – Pécaud aux commandes. Deux fins connaisseurs de la grande Histoire et qui savent parfaitement la contredire pour nous offrir des récits captivants. Tiens, et si tel événement ne s’était pas déroulé ainsi… Loin du complotisme béat, juste l’Histoire qui aurait pu s’écrire autrement que celle que nos ancêtres et nous-mêmes avons vécue.

Scénario léché, dessins qui nous rappelle certains jeux vidéo tel Blade Runner, rythme endiablé, que du bonheur pour cette entrée en matière plus qu’appétissante mais loin d’être rassasiante.

En accompagnement : L’Internationale en version russe, ça claque plus.

Si vous aimez : Histoire du Goulag de Juliette Cadiot et Marc Elie.

Autour de la BD : c’est un joli clin d’œil au tome fondateur de cette série Les Russes sur la Lune avec simplement Jean-Michel Ponzio, dessinateur prolifique, qui remplace Philippe Buchet. Deux autres opus sont prévus pour constituer un triptyque.

Extraits : « Tu sors d’où, toi, beau brun ? »

« Félix Ardan, c’est mon premier voyage sur la Lune. »

« Moi aussi, mais ça ne m’empêche pas de reconnaître un Vor lorsque j’en vois un. »

« Un quoi ? »

« Un Vor, un voleur dans la loi, la mafia russe, mais d’où tu sors ? »

« De Belgique, j’étais contrebandier sur la mer du Nord. Je faisais du trafic entre l’Angleterre et la République socialiste des Flandres. (…) Tu en connais un rayon, dis-moi ! »

« Normal, j’étais journaliste ! »

« Et pourquoi te retrouves-tu ici ? »

« Normal, j’étais journaliste ! »

Écrit par Jean-Pierre Pécau et Fred Duval
Dessiné par Jean-Michel Ponzio
Édité par Delcourt

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