#Critique Jour J Mai 68 de Duval, Pécau, Mr Fab, Damien

Note de l'auteur

Mai 1968, le mois de tous les possibles. Du moins pour les scénaristes de cette excellente série d’uchronies que constitue Jour J. 50 ans après, deux scénarios. L’un où l’imagination a pris le pouvoir mais pas totalement, l’autre où De Gaulle trouve la mort en allant à Baden-Baden et où la France tombe dans la guerre civile qui devient mondiale. Bluffant.

L’histoire : Acte I : Mitterrand, Chirac, Dany le rouge… sont au pouvoir dans une France qui tente de se reconstruire et de s’inventer un futur après que le général Massu a tenté en 1969 de mater la rébellion soixante-huitarde à coup de chars. Grâce aux premiers missiles Milan, le peuple a vaincu. Mais la situation est très instable alors que Paris fourmille de projets et d’architecture « flower power ». Sauf qu’un vieux braquage d’État refait surface et risque bien de bouleverser ces précaires équilibres.

Acte II : la France n’est qu’un bourbier où les grandes puissances tentent de faire régner une paix plus que menacée. La guerre civile est larvée après la mort étrange du grand Charles ; les Ricains et les Russkoffs jouent les Casques bleus dans un pays complètement détruit. Bienvenue dans des paysages dignes de la Syrie contemporaine. Chaque faction détient un territoire et y fait sa loi et la terreur. Ça défouraille de partout et ce nihilisme est dévastateur. Le pays pourra-t-il s’en relever ?

Mon avis : Que ceux qui ont déjà lu les deux albums séparés passent leur chemin. Pour les autres, accrochez-vous pour une plongée vertigineuse post-mai 68. Quel que soit le tome que vous empoignerez, cela débute par le même préalable et si Mai 68 ne s’était pas déroulé comme dans la réalité. Et pour le coup, vous bénéficiez de deux histoires parallèles à la « vraie ». Entre les deux, faites votre choix.

Ce n’est pas qu’une simple réédition, car Delcourt y adjoint un cahier de huit pages pour mieux comprendre et se rappeler cette révolution manquée qui faillit renverser l’Histoire. Et en guest, le vice-amiral François Flohic, dernier aide de camp du général de Gaulle, qu’il a notamment accompagné le 29 mai 1968 en Allemagne. C’est un vrai plus avec aussi une reproduction de certaines célèbres affiches de Mai. Cela complète avantageusement les deux tomes.

En accompagnement : Les slogans de 68 de Jean-Philippe Legois chez First.

Si vous aimez : L’Histoire qui déraille et sort des sentiers battus.

Autour de la BD : c’est une réédition des numéros 6 et 8 de cette série, L’Imagination au pouvoir et Paris brûle encore. Avec aux manettes les très bons Fred Duval et Jean-Pierre Pécau, est-il encore besoin de présenter ces scénaristes fous d’Histoire ? Au crayon, des valeurs sûres avec Damien, un familier de Pécau, et Mr. Fab. Deux dessinateurs qui parviennent à rendre les décors du passé bien présents.

Écrit par Jean-Pierre Pécau et Fred Duval.
Dessiné par Damien et Mr Fab.
Édité par Delcourt

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