Journal de Cannes – Day 6

Journal de Cannes – Day 6

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Cher Daily Mars,

Apparemment le sommeil ne se rattrape pas à Cannes, il semblerait que la ville aspire l’énergie de ses festivaliers en secret. Il y a d’ailleurs une légende qui raconte qu’une vieille sorcière cannoise, aimant se balader sur la Croisette pendant le mois de mai, sucerait l’énergie des jeunes gens qui sortiraient de soirées trop éméchés. Depuis le premier festival, elle se régénérerait et afficherait toujours une belle vingtaine d’années, (alors que bon, on en est quand même à la 68e édition).

Trêve de contes horrifiques et parlons de cette journée, elle a commencé par une séance du Petit Prince, pas de critique à venir pour moi car je me suis un peu endormie et je n’ai pu voir que d’un oeil le film d’animation (oui je dors un oeil ouvert et l’autre fermé). Enfin bon la partie que j’ai vu m’a pas parue vraiment convaincante, (complètement pompée sur le chef d’oeuvre Coraline pour certains détails, et assez faible visuellement). Mon intégrité journaliste/blogueurienne ne me permet pas d’aller plus loin dans l’exercice et je m’en excuse auprès de vous.

4S’en sont suivies deux séances de films que l’on pourrait qualifier de très « Cannois ».
Alors qu’entend-t-on par cette formule un peu toute faite ? Disons que ce sont des « propositions cinématographiques » plus ou moins accessibles. Le genre de film que vous ne conseilleriez pas à tout le monde à n’importe quel moment, car un peu difficile ou un peu chiant (et parfois les deux). 
En l’occurence, les deux sont de bonne qualité pour le coup.

Le premier, c’est le grand gagnant de la Semaine de la Critique, Paulina (La Patota), de l’Argentin Santiago Mitre. Un film extrêmement dur sur une femme qui décide d’aller enseigner dans un petit village en Argentine; et pour qui tout ne se passe pas comme prévu. Ayant pour thématique le viol, la justice et le libre arbitre, Paulina dérange par les questions qu’il soulève. (Bientôt une critique un peu plus précise).

Le second film, Chronic de Michel Franco, fait parti de la sélection officielle. L’histoire est celle d’un aide-soignant (Formidable Tim Roth) qui accompagne différents malades en fin de vie. Autant vous dire que c’est pas la fête du slip ! Enchainement de plans séquences fixes qui nous immergent dans l’action, montage intelligent et réelle réflexion sur l’euthanasie, Chronic hypnotise et fascine par sa violence réaliste. Images fortes et personnages profonds en font un réel favori pour la palme. Dommage que la salle ne soit pas de cet avis (coucou les gens qui partent toutes les 25 secondes, salut les gros enfoirés qui jouent avec leur smartphone au lieu de sortir de la salle).

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Autant vous dire qu’après deux heures sur le viol puis deux heures sur le sida, le cancer et les avc, on pète la forme hein ! Mais bon, ne nous laissons pas abattre, il reste le Fils de Saul, film sur la Shoah à voir en reprise deux jours plus tard !

On se demande pourquoi les gens consomment autant d’alcool à Cannes, pour faire la fête oui, pour se changer les idées après les séances aussi.

Mais ces films sont nécessaires et là est la beauté de ce festival qui nous emplit de ces émotions fortes et choquantes.

En bonus les résultats de la Quinzaine des Réalisateurs dont la cérémonie de clôture était ce soir (vendredi donc) :

Le Prix Art Cinema Award a récompensé El Abrazo de la Serpiente, un film tourné en noir et blanc et en langue indienne signé Ciro Guerra.

Le Label Europa Cinemas est remis à Mustang de la franco-turque Deniz Gamze Ergüven. Notre critique est ici !

le Prix SACD est attribué au français Arnaud Desplechin pour Trois souvenirs de ma jeunesse.

 

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