Justified, un démarrage intense (Critique de l’épisode 4.01)

Justified, un démarrage intense (Critique de l’épisode 4.01)

Note de l'auteur

Le plaisir de début d’année, depuis 3 saisons, c’est de retrouver Timothy Olyphant un stetson sur la tête, agacé et impatient, dégainer à toute vitesse. Si Justified est programmée pour baisser en qualité un jour ou l’autre, ça n’est pas sur cette ouverture de saison 4 que ça commence. Cet épisode était juste remarquable.

Gros pied. Grand plaisir. Raylan Givens est revenu dans une forme impeccable. Toujours logé au-dessus d’un bar (dont il doit assurer la sécurité, à moins que cette situation ait changé), Raylan néglige de plus en plus son métier d’US Marshal. Dès le début de l’épisode, on le voit accepter une mission de chasseur de primes. Son ex-femme attendant un enfant, il essaie de gagner le maximum d’argent, au risque que sa carrière prenne du plomb dans l’aile.

« Consable » Bob est en mauvaise situation. Raylan est consterné.

On le voit souvent interagir avec un nouveau personnage : le « constable » Bob (Patton Oswalt, qui s’intègre à la perfection dans l’univers, comme si il était prédestiné à l’être). Un pote d’école. Un « constable », ça n’existe pas chez nous. C’est un peu le Canada Dry du flic. Il a une voiture de flic (qu’il a payée avec son argent), un gyrophare de flic (qu’il a fait installer), mais ça n’est pas un flic. « Constable » Bob est un vieux copain de lycée de Raylan qui radote constamment, rêve de devenir flic, et surveille la maison du père Givens, Arlo, pendant que ce dernier est en prison.

Alors quand deux post-adolescents viennent saccager la baraque en fracassant le mur, Raylan et Bob se penchent sur l’enquête. Enfin surtout Raylan. Bob suit. Pendant ce temps, Boyd Crowder est bien ennuyé. Il vend beaucoup moins d’oxycontin à cause d’un prêcheur qui s’est installé dans une tente dans la forêt. Le type agite des serpents, danse et implore Dieu tout en faisant des « miracles » (en gros, il pose sa main sur une nana qui déblatère du charabia et la calme). Heureusement pour Boyd, un ancien pote de l’armée, du bon vieux temps de l’Irak, Colton Rhodes (Ron Eldard, qui a de plus en plus l’envergure pondérale d’un Gérard Depardieu), dont on a du mal à saisir le personnage, du moins sur cet épisode.

Colton Rhodes. Plus ou moins con qu’il en a l’air ?

Hormi Rhodes, tous les personnages introduits dans cet épisode semblent avoir été ciselés avec attention: qu’il s’agisse du malfrat que Raylan poursuit et arrête; des deux posts-ados magouilleurs qu’on pense juste être des utilités, et qui s’avèrent plus importants que prévus; ou le personnage de Bob, source d’humour et de pathétique, qui contrebalance à merveille la sècheresse décontractée de Raylan. Le seul problème de cet épisode, c’est Rhodes, qui en une scène, aussi drôle soit-elle, contredit son introduction. Rhodes est montré comme un homme malin, puis comme quelqu’un qui hésite à rejoindre Crowder dans son organisation. La scène qui pose souci montre qu’il n’est ni malin, ni gêné par sa conscience. A voir sur la durée si le personnage continue dans la veine de cette scène, ou s’il s’agissait juste d’un malentendu.

Raylan, lors de son altercation avec les post-ados vandales, met la main sur un secret d’Arlo. On risque de revoir très fréquemment dans cette saison Raylan s’opposer à Arlo. La fin de la saison 3, qui montrait un Arlo préférant soutenir Boyd Crowder que son propre fils allait déjà dans ce sens, mais il y a de grandes chances pour qu’Arlo Givens joue un rôle majeur cette année. La maladie ? comme d’habitude avec Arlo, on ne sait pas déceler le vrai du faux. Et en cette saison 4, après l’avoir vu cloîtré, sous surveillance, ou à la botte de Boyd, on risque de voir le vrai « evil » Arlo. Du moins c’est ce que le final laisse entendre.

La construction de l’épisode est assez remarquable. Le fil rouge de la saison et les nouveaux personnages, introduits ici, s’imbriquent à la perfection avec l’intrigue clôturée de l’épisode. Ça va à toute vitesse, c’est rythmé, et c’est cohérent. Les dialogues sont excellents, les interactions sonnent vrai (comme celles entre le malfrat et Raylan, à la fois riches en tension et en humour)…

Et cette fois-ci, il ne semble pas y avoir de « grand méchant » introduit dans la série, comme en saison 2 avec la formidable Mags Bennett et en saison 3 avec le Taxi Driverien Robert Quarles. Cette année, l’opposition majeure semble venir des proches de Raylan: son meilleur ennemi Boyd, et son adorable papa Arlo. On salive d’avance.

Pour faire rapide: Justified saison 4 démarre sur les chapeaux de roue. N’hésitez pas une seconde à revenir dans le comté d’Harlan. Et si vous n’avez pas encore démarré cette série, ne vous fiez pas au démarrage de la première saison, un peu bancale. C’est une des meilleures séries américaines du moment.

JUSTIFIED, Saison 4, Episode 1 (FX)

Ecrit par Graham Yost

Réalisé par Michael Dinner

Avec : Timothy Olyphant (Raylan Givens), Walton Goggins (Boyd Crowder), Joelle Carter (Ava Crowder), Raymond J. Barry (Arlo Givens), Ron Eldard (Colton Rhodes), Patton Oswalt (Constable Bob Sweeney), Erica Tazel (Rachel Brooks)

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