Série Series : La création de séries en Espagne

Série Series : La création de séries en Espagne

Ce matin à Série Series, nous avons assisté à la conférence « La création de série en Espagne », en compagnie de Virgina Yague et Ivan Escobar, tous deux venus présenter le premier épisode de leur série respective : La Senora et El Barco. Enfin, premier épisode… pas tout à fait.

Petit effet de frustration en effet, ce ne sont pas les épisodes entiers qui ont été présentés, mais les 30 premières minutes… Sorti de ce souci, que penser de ces deux séries ?

La Senora

Victoria Marquez de la Vega est une fille de bonne famille. Véritable garçon manqué, elle fait le désespoir de son entourage, qui aimerait la voir embrasser une attitude plus conventionnelle. Nous sommes en 1920. C’est un pur mélodrame.

Difficile de se positionner sur une série dont on n’est pas du tout le cœur de cible. On est ici dans le romanesque le plus pur, ambiance Harlequin. La musique est au violon, les ralentis sont de rigueur. Et se profile un amour interdit au sein d’une Espagne où règnent d’immenses disparités sociales.

D’un point de vue politique, la série annonce un développement plus proche de l’analyse sociale (pourtant toujours sur un mode romanesque). Elle donna lieu à un spin-off, La Republica, dont la seconde saison a été tournée mais n’a pas été diffusée suite à des pressions politiques. Pas évident de s’en rendre compte avec ces trente minutes, hélas.

El Barco

Le capitaine Ricardo Montero s’apprête à embarquer en compagnie de sa fille, de sa petite fille (et son vélo), des cendres de sa femme, de jeunes apprentis marins venus apprendre le métier, son second fumeur de cigare, un voyageur clandestin, un assassin et des scientifiques. Et c’est bientôt la fin du monde (mais personne ne le sait).

Passées une vingtaine de minutes pré-embarquement dont le but est de présenter tous les personnages, on rentre dans le vif du sujet.

Secret Story rencontre Stanley Kubrik. Vous avez un groupe de jeunes gens avec les hormones au top, une petite fille qui circule en vélo, un instructeur qui gueule. On pense à Lost, par moments. Certains problèmes sont assez agaçants au visionnage des trente minutes. Deux personnages différents partent en mer avec une urne à vider (même forme, la couleur est différente). D’autres semblent présents sur le bateau très gratuitement (la petite fille, le tueur…). Des maladresses malheureuses qui entament un peu la curiosité qu’on peut avoir pour de la science-fiction espagnole.

Le showrunner de la série admet avoir vendu sa série en masquant le caractère science-fictionnel avec ses thèmes familiaux, d’amitié. Il révèle aussi avoir beaucoup travaillé en improvisation (comme Lost), avec trois équipes de scénaristes qui bossent en parallèle.

Une série qui reste intrigante, malgré ses défauts très visibles (on ne parlera même pas de l’aspect visuel, engoncé dans un budget qui doit être rikiki).

Déception : si la série fut un succès, avec des pointes à 5 millions de téléspectateurs, et trois saisons (et des fans qui ont pleuré pour une quatrième), pas de nouveaux projets de SF en Espagne qui ont repris le flambeau.

Une Espagne qu’on a un peu mieux compris grâce à cette projection-conférence. Tous les prime times sont trustés par les fictions nationales. Si le cinéma est phagocyté par les Américains, c’est l’inverse à la télé, ou les succès US sont absents.
Pourtant, les chaînes ne proposent pas de fictions de niche. Il faut plaire au grand nombre, ne pas cliver. On peut se dire que dans cette télévision, El Barco semble être un petit miracle. On essaiera d’aller plus loin que 30 minutes.

Parce que c’est très frustrant…

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