La Farce des hommes-foudre de Loïc Verdier

La Farce des hommes-foudre de Loïc Verdier

Note de l'auteur

Aventure, histoire et politique avec un zeste de comédie et d’amour, un cocktail détonnant qui nous entraîne à la découverte du peuple du Kham engagé pour l’indépendance du Tibet. Dépaysant !

L’histoire : Printemps 1959, Albertus en plein trip beatnik au Népal, rencontre Dolma, une guerrière tibétaine, qui se bat pour l’indépendance de son pays. Elle lui fera découvrir bon gré, mal gré, la lutte des Khampas, ces cavaliers nomades en guérilla contre l’armée chinoise. Le tout avec de la CIA dedans.

Mon avis : On plonge sans frein dans ce road-trip typique des années 60. Des hippies venus fuir la société de consommation et le mode de vie de leurs parents se retrouvent dans cette partie de l’Asie en proie à toutes les influences des grandes puissances. C’est la guerre froide en version miniature. Même si le récit est inventé, il part d’un fait réel, la fuite du dalaï-lama de Lhassa en mars 1959. Et tout le jeu trouble du renseignement américain est parfaitement mis en lumière. Lutter contre les cocos chinois en encourageant le soulèvement tibétain mais vite se carapater quand la situation devient trop explosive.

De l’histoire mais aussi beaucoup de politique. Avec les nomades Khampas qui se battent pour la souveraineté de leur pays alors même que les élites tibétaines pactisent avec l’occupant pour de basses raisons de pouvoir. Là aussi, le petit jeu des viles ambitions perso est bien marécageux.

Et puis, il y a cette découverte du peuple Khampas, ces guerriers de la région du Kham, qui entrèrent en résistance dès 1950 lorsque l’armée chinoise envahit le Tibet. Des cavaliers hors-pair qui ne connaissent pas la peur malgré leur équipement restreint. Qui préfèrent la mort à la souillure. Qualifiés d’hommes-foudre par les Tibétains, ils vivent dans leur montagne depuis des millénaires et furent de redoutables opposants à Gengis Khan notamment.

Il y a à peu près tout pour séduire dans cet album. La dimension de comédie n’est pas non plus oubliée. Et enfin, il y a Dolma, amazone de la cause tibétaine pour qui tous les hommes de la terre seraient prêts à se damner. Une très jolie aventure.

En accompagnement : La résolution 1723 de l’assemblée générale des Nations unies qui affirme le droit à l’autodétermination du peuple tibétain.

Si vous aimez : Tintin au Tibet pour retrouver les magnifiques pentes neigeuses de l’Himalaya.

Autour de la BD : C’est la première œuvre fleuve de Loïc Verdier, globe-trotter dès sa plus tendre enfance, c’est un touche à tout doué dans plusieurs disciplines et qui mêle les genres. On attend vivement une prochaine BD aussi bien montée. Tant du point de vue du scénario que du dessin qu’il assure avec la même maestria.

Extraits : « En attendant, nous devons finir de préparer la grande fête de Mani Guénok. Beaucoup de guerriers seront là demain. Ce qui vaut aussi pour toi, Dolma. Tu paraderas avec les femmes, n’est-ce pas ? »

« QUOI ?? Mais en tant que guerrière, je pensais que… »

« Que tu pourrais t’asseoir sur toutes les traditions ? »

La Farce des hommes-foudre
Écrit et dessiné par Loïc Verdier
Sur une idée originale de Matthieu Alexandre
Édité par Casterman

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