Là-haut, c’est merveilleux !

Là-haut, c’est merveilleux !

Salut, foule en transe, Plissken here. Là-Haut est sorti hier en salles. Pour les inconscients qui se demandent encore si le dernier Pixar vaut qu’on y claque ses euros, voilà mon verdict. Enfin, c’que j’en dis moi hein, vous savez, j’dis ça, j’dis rien ! Allez en voiture, Simone…

DAS PITCHOVSKI

Brisé par la mort de sa femme Ellie, le vieillard Carl Fredricksen décide un beau jour de tout plaquer pour réaliser leur rêve : rejoindre un territoire perdu d’Amérique latine, destination fantasmée de leur passion commune pour l’aventure. Pour ce faire, Carl s’envole avec sa maison, reliée à des milliers de ballons à l’hélium. Mais un invité surprise va perturber ses plans : Russel, jeune scout solitaire passionné lui aussi par l’exploration.

DIE KRITIKSKAIA

Comment font-ils, mais comment font-ils ? Alors qu’à chaque chef-d’œuvre, on guette le premier coup de mou des génies de chez Pixar sur leur film suivant, ces dieux de l’animation reviennent systématiquement avec une nouvelle perle. Après la féérie kubrickienne Wall-E, dont la sortie récente en DVD nous rappelait son irrésistible pouvoir émotionnel jusqu’à la dernière goutte du générique final, Là-Haut désarmera une fois encore les cyniques les plus farouches. Pour sûr, on se doute bien que depuis sa création en 1985 et ses dix long métrages au compteur, la société dirigée par John Lasseter maîtrise à la perfection l’art d’émerveiller les foules -« Ils savent toujours appuyer sur les bons boutons pour déclencher l’émotion » se plait à me rappeler régulièrement un confrère aigri.

Mais, à moins d’un silex à la place du palpitant, comment ne pas sentir sa gorge se serrer à tant de reprises dans Là-Haut, comme lors de ce premier quart d’heure bouleversant résumant la vie du vieux Carl et ses drames, expliquant ainsi l’amertume et l’égoïsme du septuagénaire ? Comment ne pas trépigner d’euphorie devant les palpitantes péripéties, dignes d’un Indiana Jones, de Carl et de son jeune boulet Russel, embarqués au fin fond de l’Amérique latine dans cette rocambolesque aventure impliquant également un vieil aventurier mystérieusement disparu depuis des années ? Et comment ne pas éclater de rire devant cette averse de gags irrésistibles, gavés de références aux serials ou à la SF vintage – voire l’équipe de molosses parlant via un transistor fixé à leur poitrine ?

Everest de l’animation, rayon de soleil aux tons aussi variés que les couleurs des ballons emportant aux cieux la maison de Carl, Là-Haut vous rend tout simplement heureux pendant ses 95 minutes de projection et même au-delà. Le tout en ayant réussi à illuminer les yeux de vos enfants tout en abordant de front et avec subtilité des thèmes aussi graves que la mort, le deuil, l’abandon de ses rêves et la solitude. Aussi poétique que l’était Wall-E mais en restant les pieds sur terre (enfin presque…), Là-haut est une ode à la vie, aussi généreuse et limpide dans son scénario que dans sa parure visuelle – le survol du monde par la maison de Carl est à couper le souffle, surtout en 3D, format dans lequel Là-Haut fut tourné (une première chez Pixar).

A la fin de ce chef-d’œuvre (le mot est lâché, désolé), on a ri, pleuré, on s’est attaché sans réserve à ce vieil homme et ce marmot rondouillard, unis dans leur solitude respective et finalement grandis par leur destin commun. A noter pour finir l’excellente prestation, en VF, de notre Aznavour national, fort judicieusement choisi pour doubler Ed Asner dans le rôle de Carl. Et mention spéciale, j’allais l’oublier, à Michael Giacchino, compositeur maison de chez Disney (le soundtrack de Lost, c’est lui), pour ses violons toujours attendrissants, jamais mièvres. Merci Pixar !


Là-Haut (Up), de Pete Docter et Bob Peterson. En salles depuis le 29 juillet.

EOT
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