La lutte de l’ennui (critique de Foxcatcher)

La lutte de l’ennui (critique de Foxcatcher)

Note de l'auteur

foxcatcher-posterFoxcatcher réunit trois acteurs de qualité, un réalisateur convaincant et une histoire qui nous est inconnue, à nous, public français. Vainqueur du prix de la mise en scène lors de la dernière édition du festival de Cannes, les attentes sont donc élevées pour ce film d’ « auteur » américain.
Le film est-il aussi bon qu’on le lit dans la presse depuis Mai 2014 ? La performance « maquillée »  de Steve Carrel fait-elle son petit effet ? Ou le soufflet retombe-t-il un peu vite ?

 

Synopsis :
Inspiré d’une histoire vraie, le film raconte l’histoire de deux frères, champions de lutte et de leur rencontre et de leur relation avec un milliardaire complètement excentrique.
Mark Schultz, le plus jeune des deux frères s’installe dans la magnifique résidence de John du Pont, riche héritier pour préparer les jeux Olympiques de Séoul de 1988. Il espère, par la même occasion, cesser de vivre dans l’ombre de son grand frère.C’est le début d’une longue descente aux enfers, entre fascination et jalousie, Mark va sombrer dans une forte dépression et du Pont dans la plus grande des folies.

Bon, mettons les choses au clair tout de suite, non, Foxcatcher n’est pas le film de l’année. Bien que son réalisateur Bennett Miller ait signé le un peu mou Truman Capote et le très bon Stratège,  on ne peut réussir à tous les coups. Arrêtons donc de nous pignoler sur les critiques cannoises, même si le film fait preuve d’une mise en scène originale et maligne, son rythme le plante en beauté. Ce qui pourrait fasciner ennuie, ce qui pourrait amuser est mal dosé, bref, nous sommes loin du chef d’oeuvre promis.gallery25-1000x562Concernant la qualité des acteurs, elle est certaine, mais de là à proclamer Steve Carell brillant, il y a un monde. Le maquillage, bien que réussi, lui bloque la moitié du visage et ne lui permet pas d’utiliser sa large palette. Channing Tatum est plutôt juste dans ce rôle un peu boeufitique qui lui va à ravir, montagne de muscles à l’oeil sensible, il convainc par sa fragilité et sa sobriété. Mark Ruffalo quand a lui campe ici un grand frère protecteur dans lequel on croit.

Les thématiques de ce film (amour maternel, fraternel, folie, autodestruction) pourraient être exploitées avec grâce et talent si le scénario n’était pas aussi prévisible et inintéressant. La mise en scène ne sauve pas tout, les belles lumières ne ravivent pas l’intérêt d’un spectateur qui s’ennuie et les beaux plans n’empêche pas le sommeil et la torpeur d’arriver. Car un bon film, ça reste toujours une bonne histoire, et une bonne histoire mérite toujours d’être bien raconter et non seulement « enjolivée » par une image léchée.

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Reste quelques points intéressants tels que la double lecture gay du rapport des protagonistes, le traitement du son, des souffles et des frottements durant les scènes de lutte ainsi que les incursions comiques qui mettent mal à l’aise telles que l’emploi du surnom de Carell. « Don’t call me John, Call Me Golden Eagle ! ». On regrette que le second degré ne soit pas plus présent du coup.
Ce biopic bizarre tente de nous apprendre que l’argent ne fait pas la réussite et surtout pas le bonheur. Il était temps que quelqu’un nous mette au courant…

Foxcatcher rejoint donc ses comparses cannois chiants acclamés par la critique qui aime s’ennuyer à mourir dans une salle obscure et qui se félicite d’avoir tenu en lançant des fleurs sur tout film qui semble passer au ralenti.

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