La Médaille ensorcelée : le revers de l’amulette

La Médaille ensorcelée : le revers de l’amulette

Note de l'auteur

Après “La Prophétie de l’horloge”, le jeune Lewis Barnavelt s’obnubile pour une médaille magique qui ne lui apporte pas que du courage et de la chance, dans un roman à mettre entre toutes les mains.

L’histoire : Lewis vit chez son oncle Jonathan, un formidable magicien, et chaque jour dans son étrange manoir est une source d’émerveillement. Les bizarreries de la vieille demeure, les talismans et les sortilèges, parfois effrayants, sont devenus son quotidien. Mais un jour, il fait une découverte plus stupéfiante encore : une mystérieuse médaille qui, lorsqu’il la porte, le fait se sentir plus fort et plus courageux. Grâce à elle, il ose même affronter les brutes de l’école ! Jusqu’au moment où l’amulette le fait aller trop loin… 

Mon avis : Deuxième tome des aventures de Lewis Barnavelt signées John Bellairs, La Médaille ensorcelée fait directement suite à La Prophétie de l’horloge, qui avait donné lieu à un film imparfait mais distrayant avec Jack Black, Cate Blanchett et Kyle MacLachlan. Un film qui s’était sensiblement éloigné du livre, notamment dans le physique de ses personnages. Soulignons que le tome 2 a paru en février 2019 : comme pour le tome 1 (lu à la suite du visionnage du long-métrage), je suis à la bourre…

Le titre de ce tome 2, à l’instar de son prédécesseur, est très différent du titre original, The Figure in the Shadows (le premier volume étant, lui, intitulé The House with a Clock in Its Walls). Là où John Bellairs insistait sur l’élément réellement effrayant – cette silhouette, ombre parmi les ombres, qui suit Lewis et menace de l’emporter – la traduction met l’accent sur l’objet magique et son rapport particulier avec le jeune garçon.

John Bellairs

Lewis, cette fois, est secondé de sa meilleure amie, Rose, une fille un peu garçonne, très volontaire et intelligente, qui n’a pas peur d’afficher son originalité. Un personnage plutôt intéressant, davantage que Lewis en définitive. Car le jeune garçon paraît obsédé par cette amulette, cette pièce de monnaie peut-être enchantée, qui doit lui apporter courage et chance. Le courage de résister aux harceleurs, Woody Mingo en tête (un superbe nom, au demeurant !). Mais Lewis fait du surplace, vit dans sa tête, se ment à lui-même comme aux autres… Bref, il est victime de son obsession.

Ce n’est pas pour rien que le dénouement est centré sur Rose plutôt que Lewis. C’est elle qui, en prenant en quelque sorte sa place, monte au front avec Jonathan et Mme Zimmermann pour sauver le soldat Lewis, littéralement placé au bord du gouffre.

La dimension fantastique est du récit est, ainsi, plus réussie. Cette silhouette ténébreuse, le parcours historique de l’amulette, la sorcellerie à la campagne, et cette Mme Zimmermann qui, sous ses dehors d’une grande douceur, cache probablement l’une des plus puissantes sorcières qui soient, en tout cas l’une des plus érudites… La maison de l’oncle Jonathan passe à l’arrière-plan au profit d’une vision plus historique de la famille. Et de scènes de harcèlement scolaire classiques mais bien vues.

Le roman, qui date de 1975, présente un côté rétro franchement agréable, largement rehaussé par les illustrations intérieures de Nathan Collins. La couverture, plus moderne mais très fidèle au récit, est signée Noëmie Chevalier. Bref, un bon petit roman, certes un peu moins réussi que le premier tome, mais à mettre malgré tout entre toutes les mains d’ados et d’enfants, notamment ceux qui s’effraient d’un rien. De quoi les mener, comme l’indique un blurb de quatrième de couverture, vers la production d’un Stephen King.

La Médaille ensorcelée
Écrit par
John Bellairs
Traduit par Alice Seelow
Édité par Castelmore

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