La mixtape : W.G. « Snuffy » Walden

La mixtape : W.G. « Snuffy » Walden

Martin Sheen, phénoménal Jed Bartlet.

Jed Bartlet a offert son premier (et unique) Emmy Award du meilleur générique à WG Snuffy Walden

Pour cette nouvelle salve de la mixtape, on se penche sur un géant de la composition de musique de séries : W.G. « Snuffy » Walden. Pour ce faire, on a été chercher une flopée de ses compositions, en grande majorité des génériques de série, pour déterminer ce qui fait sa longévité (il assure en ce moment la musique de Under The Dome). Avec plusieurs périodes, et plusieurs casquettes.

 

Les premiers génériques
Roseanne

Roseanne by Theme on Grooveshark

Pendant un instant, peut se ressentir l’impression d’entendre des instruments qui se chevauchent sans comprendre l’architecture, la logique. Comme si chaque instrument incarnait un membre de la famille dans une cacophonie somme toute contrôlée. Puis cette attitude un peu rouillée finit par fonctionner de concert et l’ensemble, bluesy et funky assure l’ambiance. Une famille haute en couleur, conclue par le rire communicatif de Roseanne.

The Wonder Years

Original Music From "The Wonder Years" by W.G. "Snuffy" Walden on Grooveshark

Il existe un côté intemporel dans cette rythmique de blues. Une boucle qui ressemble au mouvement d’un balancier perpétuel. Un rythme qui s’aligne au flot du souvenir, ponctué par une guitare soliste dont les pics figureront chaque évènement. Parce qu’une vie, c’est la somme d’un quotidien régulier ponctué par l’imprévisible. La musique possède ce quelque chose de surannée qui la replace à une époque bien particulière façon madeleine de Proust.

I’ll Fly Away (Les Ailes du Destin)

« One glad morning, when this life is over… » C’est à partir de ce fameux air chrétien, né en 1929, que Walden puise son inspiration pour les accords sobres et puissants de piano qui composent ce générique. Le chœur gospel en arrière-plan reste en accompagnement et ne prend jamais le pas, mais c’est un mélange de ténacité et de mélancolie qui restera dans les mémoires, et vaudra à Walden une autre nomination pour un Emmy.

Les génériques Bedford Falls

C’est probablement là où le talent s’exprime le plus, et où la quintessence de son son acoustique et bluesy fait le plus de merveilles. A travers sa collaboration avec la compagnie d’Edward Zwick et Marshall Herskovitz. Il leur sera fidèle, jusqu’à leur plus récente production, quarterlife . Si thirtysomething est un coup d’essai pas franchement très marquant, c’est bien les mélodies des génériques d’Angela, 15 Ans et Once And Again, Deuxième Chance qui voient Walden assumer ses allégences pop-rock, toujours appuyés par des choeurs discrets sur « Angela », mais féminins et prédominants sur celui de Once & Again, qui amènent le générique au-delà d’une simple musique d’ascenseur. Confortable, chatoyant, bien construit : avec Once & Again, Snuffy Walden prend de l’assurance.

Thirtysomething by W.G. "Snuffy" Walden on Grooveshark

My So Called Life – Theme Song by W.G. Snuffy Walden on Grooveshark

Felicity :


Il y a le charme de l’arpège confortable comme une bulle de coton. Puis la voix, chaleureuse, vous transporte. On plane sur les photos en noir et blanc, séduit par la beauté nostalgique d’un moment capturé. La musique illustre cet aspect chronique si particulier. Refusant de raconter une histoire au profit de milliers de moments.

 

Sports Night

Les compères de CSC ont eu affaire à une bande-son des plus bluesy et pétillante. Snuffy Walden savait affirmer et relever les dialogues de Sorkin grâce à quelques jams bien sentis. Discret mais d’une efficacité redoutable, c’est dans le générique de fin que le groupe de Walden prend son envol, en écoute ci-dessous.

 

Les orchestraux

 

 The West Wing :


La musique s’accorde au caractère solennel de l’histoire. Un aspect majestueux parce que l’on suivra le pouvoir politique américain dans son intimité et l’emphase retombe parce que la grande Histoire côtoie la petite. Comme un souffle épique mesuré, le triomphant réservé. Walden pratique l’oxymore en musique et le résultat figure l’ambition d’une (future) grande série.

Miracles

Ici en majorité programmé, Snuffy Walden sait aussi très bien manier les atmosphères plus fantastiques, avec des cloches et une rythmique qui accompagne la quête du personnage de Skeet Ulrich, avec des hautbois de lamentation et questionnement, jusqu’au stab final qui fout les pétoches.

Les urbains

 

The $treet

-le générique de la série de Darren Star circa début des années 2000, avec les frénésies urbaines des traders reconstituées à travers un cousin germain du générique de Boston Legal (œuvre de Danny Lux). 

-le très sophistiqué générique de Boomtown, où l’on parle de riffs blues à la texane (une ironie pour Los Angeles) avec des choeurs aériens, qui laissent place à une rythmique très staccato et des trompettes solennelles. Une mosaïque musicale pour une mosaïque de points de vue. Etrange, mais qui tient la route (et recycle pas mal de motifs du compositeur).

 

Les psychédéliques

 

Early Edition (Demain A La Une)

Encore une nomination aux Emmys pas volée. Ici, Walden réutilise les gimmicks du rock psyché et du Summer Of Love de manière impressionnante sur une minute à peine, pour rythmer les débuts des aventures improbables de Gary Hobson et son chat. Du sitar? Des steel drums hawaiennes? Du reverb en veux-tu en voilà? De la flûte enchantée? Absolument! Ça détonne, ça dépote, ça rend le Texan méconnaissable et le générique totalement mémorable.

Huff!


Ici, on expérimente encore avec la programmation, quelques grandes cordes orientales pour un voyage à travers la psychiatrie et les troubles du comportement. Ici, la composition n’hésite pas à dérailler, et utiliser des bribes du dialogue d’un patient comme sample. Une technique réminiscente du collage de voix expliquant la relativité lors du générique de Relativity, production Zwick/Herskovitz annulée après 1 saison (et qui aurait été diffusée sur M6). A retrouver ci-dessous.

Relativity


Et, last but not least :

Friday Night Lights :


La mélancolie d’un terrain de football américain, un soir, après le match. Si la série s’appelle les lumières du vendredi soir, la musique de WG Snuffy Walden nous prend juste avant qu’elles ne s’éteignent. La pelouse déserte et la clameur que l’on continue à entendre. Les fantômes se perdent dans le réverbe comme on ressent encore le souffle de la victoire. Quand l’illusion s’évapore, il ne reste que notre mémoire pour continuer à faire vivre ces moments d’euphorie et ce spleen si caractéristique.

Mixtape réalisée par Lordofnoyze et Guillaume Nicolas. 

 

 

Partager

Article rédigé par La rédaction du Daily Mars

Articles similaires

Il y a une commentaire.

  1. Un grand merci pour cette mixtape. Je reste très attaché à son œuvre, surtout l’époque Bedford Falls.

Répondre

*