La nostalgie dans le polar et les séries policières

La nostalgie dans le polar et les séries policières

Tout le mois de mars, nous reviendrons sur le genre policier à la télévision. Parce que le polar possède de nombreux visages, nous essaierons de rendre compte de sa pluralité et son importance dans l’Histoire de la télévision. Aujourd’hui, nous ferons dans la madeleine de Proust, au travers de souvenirs évanescents, souvent ragaillardis par un générique ou un thème bien connu pour appuyer le propos. La liste n’est bien sûr pas exhaustive mais votre serviteur, de part sa jeunesse télévisuel, a choisi prioritairement des séries qu’il estime être caractéristiques d’une certaine nostalgie pour le grand public.

 

 

CHIPS

1977. Deux beaux gaillards sur deux motos rutilantes vadrouillent sur l’autoroute et vont faire respecter la justice et la loi sous le soleil torride de Californie. Blam, ça c’est du pitch qui tue! Et on prendra cher pendant six saisons et 139 (139!) épisodes d’action et de glamour avec Poncherello et le blondinet dont presque personne ne se rappelle le nom. Chips, c’est aussi un générique marquant, de nombreuses rediffusions sur tf1 ainsi qu’un téléfilm ressorti en 1999 et une promesse qui fera plaisir à tout le monde: Celle… d’un long métrage en préparation!

 

HOOKER

Irréductible, indéboulonnable, toujours en train de courir et jamais en sueur, voilà Hooker (alias William Shatner), le flic que tous les criminels redoutent. Un flic tellement incroyable qui dès le pilote, laissera tomber son grade de sergent pour revenir en tant que simple agent de terrain afin de mieux combattre le crime dans la rue (!). Accompagné de son fidèle Romano, sidekick gymnaste qui en fait toujours trop et de la très charmante belle plante, Stacy (Heather Locklear), Hooker fait beaucoup sourire aujourd’hui mais son indéfectible sens de la moralité et des valeurs lui donnait une qualité familiale pas déplaisante du tout. Certes, elle fait toc aujourd’hui mais elle a au moins le mérite de refléter la naïveté d’une télévision passé…

 

HILL STREET BLUES /CAPITAINE FURILLO

En 1981 débarque sans prévenir une série dont le concept, évident dans nos séries actuelles, fut ici précurseur d’importants mouvements scénaristiques dans le futur de la télé US. Concentrant son histoire dans un commissariat de quartier, Hill Street Blues, non content de multiplier les nombreux arcs narratifs, développe de manière sérieuse et sincère les problèmes des policiers (dépression, alccolisme…) tout en croisant leur vie professionnelle avec leur vie privée. A la tête de l’entreprise, Steven Bochco, un des futurs ténors de la série policière (N.Y.P.D Blue pour n’en citer qu’une) et qui obtiendra une belle brochette de récompenses pour cette série de flics du quotidien avec pas moins de 98 Emmy awards ! Un des fondamentaux de la série policière, voilà ce qu’est Hill Street Blues.

 

STARSKY ET HUTCH

On retourne en californie, en 1975 cette fois çi. Et au vu du titre, son générique culte vous revient alors immédiatement aux oreilles (d’ailleurs bien meilleur que sa version US) qui a bercé la jeunesse de nombre d’entre nous. La Ford rouge la plus populaire du monde embarque l’un de ses duos télévisuels les plus mémorables qui ait été. Après 4 saisons et 93 episodes plus tard, Starsky et Hutch est devenue et reste toujours un sacré monument, nous laissant plein de souvenirs mémorables à base de « Zebra 3 », « Huggy les bon tuyaux » ou encore de « Capitaine Doobey ». Bon, il y a eu aussi un film mais on va faire comme s’il n’existait pas…

 

UN FLIC DANS LA MAFIA

Stephen J. Canell, trublion créatif que rien n’arrête mais pas foncièrement original, sait aussi surprendre au détour d’une série complètement aux antipodes de ses autres oeuvres. A l’instar de Profit, Un flic dans la mafia rejoint l’une des rares occasions de l’auteur, avec son collègue franck Lupo, de montrer une face plus obscure de son travail. Vince Terranova (Ken Wahl), flic  infiltré dans la mafia, doit absolument faire tomber les cartels et sa seule méthode possible pour réussir sa mission ne peut se baser que sur le flagrant délit. Disposant de plusieurs arcs narratifs par saison, un flic dans la mafia arrivait souvent à se renouveler grâce à un changement de contexte et donc de casting régulier.  Comme c’est souvent le cas, le départ de Ken Wahl en fin de saison trois, sonnera le glas de la production. Il y a aura bien encore une saison-prétexte, franchement radicale (Vinnie est tué!) mais rien de bien concluant pour récupérer l’audimat perdu après le remplacement de son acteur principal. Plus marquant, on se rappellera surtout du rôle du chef de Terranova, Franck Mc Pike, joué par Jonathan Banks, beaucoup plus connu maintenant dans le rôle d’un certain Mike Ehrmantraut (Breaking Bad /Better Call Saul).

 

DEUX FLICS A MIAMI

Une série atypique pour l’époque, au vu de la qualité de sa plastique visuelle très précise et élégante puisqu’un certain Michael Mann y officiait en tant que producteur. Produite pour la chaîne MTV, la série  s’est caractérisée par une imagerie proche du clip vidéo (Ne riez pas, à l’époque c’était énorme!) et des intrigues dans lesquelles deux flics très différents mais complémentaires sur bien des points, Sonny Crockett et Ricardo Tubbs, menaient l’enquête en costards Armani. Deux flics à Miami jouait aussi l’épate sur tous les tableaux possibles: Voitures sportives et luxueuses, mode tendance et surtout, une bande son musicale très riche, omniprésente avec pléthore d’artistes comme Eric Clapton, Phil Collins, Bob Marley, Bon Jovi, etc… Et tout ça, c’est sans compter les nombreux guests de tous bords qui répondront présents durant les 5 saisons du show. Au delà de son esthétisme certain, la série n’était pas non plus une référence concernant ses scripts, il faut bien l’avouer. Cela n’empêcha pas Deux flics à Miami de marquer  les esprits de toute une génération par sa surenchère, aussi bien visuelle que musicale. Michael Mann retrouvera ses personnages quelques années plus tard en adaptant sa propre série en long-métrage.

A ne pas confondre avec Deux flics Ami-ami! (Spéciale dédicace Les nuls)

 

RICK HUNTER INSPECTEUR CHOC

Énième production du prolifique Stephen J. Canell,  RICK HUNTER est une série qui n’invente rien en soi puisqu’elle repose sous un format archétypal, celui du buddy movie… mais le fait diablement bien!  Rick Hunter (Fred Dryer, un échalas de presque 2 mètres) et Dee Dee Mc Call (Stepfanie Kramer) forme un tandem à l’alchimie parfaite, arpentant le crime dans les bas quartiers et demeures huppés à Los angeles. Le show connaitra une longévité de grande tenue, avec une audience exponentielle. Mais le départ de Stepfanie Kramer entamera l’envolée de la série et ses remplaçantes n’arriveront pas à combler le manque laisser par la comédienne.  Le célèbre générique, qui provient une fois encore de l’inévitable Mike Post, est souvent conclu par son célèbre « Ca marche pour moi », phrase culte de Rick Hunter .

 

MISSION CASSE-COU

Petit détour par la perfide albion avec Mission Casse-cou. Transféré depuis peu en Angleterre à cause des problèmes de corruption dans son service,  James Dempsey débarque fraichement à Londres et se retrouve acoquiné avec Makepeace, jeune aristocrate au fort tempérament et membre d’une unité d’élite britannique. Le duo fait des étincelles (Les deux acteurs sont d’ailleurs mariés et toujours ensemble), le générique, assez menteur sur le déluge d’action promis, est largement contrebalancé par des scenarii de très bonne tenue, parfois résolument plus sombres dans certaines situations. Mettant en exergue de manière simple mais efficace le choc des cultures et l’amour vache entre les deux personnages, Mission Casse-cou n’aura duré que 3 saisons mais remplira largement son office en étant divertissante à souhait.

 

 CLAIR DE LUNE

Comment parler correctement de Clair de Lune, la série complètement dingue de Glenn Gordon Caron (Auteur de Medium)? A part le genre et l’intrigue de départ dans laquelle elle officie, elle est tout et rien à la fois. Oui, le genre détective est bien présent (c’est le métier de David et de Maddie) mais elle n’est qu’un vecteur. Et c’est parce qu’elle est unique en son genre, qu’elle ne fait rien comme tout le monde que  Clair de Lune est tout simplement inclassable. Car Clair de Lune est LA série digressive par excellence. Sous couvert de l’enquête de la semaine et des éternels conflits amoureux des personnages de Cybille Sheperd et Bruce Willis, le show est capable de tout, au sens littéral du terme. Jugez plutôt: Les personnages peuvent s’interrompre momentanément en pleine intrigue pour parler du scénario  (!), lisent le courrier des lecteurs en s’adressant au spectateur, sont capable de briser le quatrième mur en nous montrant littéralement l’intérieur du plateau tout en continuant l’intrigue. Les digressions insensées s’enchainent (épisode en noir et blanc, en costume d’époque, voir en enfer!),  Clair de Lune explose littéralement et l’audimat aussi. Ah oui, la fin est absolument géniale aussi et  prouve que Clair de Lune, malgré le départ forcé de son créateur, aura préservé sa folie jusqu’au bout…

 

MAGNUM

Un grand gaillard, une moustache fourni, une Ferrari rouge et un générique culte, une fois encore de l’indispensable Mike Post. Rien de plus, rien de moins pour une synthèse immédiate de la représentation de MAGNUM, l’un des plus célèbres détectives privés du petit écran, sous les traits du charismatique Tom Selleck. Derrière le personnage, on y retrouve le célèbre Glen A. Larson, décédé en novembre dernier et Donald P. Bellisario, le papa de Code Quantum, Jag et NCIS. La série offrait souvent, en plus de sa savoureuse voix off, l’opportunité de franchir parfois le 4 ème mur en s’adressant au téléspectateur (Sans être du niveau de Clair de Lune non plus) et c’est même permis un cross-over avec Jessica Fletcher d’Arabesque. Bref, Magnum représente un gros monument de la série policière des années 80, genre dont la série s’affranchissait d’ailleurs parfois complètement, après 161 épisodes et une fin plus que satisfaisante.

 

 

Voilà, ce n’était qu’une maigre représentation de ces figures sérielles passées du genre polar et policier, mais suffisamment marquantes pour vous tenter de vous rappeler quelques bons (ou mauvais?) souvenirs naphtalinés comme il se doit. Et si cette liste n’est pas suffisamment complète à votre goût, n’hésitez pas à l’enrichir en nous faisant partager vos commentaires!

 

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