On a lu… La Petite Mort(e) de Davy Mourier

On a lu… La Petite Mort(e) de Davy Mourier

Note de l'auteur

Davy Mourier, après sa trilogie Petite Mort, offre à ses lecteurs un récit en un volume, dédié à une drôle de fille, celle de Julien. Une histoire qui, malgré un graphisme enfantin, n’est pas à mettre entre toutes les mains.

_PETITE MORTE (LA) - C1C4.inddL’histoire : Julien, le fils de la Mort fait toujours bien son travail. Son meilleur ami est d’ailleurs un tueur en série. Alors quand il découvre que l’enfant qu’il attendait avec sa femme est en fait une fille, il se met en rogne. Tant pis, il va l’éduquer à la dure et l’envoie dans une école privée apprendre son futur métier de faucheuse, à la Death School Academy. Mais il aurait mieux fallu qu’elle ne tombe pas amoureuse du seul humain de l’école, Patrick.

Mon avis : La Petite Mort(e) a tous les atouts pour plaire. Un graphisme kawaii mais mêlé à un propos extrêmement sombre, de la violence mélangée à une critique acerbe de la famille, bref, un récit presque sans espoir qui sait pourtant manier l’ironie à petites doses. Pourtant, c’est presque trop sombre, entre violences familiales, déception, histoire d’amour et de ruptures. Ce n’est pas une histoire d’amour rêvée, c’est l’histoire de la Mort qui est non seulement violent, macho, mais tout puissant.

La Petite Mort(e) aurait pu être la jolie histoire de la petite fille de la Petite mort qui apprend à tuer avec le sourire. C’est pourtant celle de la violence qui se transmet, de la haine et de la colère, des femmes qui doivent se révolter et se battre. C’est de la BD sans concession, qui plombe un brin et joue des codes culturels, de Pacman à Télétubbies, pour mieux s’en moquer.

LPM-2015-T4.inddOn aurait peut-être aimé plus d’accent sur la formation scolaire de la Petite Morte, ou de ce qui se passe après que les gens meurent. Certes, le récit peut se lire seul, sans avoir lu les premiers livres de Davy Mourier dans le même univers. Mais on manque peut-être alors de plus de nuances, de plus de compréhension du monde dans lequel se promènent les personnages. La Petite Mort(e) n’est pas une BD pour enfant d’où sortent des arcs-en-ciel. Ou alors, ils sont garnis de lames de rasoir.

Si vous aimez : Lucille, la copine de Negan.

Autour de la BD : La trilogie de La Petite Mort est actuellement en cours de développement pour une série animée en partenariat avec France 4 Nouvelles Écritures, la plate-forme web.

En accompagnement : Une assiette de champignons, genre amanites phalloïdes, à grignoter en apéro.

Extrait :
« Hé ! Gégé ! J’en ai une bien bonne. Devine qui j’ai au téléphone, là ! Madame Mort qui trouve son mari sinistre. Lol ! Mdr !
– Raccroche ! »

Sortie : le 19 octobre 2016, éditions Delcourt, 96 pages, 15,50 euros.

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