La Vie Devant Elles, Radio Nostalgie (en direct de Séries Mania)

La Vie Devant Elles, Radio Nostalgie (en direct de Séries Mania)

Note de l'auteur

LA-VIE-DEVANT-ELLES-credit-Bernard-Barbereau-FTV-2015Dans le milieu des années 70, au nord de la France, la vie de Caroline, Alma et Solana, adolescentes rêveuses qui espèrent quitter une ville minière sans avenir…

Difficile d’offrir un résumé satisfaisant qui raconte la série sans sacrifier tout son premier épisode. Une longue introduction où l’exposition dure une quarantaine de minutes et la série, de réellement débuter, à cinq de la fin. Ce déséquilibre ne trouve pas de justification dans l’idée d’une série chorale où chaque personnage mériterait une attention aussi poussée. Une simple esquisse dans une situation explicite aurait suffit. Il faut alors composer avec l’idée de voir tout expliciter, comme une formule prémâchée pour une audience sans repère.

Ce n’est pas l’unique défaut de ces deux premiers épisodes. Sans pousser jusqu’à l’amnésie, la suite de cette excessive introduction pouvait vite balayer l’ennui par l’embrasement de son récit. Seulement la série est bien trop occupé par une nostalgie scolaire, très appliquée/appuyée au point de l’emprisonner dans une boule à neige. Parfaite petite représentation refermée sur elle-même, mais factice, comme bloquée dans une boucle temporelle qui finirait par la consumer.

LA-VIE-DEVANT-ELLES-2-credit-Bernard-Barbereau-FTV-2015À aucun moment ce choix de montrer le passé ne sert à éclairer un présent, à trouver un effet miroir ou une résonance. Où l’exploitation des thèmes sociaux autour de la mine, industrie à son crépuscule, s’efface derrière une tentative de croquer trois adolescentes dans leurs rêves brisés. Ce n’est plus une série sur le passé mais une série passée. Repliée sur sa capacité à reproduire une époque sans la traverser, sans la projeter.

La vie devant elles effectue deux pas en arrière quand il s’agit d’analyser l’évolution de la fiction française. Une série qui ne provoque pas son public (France 3) mais entretient l’idée d’une production réfractaire au changement, bien plus occupée à caresser une génération “radio nostalgie” jusque dans la recomposition mortifère de ses années 70.

Créé et écrit par : Dan Franck et Stéphane Osmont
Réalisé par Gabriel Aghion
Avec : Stéphane Caillard, Alma Jodorowsky, Lily-Fleur Pointeaux, Sabine Haudepin

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