Laborieux (critique de Last Days of Summer, de Jason Reitman)

Laborieux (critique de Last Days of Summer, de Jason Reitman)

Note de l'auteur

Last-Days-of-Summer-Affiche-FranceIl y a des films qui ressemblent à ces autoroutes du désert australien où l’on peut voir l’horizon s’étendre à 35 kilomètres. Labor Day de Jason Reitman en fait parti. Le film vient à peine de débuter qu’on peut voir parfaitement où il compte nous emmener. Sauf qu’il reste encore 35 bornes à se taper… à pied… dans le désert… sans eau… en boitant…

On va vous la faire courte. Une femme vit seule avec son môme, un prisonnier s’échappe de prison. De là, vous prenez la direction « histoire d’amour », vous passez le carrefour « tu seras un homme mon fils » et vous arrivez direct sur la fin. Vous ne pouvez pas la rater. On la voit même d’ici. Evidemment (mais que vient foutre France Gall dans cette critique ?), Reitman tente bien de nous faire le coup du secret mystérieux lourd de conséquence en parsemant son film de flashbacks étranges sensés nous laisser interrogatif, voire inquisiteur. Mais même là, son truc non seulement s’évente en un rien de temps et en plus on s’en tamponne le coquillard sur l’air du Yankee Doodle.

Une fois son secret éventé, Reitman n’a plus d’autre choix que de commencer à faire n’importe quoi avec ses personnages en ajoutant des ressorts narratifs là où ça l’arrange. Evidemment (ha non, ça suffit maintenant !), c’est l’ado qui mange le plus dans ces cas là. J’ignore pourquoi, mais les ados US sont toujours pris d’une soudaine folie et commencent à faire n’importe quoi dès que le scénario s’enlise. Vous savez, c’est le coup du « surtout, tu ne dis rien à personne ». C’est à croire que Reitman n’a jamais regardé 24, The Walking Dead ou Homeland. Sinon, il devrait savoir que le premier truc que l’ado va faire, c’est tout déballer au premier venu. Il gère mal le secret, l’ado. Ça le rend tout flou dans sa tête et ça pique. Tout comme il devrait savoir que lorsqu’on lui dit « il faut partir, maintenant », l’ado va tout faire foirer pour aller dire au revoir à sa chambre…

Alors oui, Josh Brolin est parfait en beau prisonnier et Kate Winslet rayonne dans le rôle d’Adele, mais leur histoire est tellement cousue de fil blanc flashy que ce n’était vraiment pas la peine d’en faire autant.

En salle le 30 avril
Last Days of Summer (Labor day), de Jason Reitman, avec Kate Winslet, Josh Brolin, Gattlin Griffith…

 

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