Lazy Company, regard sur la saison 2 (par Stéphane Chéreau)

Lazy Company, regard sur la saison 2 (par Stéphane Chéreau)

Note de l'auteur

lazycompany_saison2par Stéphane Chéreau

Ils débarquent lundi soir sur OCS pour une seconde saison. Dans la juste lignée de la première, à mi-chemin entre les dialogues savoureux à la Kaamelott et le grand n’imp’ assumé des Monty Python, la Lazy Company repart pour dix épisodes. Que du gros kiff en perspective, à priori ! J’ai vu lesdits dix épisodes, et vous savez quoi ? C’est encore plus drôle, plus abouti et plus barré !

Aout 1944. La seconde guerre mondiale touche à sa fin. Les alliés ont débarqué et poursuivent leur reconquête de l’Allemagne. Chester, Niels, Henri et Slice, les quatre guignols qui composent la Lazy Company, continuent, eux, d’accumuler les catastrophes, les bourdes et les gaffes. Mais animés de bonnes intentions, ils le font toujours avec beaucoup de bonne volonté. Si tout foire systématiquement, c’est bien malgré eux.

La saison commence là où c’était arrêté la première (enfin, non, pas tout à fait, on a le droit à un petit flashforward un peu facile, mais on leur pardonne : c’est pas comme s’ils étaient les seuls à user de ce procédé scénaristique un poil éculé) : Hitler, qu’ils avaient arrêté, a réussi à s’échapper et a, en prime, kidnappé le général de Gaulle. La première mission de la Lazy sera donc de récupérer le chef de la France libre et de répondre de leurs erreurs devant leur hiérarchie.

Leur seconde mission, bien plus importante, aura pour objectif de mettre la main sur la dernière arme en préparation dans le camp nazi : la bombe nucléaire, préparé par Albert Einstein lui-même, otage d’Adolf & cie. Rien que ça.

Comme dit en introduction, cette saison 2 fonctionne toujours aussi bien que la première. Le ton résolument déjanté de la série, qui avait par moment du mal à trouver son équilibre entre sitcom et absurde dans la saison 1, est ici parfaitement maitrisée. A moins que ça ne soit ma perception de téléspectateur qui se soit accoutumé à cet humour rarement vu auparavant dans une série française (Hero Corp, par exemple n’a jamais poussé l’absurde aussi loin).

L’écriture de la série, également bien plus ficelée, offre une saison découpée en deux parties de taille égale, le tout formant un ensemble très cohérent, très fluide. En bref, même si on peut regretter quelques longueurs visant à faire monter le suspens dans les derniers épisodes, ça part un peu moins dans tous les sens que dans la saison 1 et c’est tant mieux.

Les personnages restent fidèles à eux-mêmes. Très personnellement, si je reste assez peu convaincu par Slice (Benoît Moret), peut-être trop décalé pour moi, les trois autres continuent de me faire bien marrer. Chester (Alban Lenoir) va de déconvenues en déconvenuse avec les femmes mais ne perd pas de vue son ambition de grimper en grade ; Niels (Alexandre Philip), au contraire, vit sa guerre en fonction de ses rencontres amoureuses ; et Henry (Antoine Lesimple) tente de s’émanciper un peu, parfois au détriment de sa compagnie. La résistante Jeanne (incroyable Aurélia Poirier) creuse son trou au sein du groupe, avec son accent toujours totalement improbable mais inlassablement hilarant.

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Dans les rôles secondaires, en dehors d’Hitler plus hystérique et plus ridicule que jamais, on découvre bien évidemment de nouveaux nombreux personnages. Sans les dévoiler tous, je dois avouer mon énorme coup de cœur pour Anne Benoît qui interprète d’une manière très singulière la nouvelle supérieure de nos guignols, la générale Margaret Sander, et dont chaque scène, et quasiment chaque réplique, déclenche des fou-rires. J’aime aussi beaucoup le Dr Von Über, qui pousse la caricature du nazi et de son accent germanique encore plus loin. Jubilatoire.

lazy-company-photo-52a0ceb871a38Coté réalisation, la série franchit un nouveau cap. La Lazy Company, c’est beau, très beau. En plus d’une photographie toujours aussi soignée – qui reprend les couleurs sépia habituellement associées à cette période de l’Histoire – et des costumes vraiment magnifiques – qui se diversifient incontestablement dans la seconde partie de la saison – la Lazy se paye cette année des décors plus prestigieux. Et notamment un château qui sert de décor principal pour toute la seconde partie de la saison et qui, selon les dires de la production, été la résidence secondaire d’Himmler pendant la seconde guerre.

Comme dans la saison 1 qui s’était autorisée un épisode reprenant les codes de la comédie musicale, la saison 2 s’offre ici un épisode hors-normes, sorti cette fois-ci,  de la tradition des films d’épouvante des années 60 : absolument magnifique dans sa réalisation et sa photographie (ah, ces gros plans sur la jolie Vanessa Guide, en mode Ingrid Bergman…), l’épisode a beau être totalement déphasé, il s’incorpore parfaitement dans la trame générale de la saison. Une vraie réussite.

Difficile d’en dire plus sans spoiler trop de choses, mais vraiment, la seconde saison de la Lazy Company est une franche réussite. A voir absolument, en attendant une troisième saison déjà en écriture. Elle devra notamment donner une suite à cet incroyable cliffhanger de fin de saison, qui, personnellement, m’a laissé bouche bée et un poil choqué.

LAZY COMPANY, Saison 2 (OCS)

Créée par Samuel Bodin et Alexandre Philip

Produite par Empreinte Digitale et Six Pieds Sur Terre

Avec : Alexandre Philip (Caporal Niels), Alban Lenoir (Sergent Chester), Antoine Lesimple (Soldat Henry), Benoit Moret (Slice), Aurélia Poirier (Jeanne)

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