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Lazy Company, saison 2 : « Nos personnages sont comme des ados qui apprennent ce que c’est qu’être un héros »

Lazy Company, saison 2 : « Nos personnages sont comme des ados qui apprennent ce que c’est qu’être un héros »

Lazy S02 - EP01 A couvert © Maxime Tschanturia

La Lazy Company redébarque ! Lundi 31, sur OCS City, les quatre bras cassés les plus attachants de l’armée américaine signent leur retour sur le petit écran avec dix nouveaux épisodes. Une saison pleine de surprises, mieux maîtrisée et qui n’a pas peur de mêler le rire aux larmes.

Nous avons décrypté avec Alexandre Philip (cocréateur, scénariste et interprète de Jack Niels) et Samuel Bodin (cocréateur, scénariste et réalisateur de la série) les temps forts de cette saison 2. Un entretien proposé en plusieurs parties, et qui suivra la diffusion de la série du label OCS Signature.

Daily Mars : Comment avez-vous abordé l’écriture de cette nouvelle saison ?

Alexandre Philip : « On livrait encore les épisodes de la saison 1 à OCS lorsque la direction d’Orange nous a annoncé qu’elle voulait que nous travaillions déjà sur la suite. C’était en novembre 2012, je crois. On a enchaîné alors que la post-production des dix premiers épisodes venait de s’achever. Quasi-directement. On a commencé en se disant que l’on voulait rester dans le prolongement des derniers épisodes tournés. On avait trouvé ce à quoi la série devait ressembler. Moins faire du sketch, être beaucoup plus dans la situation. On avait les bases de la suite, puisque la saison se termine sur un gros cliffhanger. Il fallait donc résoudre ce qui était en suspens. En même temps, on s’est interrogé sur le principe d’une saison 2. Ce à quoi ça ressemble, ce qu’on voit dans ces épisodes. C’est comme ça qu’on a décidé de clore l’intrigue autour de De Gaulle et Hitler. Le cliffhanger, c’est un tremplin classique, pratique. Ensuite, on a laissé les intrigues et les personnages nous emmener. Je ne dirai pas que ça s’est fait tout seul (rires) mais on a profité de l’élan de la fin de la saison précédente ».

Le lieutenant Chester (Alban Lenoir). © Maxime Tschanturia

Le lieutenant Chester (Alban Lenoir). © Maxime Tschanturia

D.M. : Dans le prolongement du premier final justement, la notion de perte est très importante cette saison. C’est quelque chose qui s’est imposé très tôt dans votre réflexion ?

Samuel Bodin: « Ca va dans le sens de ce qu’Alex vient de dire. Nous sommes parvenus à définir ce qui nous plaît vraiment et c’est de cette façon que l’on s’est dit « Qu’est-ce qu’on veut raconter sur chacun de nos personnages ? Qu’est-ce que l’on veut découvrir chez eux ? ». Les découvrir dans la perte, c’est venu assez vite. Quand tu aimes des personnages, tu as aussi envie d’être avec eux lorsque cela ne va pas. C’est comme les pièces à trois actes. Celui qui se trouve au milieu est souvent le plus dur pour les personnages. C’est là que l’on prend les coups les plus raides. Cette saison, ils gagnent des choses précieuses mais fragiles. Et ils en perdent d’autres ».

A.P. : « Il y a des choses que l’on voulait vraiment explorer. La notion de groupe. Comment le chaos commence à s’installer. On avait envie qu’ils se frittent entre eux ».

S.B. : « On avait envie qu’ils perdent confiance entre eux, aussi… »

A.P. : « Oui, pour voir comment ils récupèrent ça aussi. L’histoire autour de la bombe nucléaire, on avait vraiment envie de la raconter. Ca nous éclatait, du coup on a foncé. C’est aussi avec de grands enjeux forts qu’on peut raconter des histoires prenantes. Pour aller dans le sens de ce que disait Sam, ça renvoie à ce que Joss Whedon a un jour expliqué sur les suites. Je ne me souviens plus exactement de ses propos mais dans les suites, on a toujours besoin que le récit soit plus sombre parce qu’on a connaît les héros, et maintenant on a envie de souffrir avec eux. Il y a plein d’exemples comme ça : L’Empire Contre-Attaque, entre autres… tout ça pour être vraiment en empathie avec eux ».

L'équipe de Lazy Company saison 2.

L’équipe de Lazy Company saison 2.

D.M.: Vous citez Whedon, et on pense souvent à lui cette saison. L’épisode 3 fait penser à Forever, l’épisode de la saison 5 juste après la disparition de Joyce…

A.P. : « Complètement. Nous explorons les mêmes thématiques que Whedon. On se sent hyper-proches de ce qu’il peut proposer dans son travail parce qu’il aime profondément ses personnages et leurs trajectoires. Dans tout ce qu’il raconte, il a toujours une espèce de douceur, de tendresse très touchante pour ces garçons et ces filles. C’est le cas dans Doctor Horrible, comme c’est le cas dans Beaucoup de bruit pour rien. Tu sens qu’il a travaillé avec ses acteurs à mort ».

D.M. : Au moment de présenter en avant-première cette saison 2, vous aviez la trouille ?

A.P. : « En ce qui me concerne, la trouille, on l’a tout le temps. On avait totalement conscience des défauts de la saison 1. Cette fois, il n’y a rien que l’on ne défend pas. Je crois que la saison est plus homogène ».

D.M. : L’an dernier, vous disiez que vos personnages sont des anti-héros. Pour vous, c’est toujours le cas ? Plus généralement, quand vous présentez la série aujourd’hui, comment la définissez-vous?

S.B. : « On ne la définit plus aujourd’hui. Chaque téléspectateur la définit lui-même en fonction de ce qu’il y trouve. Pour moi, c’est une comédie d’aventures. C’est une formule qui résume assez bien tous ses aspects ».

Un quatuor de bras cassés confrontés à des événements difficiles.

Un quatuor de bras cassés confrontés à des événements difficiles.

D.M. : La question est venue en fait en regardant la saison 2. On a l’impression que vous avez repris les codes du teen show en tant que série sur l’apprentissage pour les mettre au service de votre comédie…

A.P. : « C’est un univers auquel on continue à faire de gros clins d’oeil. Les scènes de briefing qui ressemble à un conseil de classe… Cela reste une comédie d’aventures, avec des passages drôles et d’autres émouvants. Et ce n’est pas toujours drôle ».

S.B. : « Nos personnages sont un peu comme des adolescents qui apprennent ce que c’est qu’être un héros. Pas parce qu’on leur demande, mais bel et bien parce qu’ils ont besoin. Cette saison, cela voit bien avec Chester, par exemple. Ce qui fait qu’ils resteront toujours des anti-héros, c’est qu’ils se débrouillent souvent comme ils peuvent. Mais à certains moments, ils doivent assumer ce qu’ils sont ; et se comporter en héros. Mais ce n’est pas gagné ».

D.M. : D’où l’idée d’apprentissage, d’épanouissement que l’on retrouve dans de nombreux teen movies, comme dans les films de John Hugues…

S.B. : « Oui. Et cet apprentissage, on ne le fait pas tout seul. Breakfast Club le prouve de manière forte. Ensemble, les choses sont moins lourdes à porter. Si je m’apprécie ne serait-ce qu’un peu plus, les choses sont plus facile à porter. C’est d’ailleurs le message de fin d’une série que j’adore, Evangelion, et que plein de gens n’ont pas compris ou ont refusé d’entendre ».

A.P. : « Nos personnages suivent un chemin, comme tous les anti-héros, mais ils font des choix. Ils ne seront jamais des guerriers dans l’âme, ils sont très humains, faillibles ».

Jessica Sanders (Vanessa Guide) et Michael Henry (Antoine Lesimple).

Jessica Sanders (Vanessa Guide) et Michael Henry (Antoine Lesimple).

D.M. : Dans l’épisode 9, Quentin Baillot (Adolf Hitler) fait un sacré numéro pendant toute une séquence. C’est une scène écrite ou est-ce que vous laissez beaucoup de place à l’improvisation ?

A.P. : « C’est écrit dans le scénario. Mais on connaît aussi l’acteur. Pour le général Sanders, qui profère de nombreuses insanités, on s’est dit que ce ne serait pas forcément simple de trouver l’actrice… Mais avec Quentin, si tu lui proposes ce dont on vient de parler, tu sais qu’il va se marrer à le faire mais qu’en plus, il va te le sublimer. C’est pour ça aussi que l’on prend du temps pour choisir nos comédiens ».

S.B. : « Cette année, on a fait des demandes assez ciblées. On a vu moins de gens et on savait que l’on voulait vraiment certaines personnes ».

A.P. : « Comme Vanessa (Guide, qui joue Jessica Sanders, NDLR), que l’on avait vu dans La Bifle et dans plusieurs autres projets ».

D.M. : Visuellement aussi, vous êtes allés encore plus loin cette année…

S.B. : « On a découvert la liberté que l’on avait en saison 1, on a beaucoup appris. On a découvert aussi que oui, c’est compliqué de faire une série mais que malgré tout, on pouvait faire plein de choses. On a donc fait le choix d’exprimer un certain nombre de choses avec des passages sans paroles. Nous avions la même équipe à l’image, les mêmes chef opérateur et cadreurs et j’ai fait encore plus confiance à l’équipe B, qui s’est occupé de ces plans où la nature est très présente. Comme on ne s’est pas trop raté, cela sert bien la narration… on veut encore plus tendre vers ça. Avec les comédiens, c’est pareil : il y a plus de silences. On n’a pas eu plus de temps mais pris plus de libertés ».

D.M. : Tout à l’heure, vous parliez de Lazy Company comme d’une pièce en trois actes. Est-ce que cela veut dire que la saison 3 sera la dernière ?

S.B.: « On pense qu’au terme de la saison 3, on aura fini de raconter ce que l’on a envie de dire, oui. Après, peut-être que la série continuera autrement »

A.P. : « On va clore la guerre et l’histoire de nos héros. Ca n’a pas vraiment de sens de raconter ce qui se passe après. Peut-être que d’autres s’y interesseront. Mais nous, on trouve ça bien de finir les choses ».

S.B. : « Et il va falloir raconter ça. Ce qui est déjà un beau défi en soi »

La semaine prochaine : zoom sur l’épisode 3, Petits Secrets, et ses conditions de fabrication.

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