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LE BAL DES REMAKES (épisode 10/15) : True Lies, Total Recall, Batman & Robin

LE BAL DES REMAKES (épisode 10/15) : True Lies, Total Recall, Batman & Robin

Chaque jour, du 28 août au 18 septembre (sauf les week-ends), un rédacteur du Daily Mars revient rapido sur un remake qu’il a particulièrement apprécié et un autre remake de sinistre mémoire. En bonus : le remake qu’on aimerait voir produit, parce que l’original était fort sympathique mais pas forcément irréprochable. Précision : en gros escrocs que nous sommes, nous avons toléré une petite dose de flou artistique par rapport à la notion même de remake, tout en tâchant de garder une cohérence générale.

NOTA BENE : Les plus perspicaces d’entre-vous noteront la présence d’un fil rouge au sein de cet épisode du Bal des Remakes : un certain Arnold le Chêne autrichien.

LE REMAKE DU BIEN : True Lies de James Cameron (1994)

Si les Américains ont eu la clairvoyance de renoncer à adapter Bienvenue chez les Ch’tis, ils l’ont également eu en choisissant de réaliser le remake de La Totale, sorti en 1990 dans nos salles hexagonales. Les remakes américains de productions françaises ne sont pas légion et celui-ci tient le pari de l’embellir dans son adaptation US. Enfin, plutôt qu’embellir, « muscler » serait plus juste car True Lies obéit à la loi du « bigger, faster, stronger » : le mot d’ordre était de refaire le film de Claude Zidi en plus fast & furious. Le film français jouait sur la cellule familiale en pleine explosion alors que la véritable identité d’espion du patriarche se révélait. Côté US, c’est tout juste l’inverse, James Cameron (qui signe aussi le scénario) allait jouer d’un genre spy-actioner maîtrisé pour y donner une touche d’humanité.

Premier acte, trouver les Thierry Lhermitte, Miou-Miou et Michel Boujenah américains. Tout droit sortis de la salle de muscu, le trio Schwarzy – Jamie Lee Curtis – Bill Paxton (cherchez l’erreur) campe des personnages qui prennent de l’épaisseur au sens premier mais en perdent quelque peu au second. D’autant que le quatrième larron, le personnage d’Albert, valait presque à lui tout seul le clou du film de Zidi, sous les traits d’un Eddy Mitchell alcoolo aux mœurs légères. À côté de lui, Tom Arnold fait pâle figure, édulcoré jusqu’à le rendre transparent.

Mais attention True Lies est bien à ranger parmi les Remakes du Bien, contrairement à ce que laissent entendre ces petits râlages. Mieux, True Lies n’est pas qu’un remake, le film est à mon sens une suite inattendue de Last Action Hero, sorti un an jour pour jour plus tôt. Si la mise en abyme du mythe Schwarzie n’est pas aussi développée que dans le film génial de McTiernan, True Lies joue du futur Governator comme d’un jouet indestructible et des clichés du Bond movie. Si Schwarzie passe à travers les balles, autour de lui, ça pète méchamment par contre ! Les 115 millions de dollars de budget ne sont pas partis que dans les cachets des acteurs, ils se voient à l’écran sur chaque plan, dégoulinant d’un too much assez jouissif. Efficace, il n’écrase pas pour autant l’original dont il est issu : True Lies et La Totale peuvent être vus avec un même plaisir, sauf que le premier s’écoute davantage tandis que le second ravira plutôt vos mirettes. Ah, le bon temps des films du dimanche soir…

LE REMAKE DU MAL : Total Recall de Len Wiseman (2012)

Avant de dire du mal de son remake, commençons par démonter un peu l’original. Aujourd’hui Total Recall premier du nom figure parmi les grandes « œuvres » de SF, à la fois pour le rôle de cinéaste maudit dont jouit désormais Paul Verhoeven que pour l’inspiration K. Dickienne du scénar’. Mais ce ne fut pas toujours le cas et comme souvent chez Verhoeven, il fallait gratter sous la couche primitive et kitsch pour y voir les vraies aspirations du metteur en scène. Attention, le Total Recall de 1990 est un huge success mais la reconnaissance critique est venue au fil des ans. Parmi, les wanna-be Verhoeven du 21ème siècle, c’est là qu’apparaît Neal H. Moritz. Producteur prolifique, le 7ème art lui doit des chefs d’œuvre comme la série des I Know What You Did Last Summer, Urgan Legend et Cruel Intention. Son truc, c’est donc davantage les suites à gogo pour gogos que les remakes. Et il faut croire qu’il existe un club des serial directors puisque l’ami Moritz signe Len Wiseman pour reprendre le fauteuil de réalisateur de Verhoeven. Quand il ne torche pas un énième Underworld, Wiseman refait un Die Hard, bref, le mec s’y connaît en recyclage. Passons…

Ce seul choix d’opérateurs aux manettes avait suffit pour beaucoup à sceller l’avenir du remake, mais ce n’est pas tout, les tâcherons allaient nous faire la totale (huh huh). Car si Total Recall : Mémoires Programmées restera dans les manuels cinématographiques comme une œuvre référence, c’est au rayon des DON’Ts : les trucs à ne pas faire lors d’un remake.
Se sachant tout sauf des visionnaires, les types vont pécher par excès de zèle. En voulant coller davantage à la nouvelle de Philippe K. Dick pour se blinder auprès de la geekosphère (« vous avez vu, on sait lire ! »), ils enlèvent une partie du sel de l’original, à savoir la planète Mars et sa faune. Et ce n’est pas une nana à trois nibards qui suffira à nous donner une gaule interstellaire.

Quant au concept de transport intra-terrien de la Chute, il s’agissait au premier abord d’une excellente idée pour reproduire cette bipolarité entre deux mondes sans quitter notre planète pour autant. Oui mais… au détail prêt que ce mode de transport s’avère totalement invraisemblable. La suspension de crédulité, OK, mais de là à nous prendre pour des teubés…
Pour rester dans le domaine de la « déco », le bras droit de Wiseman, Patrick Tatopoulos, son fidèle directeur artistique, nous offre une univers visuel plutôt bien léché, si ce n’est encore une fois qu’on l’a déjà vu dans Blade Runner, Minority Report, Le Cinquième Élément et j’en passe. Ce n’est plus de l’hommage à ce stade, c’est un braquage artistique.
Mais au final, ce n’est pas très grave, car tout cela, vous ne le verrez pas vraiment, pris dans un rythme effréné genre « attrape-moi si tu peux » totalement illisible en termes d’action et de combats. Reste les jambes de Kate Beckinsale lorsqu’elle distribue des high-kicks. Les fétichistes apprécieront, les autres…

Quant à ces acteurs justement, on souffre pour eux, incapables de faire passer le moindre degré de paranoïa ou de schizophrénie de l’original. Dieu, que ces 118 minutes sont longues et ils ont trouvé le moyen d’ajouter près d’un quart d’heure supplémentaire sur le DVD/Blu-Ray. La torture doit être totale.
S’il est facile à ma place de tirer sur l’ambulance, je tiens à préciser que ce rappel n’est pas sans vertu alors que Moritz lorgne méchamment sur l’autre pamphlet de Vervoehen, Starship Troopers, prêt à souiller également au passage le livre de Robert Heinlein. Sans compter que Moritz a également dans le collimateur les remakes d’Highlander ou encore de Battle Royale. Alors Neal STP, si tu nous lis, concentre toi sur tes 22 Jump Street, Fast & Furious 7 et autres opus de xXx.

 

LE REMAKE DU POURQUOI PAS : Batman & Robin de Joel Schumacher (1997)

Ce cher Jérôme Tournadre ayant éhonteusement volé mon idée de remake de The Running Man avec Schwarzie, tu devras te contenter de Batman & Robin ami lecteur.
Alors pourquoi refaire le film de Joel Schumacher ? Pour enterrer l’original pardi, c’est déjà une raison ô combien valable. Mais mieux, le désir de voir un nouveau Batman & Robin obéit à une certaine maturité du genre super-héroïque au cinéma (et de ses spectateurs). Maintenant que le premier volet du Marvel Cinematic Universe est achevé et les Batman rebootés comme il se doit, le temps est venu de s’aventurer de nouveau sur les chemins de traverse. Ce sera le cas on l’espère avec X-Men: Days of Future Past et Guardians of the Galaxy aux storylines ambitieuses (du moins dans les comics).

Pour en revenir à Batman & Robin, l’une des volontés de départ du film honni de Schumacher était de payer un hommage à la série télé des années 60 avec Adam West, surfant sur la dimension cloonesque du premier Batman de Burton en 1989. Inutile de revenir sur le ratage complet et laissez-moi plutôt vous dire quel a été le déclic qui me laisse penser qu’un remake de Batman & Robin serait possible, voire bienvenu. Attention (haters gonna hate !), ce sont les OSS 117 d’Hazanavicius qui me permettent de croire qu’un tel degré de parodie serait de nouveau envisageable sur Batman, sans nuire pour autant aux arcs narratifs sérieux développés par ailleurs comme avec Nolan.

Mieux, Hazanavicius lui-même serait le candidat idéal pour nous offrir une comédie d’action super-héroïque, à la fois parodique et vintage. Du rôle d’Adam West à celui d’Hubert Bonisseur de La Bath, franchement la différence n’est pas flagrante et sûrement pas choquante, alors pourquoi ne pas refiler le costume à Jean Dujardin ? Haïssez-moi si vous voulez, piétinez mon nom, mais n’empêche que c’est une putain de bonne idée.

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