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Le bal des Remakes (épisode 1/15) : The Thing, Piranha 3D, Le Trou Noir

Le bal des Remakes (épisode 1/15) : The Thing, Piranha 3D, Le Trou Noir

A l’occasion de la sortie de L’Aube Rouge de Dan Bradley, remake du petit classique guerrier de John Milius, les rédacteurs du Daily Mars plongent dans leurs souvenirs : chaque jour pendant trois semaines, l’un d’entre nous reviendra sur un remake qu’il a particulièrement apprécié et un autre remake de sinistre mémoire. En bonus : le remake qu’on aimerait voir produit, parce que l’original était fort sympathique mais pas forcément irréprochable. Précision : en gros escrocs que nous sommes, nous avons toléré une petite dose de flou artistique par rapport à la notion même de remake, tout en tâchant de garder une cohérence générale. N’hésitez à nous signaler si, à vos yeux, nous avons lourdement confondus remakes et reboots. Ou remakes et nouvelle adaptation d’une même oeuvre littéraire, comme c’est le cas de l’intouchable The Thing de Carpenter, qui reçoit le logique honneur d’ouvrir le bal !

 

1) LE REMAKE DU BIEN : The Thing, de John Carpenter (1982)

Au moment où John Carpenter débute le tournage de The Thing, en 1981, il est aux portes de la gloire. Avec Halloween, Fog et New York 1997, il vient d’enchaîner trois succès commerciaux et critiques, tout en se façonnant une solide réputation de jeune officier montant de la nouvelle garde du cinéma fantastique. Premier film réalisé par Carpenter pour le compte d’un grand studio (Universal), The Thing devait définitivement sceller son statut de star du genre et le propulser vers de grandes destinées, peut-être même au-delà de ce genre.

Criblé de nombreux soucis de réécriture à partir du script de Bill Lancaster, marqué par un tournage physiquement harrassant, le film va au contraire briser net l’ascension de Big John. Sorti le 25 juin 1982 (deux semaines après E.T, également distribué par Universal), violemment étrillé par la critique, voire même par une partie des fans de SF (qui saluent les hallucinants effets spéciaux de Rob Bottin tout en reprochant au film sa trop grande… froideur), The Thing remboursera à peine sa mise initiale au box office américain. Un échec incontestable, vécu comme une terrible humiliation par un Carpenter blessé qui reconnait encore aujourd’hui à quel point ce triste sort a négativement impacté toute sa carrière future. Quelle injustice !

Davantage une réinterprétation de la nouvelle Who goes there de John W. Campbell qu’un remake du classique de Christian Nyby et Howard Hawks, The Thing est assurément l’un des plus grands films de son auteur. Visuellement son plus beau, grâce à l’époustouflante photo du grand Dean Cundey, thématiquement son plus passionnant et dramatiquement son plus radical, par sa noirceur et l’implacable désespoir qui hante ce récit jusqu’à son glaçant final. Premier volet d’une “trilogie de l’apocalypse” qu’allaient poursuivre Prince des Ténèbres (1987) et Dans L’antre de la folie (1994), The Thing a peu à peu gagné ses galons de classique grâce à ses diverses vies en vidéo jusqu’à nos jours. Il est à juste titre considéré aujourd’hui, avec Assaut, comme le grand chef-d’oeuvre de Carpenter. Un conte morbide et misanthrope auquel il manque incontestablement un supplément de caractérisation des personnages (Carpenter l’admet lui-même) mais peu importe : 30 ans après sa sortie, sa beauté anxiogène, le génie du travail de Bottin et l’immense maîtrise de la mise en scène balaient sans aucun mal ce léger impair.

 

2) LE REMAKE DU MAL :  Piranha 3D, d’Alexandre Aja (2010)

Selon Aja, Piranha 3D n’est en aucun cas un remake du Piranhas de Joe Dante : si quelqu’un peut m’expliquer ce mystère alors que les deux intrigues sont tout de même rigoureusement identiques, je suis preneur ! Au risque de me faire écorcher vif par une bande de Joe Dantephiles enragés, le Piranhas de 1979 a beau être des plus sympathiques, on est tout de même très loin d’un grand classique tétanisant de génie.

Il reste pourtant mille fois plus sympathique que la boursouflure démago concoctée par Alexandre Aja et son complice d’écriture Grégory Levasseur, sous la bannière Dimension Films et sur la base d’un scénario signé Josh Stolberg et Peter Goldfinger. Beauf, con, vulgos, consciemment méta-campy (la pire espèce), truffé des pires VFX censés représenter la poiscaille meurtrière, ce nanar se repaissant de sa propre vulgarité n’a même pas l’innocence comme circonstance atténuante. Mais il parait qu’y a des fans !

 

3) LE REMAKE DU POURQUOI PAS :  Le Trou noir, de Gary Nelson (1979)

La partition envoûtante de John Barry, la maquette magnifique du vaisseau USS Cygnus, l’ouverture présentant le fameux trou noir en images de synthèse, les robots, le final mongolo-métaphysique…. Je n’ai jamais revu Le Trou Noir depuis sa sortie en salles mais sa découverte juste après Star Wars fut un sacré choc d’enfance. Le film valant nettement mieux pour sa facture technique que pour sa narration et son interprétation, un remake un tant soi peu sérieux et soigné pourrait carrément s’avérer des plus excitants au regard des possibilités technologiques.

Fomenté depuis 2009 par Disney, le futur nouveau Trou Noir est écrit par Jon Spaihts (le scénariste de la première version de Prometheus avant les tripatouillages de Lindelof) et sera mis en scène par Joseph Kosinsky. On ignore à ce stade si le film sortira avant ou après Star Wars (en 1979, Le Trou Noir surfait déjà sur le succès du film de Lucas), développé au sein du même studio, mais une chose est certaine : entre les films spatiaux de Marvel, l’ex-franchise de Lucasfilm et Le Trou Noir, les prochaines années seront très cosmiques chez Disney. Kosinsky a déclaré cet été que ce Trou Noir tiendrait davantage du reboot que du remake….

 

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