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Le club des punks contre l’apocalypse zombie : de la bière et des viscères

Le club des punks contre l’apocalypse zombie : de la bière et des viscères

Note de l'auteur

Le chanteur et parolier du groupe (punk) Ludwig von 88 nous présente un futur post-apocalyptique bien trash, où c’est la guerre, entre les punks et le Medef.

55908L’histoire : Le Collectif du 25, c’était un groupe de punks bien comme il faut. Sérieusement, à part pas aimer les keufs, et aimer écouter de la musique bien fort, ils n’avaient rien fait à personne. Mais voilà, un jour, c’est l’apocalypse zombie. Alors, faut non seulement survivre, mais en profiter pour faire vivre l’Anarchie. C’était sans compter ces enfoirés du Medef, et ces anges à la con.

Mon avis : Ouvrage hautement politiquement incorrect, Le Club des punks contre l’apocalypse zombie nous entraîne dans un monde où il faut non seulement survivre dans un Paris dévasté, mais aussi s’attaquer à ceux qui veulent faire revivre un capitalisme sauvage. Karim Berrouka nous entraîne à la suite de Fonsdé, Kropotkine, Mange-Poubelle ou Eva, chacun des personnages ayant son mot à dire et sa partie de la capitale à explorer. C’est drôle, encore plus quand on reconnaît les quartiers défoncés de Paris et les airs chantonnés par nos punks. Ça a un côté sale gosse assumé, même s’il y a quelques longueurs.

Le souci principal est sans doute sa grande proximité avec les BD de Tanxxx, notamment Faire danser les morts. Bon certes, il y a plusieurs façons de parler de l’apocalypse, des punks et des zombies. Mais ça peut mettre foncièrement mal à l’aise le lecteur de voir que, comme chez l’auteure de BD, la musique a une influence sur les zombies. C’est d’autant plus dommage que c’est vraiment sympa, dans un humour totalement décalé et avec des personnages parfois clichés mais si délectables.

Karim Berrouka

Karim Berrouka

Si vous aimez : Anarchie vaincra ! Ils sont noirs de nos peines, ils sont rouges de notre sang. Et John meurt à la fin pour le côté des pieds-nickelés.

Autour du livre : Il s’agit du troisième ouvrage de l’auteur chez ActuSF. Karim Berrouka écrit depuis 2002.

Extrait : « Eva ouvre grand les yeux, agite la tête, prête à signifier que, merde, il sait très bien quelle est sa position en ce qui concerne la barbaque et la violence, elle ne laisse pas entrer un steak ambulant dans le squat, elle ne frappe personne, même pas un keuf, enfin si peut-être un keuf, mais faut qu’il y ait une bonne raison… Fonsdé ne lui laisse pas le temps d’exprimer ses réticences. Il ouvre aussitôt le portail. Et l’abomination à pattes bondit à l’intérieur, tel un pudding de jelly de viscères, une méduse de boyaux qui frétille et ondule, dégoulinant de sang et d’humeurs, et empestant la charogne. La vision colle aussitôt un haut-le-cœur à Eva, qui manque de tourner de l’œil. Le poulpe d’entrailles suintantes, en plus du dégoût qu’il provoque, lui apparaît comme la provocation ultime. Il concentre toute sa haine de l’exploitation animale, une apologie de la consommation de viande, du gâchis orchestré par la société qui doit à tout prix se remplir le bide de cadavres. C’en est trop pour elle. Elle balance un coup de batte, visant ce qui doit être la tête. Toutefois, l’atrocité ambulante a senti venir l’attaque. Le monstre a fait un pas en arrière, et la batte n’attrape que quelques tentacules de bidoche.
– Arrête, Eva, c’est Mange-Poubelle !  »

Sortie : mai 2016, éditions ActuSF, 413 pages, 18 euros.

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