Le Contrat Salinger : le livre était presque parfait

Le Contrat Salinger : le livre était presque parfait

Note de l'auteur

Et si vous pouviez écrire un livre, pour un lecteur unique. Un crime par exemple, ou une histoire de vengeance. Quel serait le prix de votre unicité ? Et de votre silence ?

L’histoire : Adam Langer est un ancien journaliste, aujourd’hui père au foyer. Il a voulu un jour être auteur, mais ça n’a pas été une réussite. Un jour, il croise un auteur de thriller, Conner Joyce, qui se met à lui raconter l’histoire d’un drôle de contrat : un roman, unique, qui n’aurait pour lecteur qu’un seul homme mystérieux.

Mon avis : Mi-réflexion sur le lecteur, mi-roman de polar, Adam Langer emmène le lecteur dans un monde où réalité et fiction se mêlent. Écrivains célèbres et parodies d’auteurs, on se demande où veut nous mener ce Contrat Salinger : vers une quête des origines ou vers le crime parfait ? Faussement faustien, il propose à un auteur de vendre (son âme) et d’écrire un livre tout en promettant le secret absolu à ce sujet.

Adam Langer

Adam Langer

Roman au rythme lent, il est malheureusement un peu trop court pour réellement s’attacher à des personnages relativement stéréotypés : le garde du corps un peu bête et costaud, l’autrice de bit-lit hystérique, le journaliste désabusé. Alors, certes, Adam Langer cherche à retourner le stigmate de certaines facilités de récit, mais sans pour autant faire vibrer son lecteur.

Livre néanmoins facile à lire, assez agréable et qui offre une réflexion sur ce qui est vrai, ou faux, dans les histoires.

Si vous aimez : les livres à lire en buvant dans une noix de coco, sans qu’il ne s’agisse d’un roman à l’eau de rose.

Autour du livre : Adam Salinger est originaire de Chicago où se passe une partie de son histoire. Ancien journaliste, Le Contrat Salinger est son sixième roman.

Extrait : « Conner m’assura que je n’avais rien à craindre. Il s’inquiétait uniquement pour sa sécurité à lui. Les précautions dont il s’entourait étaient probablement inutiles, c’était juste son petit côté parano : il avait peur d’être sur écoute, ou pris en photo. Le fait est qu’il était beaucoup plus difficile de mettre une piscine sur écoute qu’une chambre d’hôtel. S’il n’avait pas été père de famille, m’expliqua-t-il, il n’en aurait rien eu à foutre. Mais la sécurité était désormais une priorité. Donc, je me pliai à son petit numéro qui, dans tous les cas, était plus intéressant que le mien. À cette heure-là, j’aurais dû être à la maison à laver les couches, vider le lave-vaisselle, lire des livres de cuisine, vérifier des recettes sur Epicurious, harceler des vieilles copines sur Facebook et imaginer de nouvelles histoires susceptibles de m’attirer des ennuis – Neuf Ex, par exemple. »

Sortie : 20 août 2015, éditions Super 8, 312 pages, 20 euros.

 

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