Le Désert des supplices : voyage en enfer intérieur

Le Désert des supplices : voyage en enfer intérieur

Note de l'auteur

Suite des aventures intérieures de Richard et Kahlan, souverains de D’Hara. Outre la menace extérieure de la Déesse d’Or, ils doivent affronter le danger intérieur du “Désert des Supplices” et du voyant qui s’y terre… au cœur le plus intime du Palais du Peuple.

L’histoire : Traqués par la Déesse d’Or, capable de les espionner à travers les yeux de tous les résidents du Palais du Peuple – excepté les détenteurs du don –, Richard et Kahlan décident de partir pour la Forteresse du Sorcier. Là-bas, ils pourront compter sur l’aide des Sœurs de la Lumière et sur les défenses surnaturelles de l’ancien fief de Zedd. Hélas, même les plans les mieux conçus comportent des failles. Enceinte de jumeaux, Kahlan ne pourra voyager dans la sliph : ni elle ni les bébés à venir n’y survivraient. Une impasse mortelle pour le Sourcier et la Mère Inquisitrice ?

Mon avis : Après un premier tome qui introduisait les Carnassiers et la Déesse d’Or, et un deuxième tome développant la nouvelle menace posée par la Déesse et explorant les entrailles du Palais du Peuple, on continue, dans ce troisième volume, de plonger au cœur le plus intime de la demeure des Rahl. Où l’on découvre que ce qui est peut-être le secret le mieux gardé du Palais représente une arme incroyable… mais une arme à double tranchant.

Terry Goodkind joue sur un nouveau lieu et un nouveau personnage pour relancer la machine. Au moment où Richard, Kahlan, Shale et les Mord-Sith s’apprêtent à fuir vers la Forteresse du Sorcier, une nouvelle menace fait son apparition. Un homme inquiétant, capable de « subjuguer » une Mord-Sith : Moravaska Michec, un voyant, associé du précédent seigneur de D’Hara. Un homme aux pouvoirs considérables. Une menace de l’intérieur : non, décidément, Richard et Kahlan ne peuvent abandonner le Palais, au risque de voir ce Michec prendre le pouvoir.

Le « Désert des supplices » (zone désignée par le code M111-B sur les plans) est le nom donné par Darken Rahl à l’espace, situé quelque part dans les profondeurs du Palais, dont Michec a fait sa tanière. Un espace bizarre et surnaturel, préviennent les guerrières Nyda et Rikka :

Une sorte de labyrinthe où s’entrecroisent des passages qui perturbent l’esprit et des impasses qui le désespèrent. S’y perdre serait très facile, sans avoir une chance de retrouver son chemin…
C’est si dangereux que la zone n’est pas limitée d’accès, mais interdite par une succession de portes verrouillées. Nous pouvons vous y conduire, mais si un voyant s’y cache, l’aventure sera plus que dangereuse. Mortelle, en fait… Contrairement à Darken Rahl, Michec était fasciné par le Désert des Supplices. Il y allait très souvent. Comme Berdine peut en témoigner, c’est un vrai sadique. Ici, certains le surnommaient “Michec le Boucher”. »

Terry Goodkind

Certes, le Palais recèle « une kyrielle d’endroits de ce genre », mais il s’agit en principe d’éléments de défense, pour perdre et annihiler des envahisseurs potentiels. Dans le cas du Désert, l’objectif paraît plus trouble. D’où la belle idée de cette novella : le Palais comme une « forme de sortilège », un dessin composant l’enchantement lui-même, destiné à amplifier le pouvoir du Rahl quand celui-ci y réside. Et le « Désert », en tant que « complication », ajoute une dimension à ce sortilège – on n’en dira pas plus pour ne pas divulgâcher la suite.

Un autre passage, moins réussi, concerne la montée de la fureur de Richard face à une agression massive de Carnassiers. C’est souvent le problème avec Goodkind : il en dit trop, les moments d’actions sont appesantis par des ajouts quelque peu verbeux et parfaitement inutiles. L’énergie ralentit et le.la lecteur.trice « sort » en partie du mouvement. À l’instar d’un Robert Jordan, Goodkind n’échappe pas à la répétition.

On n’en lit pas moins avec plaisir ce troisième volume des Enfants de D’Hara, électrisé par un cliffhanger final gore à souhait. Et la « descente au Désert » rappelle autant Philip José Farmer que le Clive Barker des Évangiles écarlates. On peut trouver pire, comme références.

Le Désert des supplices – Les Enfants de D’Hara t. 3
Écrit par
Terry Goodkind
Traduit par Jean Claude Mallé
Édité par Bragelonne

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