Le facteur : I am poor lonesome postman

Le facteur : I am poor lonesome postman

Note de l'auteur

le_facteurDans une Amérique dévastée, David Brin nous entraîne en compagnie de Gordon, sur les chemins de l’espoir.

L’histoire : Dans un univers post-apocalyptique, où l’électricité et les machines ont disparu, Gordon tente de survivre à travers la radioactivité en allant de village en village comme saltimbanque. Jusqu’au jour où il tombe sur un vieil uniforme des postes. Et s’il se faisait passer pour un facteur, et faire renaître, malgré lui, l’espoir d’un pays à nouveau unifié ?

Mon avis : Dans cet ouvrage très divertissant, David Brin nous entraîne dans un western postmoderne, où les hommes et les femmes sont renvoyés dans un monde sans avoir oublié le confort et la philosophie d’avant la guerre. Gordon fait partie de ces hommes, un peu idéalistes, et un peu perdus. Face à lui, des holnistes, tenant d’une philosophie survivaliste et féodale. Deux visions du monde qui s’affrontent.

MV5BMTAzNzg0OTE5NjheQTJeQWpwZ15BbWU3MDc1MDEwMjE@._V1_SX640_SY720_Gordon, en soi, est un personnage très attachant. Malgré lui, le voilà prisonnier d’un mensonge, celui d’un service postal, qui lui sert certes à survivre, mais qui l’emprisonne dans un rôle, celui de porteur d’espoir. Des personnages attachant le suivent, qu’il s’agisse de Dena la féministe, la sage Mme Thomson, le mystérieux Georges Powhatan. Tous se retrouvent liés par ce mensonge, dans un monde de violence et d’atrocité, de mensonges et de reconstruction. Le roman, publié en 1984 pour sa première partie, a reçu le prix Locus du meilleur roman de science-fiction en 1986. Et il n’a pas pris une ride !

Dans ce western, nous suivons Gordon sur sa route, devinant ici et là les stigmates de cet Hiver de trois ans. Nous le voyons goûter à nouveau à la compagnie des hommes alors que son destin le pousse toujours sur la route. Pris dans son histoire, le voilà désormais responsable, et surtout, éclaireur et avant-poste d’une Amérique espérée. Si le roman fait appel à des notions historiques des États-Unis, chacune d’entre elle est expliquée en note de bas de page, et on se retrouve à accompagner ce passage dans une nouvelle civilisation, à travers cette histoire divertissante.

Autour du livre : Un film, The Postman avec Kevin Costner, en a été tiré en 1997.

Si vous aimez: La route de Cormac McCarthy, version très light et pop.

2241572ybaws0nk9irxo0qcniqawdibhtqzl2aid_hyijlv1i5vllmaincufwgyzgonpfg54bcgdkzs2m9ecdxuiwqExtrait : « Elle n’était qu’une gamine en bas âge lorsque la civilisation s’était effondrée. Hormis les atroces journées qui avaient directement précédé son adoption dans la maison de Cyclope – journées vraisemblablement effacées depuis longtemps de sa mémoire -, elle avait grandi dans ce qui était peut-être le seul endroit au monde où subsistât un vestige du confort d’antan. Pas étonnant qu’elle n’eût pas encore de cheveux blancs à l’âge déjà mûr, désormais, de vingt-deux ans.
– Il y a ceux qui prétendent que ce fut précisément la technologie qui amena la ruine de la civilisation, suggéra-t-il en s’asseyant sur une chaise près du lit et en fermant les yeux dans l’espoir qu’elle aurait assez d’intuition pour partir sans tarder. Et l’opinion de ces gens mérite d’être prise en considération. Les bombes, les épidémies, l’Hiver de Trois Ans, l’explosion de tous les réseaux d’une société interdépendantes… »

Sortie : septembre 2015, éditions Milady, 479 pages, 8,20 euros.

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