Bis de Cannes (part 1)

Bis de Cannes (part 1)

Notre envoyé spécial à Cannes, Barry Convex, a écumé le marché du film à la recherche des pépites du cinéma bis, loin des paillettes et des cocktails, en bas des marches et du tapis rouge sang.

Vous voulez des nouvelles du dernier Nuri Bilge Ceylan, du prochain Godard en 3D ? Passez votre chemin : le Daily Mars est à Cannes pour vous parler de cinéma de genre, du Marché du Film aux sélections parallèles en passant par les séances de minuit.

Faisons déjà un petit tour (totalement subjectif) du Marché pour se faire une idée de l’état du genre en 2014.

asmodexia-(2014)-large-pictureRien de neuf sous le soleil avec Asmodexia, premier film du réalisateur espagnol Marc Carreté et variation autour du thème rebattu de l’exorcisme. La seule originalité ici tient peut-être au duo formé par un exorciste et sa petite fille de quinze ans, et à une intrigue un peu moins linéaire que celle, mettons, du Dernier exorcisme. La photo soignée en scope ne masque pas le faible budget d’un film qui fleure bon le cinéma bis.

wolfcopUn délicieux fumet de bis (à la limite du Z) émane également de Wolfcop, production canadienne, qui suit les mésaventures d’un policier (le sergent Lou Garou, ça ne s’invente pas) qui se transforme en lycanthrope les nuits de pleine lune. Pour pallier son budget infime, le réalisateur Lowell Dean ne parie pas sur l’esthétique mais plutôt sur des transformations plutôt gore (et sans images de synthèse, c’est assez rare pour le souligner) et un humour potache plus ou moins percutant. Le cocktail fonctionne quand même suffisamment pour qu’on ne quitte pas la salle en milieu de séance.

danger dollsLa tentation de partir avant la fin du japonais Danger Dolls est en revanche très forte. Spécialiste des franchises (Death Note, Gamera, Godzilla) et réalisateur d’un sketch de Necronomicon, Shûsuke Kaneko pouvait passer pour un honnête artisan. Mais ce film d’action, apparemment destiné à un public jeune (pas une goute de sang ne vient entacher les nombreux combats au sabre), est parasité par un scénario répétitif (des filles en jupe combattent des créatures extraterrestres) et une mise en scène peu inspirée. Pour couronner le tout, le DCP projeté est de qualité plus que médiocre et inexplicablement doublé en anglais.

monsterszToujours en provenance du Japon, Monsterz, de Hideo Nakata, n’est heureusement pas du même niveau. Adapté d’une oeuvre sud-coréenne, cette histoire de mutants qui lorgne furieusement du côté du Shyamalan de Phénomènes et Incassable, est une semi-réussite. La sobriété de la mise en scène et l’attention portée aux deux personnages principaux font tout le prix de ce film certes un peu un peu longuet, mais qui contient quelques scènes choc plutôt bien troussées. On est aussi loin du Nakata des grandes heures de Ring et Dark Water que de celui de l’horrible Chatroom.

Barry Convex

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