• Home »
  • SÉRIES »
  • Le point de non-retour dans les séries, épisode 2 (Heroes, MillenniuM, Prison Break)
Le point de non-retour dans les séries, épisode 2 (Heroes, MillenniuM, Prison Break)

Le point de non-retour dans les séries, épisode 2 (Heroes, MillenniuM, Prison Break)

1. Le final de la saison 1 qui fait pfuittt

La série : Heroes

L’épisode : 1×23 – How to stop an exploding man

par Dominique Montay

« Don’t save Tim Kring. Save the show »

Ah. Heroes. La bonne surprise de début 2006. Pas parfaite, loin de là, mais suffisamment bien troussée pour être excitante. Une série sur des super-héros, tous en mode « origin story ». Alors oui, on pourra râler sur le fait que personne n’y parle de super-pouvoirs, mais d' »abilities » pour faire un peu snob. Mais après tout, un des plus gros succès de la télé utilise bien « walker » au lieu de zombies. La télé c’est snob, au final.

Pendant toute une saison, Tim Kring et son équipe ont fait monter la mayonnaise, à grands coups de flashforwards, et en érigeant le méchant de la saison, Sylar, en super-vilain ultra puissant et invincible. C’est écrit, quelqu’un doit exploser et raser la ville de New York.

Et là on se dit : « ça va chier ! », on trépigne sur notre canapé (ou fauteuil, je ne suis pas sectaire), on n’en peut plus d’attendre, ça fait 23 épisodes qu’Hiro (le petit japonais rigolo qui traverse le temps et l’espace grâce à la magie de la constipation) a vu que ça allait péter. Et puis il y a « save the cheerleader, save the world », bordel. Allez ! Allez ! On y va ! On tient plus ! Diffusez l’épisode !

Et on a eu le droit à ça. Donc en gros, un groupe de super héros s’érige face à Sylar. Mais Sylar est super balèze et envoie bouler tout le monde. Et Peter, super énervé, frappe Sylar et commence à devenir fluo. Pour rappel, Peter Petrelli a le pouvoir est d’absorber les pouvoirs des autres, et a récupéré celui d’un gars qui peut devenir une bombe nucléaire. Pendant que Sylar se moque de Peter sur le mode « t’es un vilain garçon, c’est moi le gentil », Hiro le fourbe en profite pour l’empaler sur un sabre.

Bob l’éponge

Sylar hors circuit, on peut s’occuper de Peter « uranium » Petrelli. Claire pointe le pistolet sur lui et va tirer. Après tout, il fallait la sauver pour sauver le monde. A la suite d’un combat décevant au possible, on va peut-être avoir droit à un évènement marquant, traumatisant pour Claire, obligée de tuer quelqu’un qui compte pour elle. C’était sans compter sur Tim Kring, dont le super-pouvoir est d’être nul.

Le frère de Peter, Nathan, débarque et s’envole avec Peter pour qu’il explose super haut. En gros, Hiro du futur s’était gouré, il fallait dire « save the dirty politician, save the world ». Mais on ne va pas faire la fine bouche. Mais quand même, Nathan est très très con. Si Claire bute Peter, ça fait un mort. Si Nathan fait voler Peter, ça fait deux morts. Et… il vole plus Peter, vu qu’il avait le pouvoir de Nathan ?

Tim Kring avait joué le jeu du final annoncé à l’avance, qui ne peut offrir que deux solutions : appliquer à la lettre ce qui est annoncé, de façon sinistre, ou surprendre tout le monde avec un rebondissement inattendu. Kring a décidé de ne pas décider. Son final est un mash-up des deux solutions, dans une ambiance bien pépère là où l’on attendait de l’épique. Heroes ne se remettra jamais de ce final, et prouvera le manque de talent, de courage artistique et de crédibilité de son showrunner.

2. Ah ben non, en fait, tout le monde va bien

La série : MillenniuM

L’épisode : 3×01 – The Innocents

par Sullivan Le Postec

« Non, mais en fait, ça va bien… »

La deuxième saison de MillenniuM, écrite par Glen Morgan et James Wong, s’était terminée sur un grand moment de télé. Une version modifiée du Virus de Marburg avait été lâchée dans la nature par le groupe Millennium, et on assistait à un véritable début d’apocalypse, la maladie faisant des victimes aux Etats-Unis, mais aussi bientôt ailleurs dans le monde, notamment en Chine comme on l’entendait à la fin de l’épisode.

Bien sûr, de l’apocalypse, on ne voyait pas nécessaire grand-chose, puisque nous collions aux basques du personnage principal, réfugié dans une cabane dans la forêt. Elle semblait néanmoins très réelle.

Morgan & Wong pensaient que la série serait annulée. Si on regarde attentivement, ils laissent néanmoins des pistes qui permettraient de rebondir pour une troisième saison. Mais quand MillenniuM est renouvelée à la dernière minute, ils sont déjà loin et personne ne semble bien sûr de savoir quoi faire.

Carter nomme deux co-showrunners : Chip Johannessen, scénariste présent sur la série depuis la première saison (mais le seul dans l’équipe à sembler persuadé que la science est le thème principal de MillenniuM) et Michael Duggan, ex de Law & Order et Brooklyn South que Carter venait de recruter.

Duggan et Johannessen en viennent à imposer la pire solution qui soit. L’apocalypse ? C’était une grosse crise de parano ! Le bilan total de l’épidémie de Marburg s’élève en fait à 80 morts. Tant pis si tout cela rend Frank Black assez stupide – voire responsable de la mort de sa femme.

Mulder et Scully ?

Malgré ce spectaculaire anti-climax, les deux scénaristes en restent à l’idée d’un groupe Millennium démoniaque. Leur restructuration de la série, avec Frank Black qui réintègre le FBI et enquête avec une partenaire féminine, Emma Hollis, fait de MillenniuM un X-Files bis sans intérêt. C’est encore plus criant dans la mesure où cette première histoire concerne un crash d’avion, dont le décor est un copié de celui de l’épisode de X-Files « Tempus Fugit » avec moins de budget. L’intrigue paranormale, tirée par les cheveux et sans intérêt, ressemble furieusement à un mauvais remake d’un épisode signé par Johannessen durant la première saison (l’excellent « Force Majeure »). Quasi rien à sauver donc.

De ces bases particulièrement pourries – et encore je fais l’impasse sur la galerie de personnages secondaires à la fois totalement sans intérêt et incohérents qui peuplent le FBI – la saison 3 de MillenniuM ne se remettra jamais réellement. Malgré quelques épisodes réussis (fort peu nombreux au demeurant), on n’échappera jamais au sentiment d’avoir assisté à une saison de trop qui n’ajoute rien au plaisir des deux précédentes.

3. Survivor Sara

La série : Prison Break

L’épisode : saison 3 (ou 4, ou les deux)

par Marine Pérot

Lors de la saison 3 de Prison Break, les producteurs de la série ont expliqué à Sarah Wayne Callies qu’elle était bien gentille mais qu’ils l’avaient assez vu (je paraphrase grossièrement l’idée). La comédienne venait d’accoucher et on lui a plus ou moins balancé la nouvelle comme un cheveu sur la soupe, en guise de cadeau de naissance. Du fait, il fallait trouver le moyen d’éliminer le personnage de Sara Tancredi du show. C’est alors que, dans un épisode de la saison 3, Lincoln trébuche contre une boîte en carton tout droit sortie de Se7en et supposée contenir la tête de Sara (a priori morte du coup).

« Me laissera-t-on un jour vivre plus de 3 saisons dans une série ? »

Sauf que voilà patatras, le coup de la tête décapitée ne plait pas du tout aux fans de la série, qui se sont attachés au personnage. Les scénaristes ont donc trouvé la pirouette ultime pour laisser à Sarah Wayne Callies, une fenêtre ouverte, au cas où elle veuille retrouver son job. On apprend finalement en saison 4 que Sara n’est pas morte et que la tête que Lincoln a vu dans la boîte n’était pas la sienne. Visiblement, Lincoln a besoin de lunettes, et tout le monde avale cette pilule magique sans trop rechigner.

Cependant, peut-on vraiment parler de Prison Break sans évoquer LA corde trop usée par la série ? A savoir Michael Scofield et ses 60 évasions de prison. Vas-y que je m’évade de Fox River, que je me retrouve ensuite en taule (mais ce coup-à au Panama, faut quand même voyager un peu) et que je m’évade une nouvelle fois, et puis que – parce que jamais deux sans trois, c’est bien connu – j’aide ma copine à s’évader (car après avoir ressuscité, Sara a réussi à se faire coffrer…) J’imagine que quand on tient le bon filon, c’est bête de se priver. Mais encore une fois, maxi crédibilité les gars.

Partager