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Le point de non-retour dans les séries, épisode 3 (24, Glee, The Walking Dead)

Le point de non-retour dans les séries, épisode 3 (24, Glee, The Walking Dead)

1. Stayin’ Alive

La série : 24

L’épisode : 7×01 – 8:00 a.m. – 9:00 a.m.

par Dominique Montay

« Chut, en fait, je dors 😉 »

Il s’était passé deux ans entre les saisons 6 et 7 de 24, à cause de la grève des scénaristes à Hollywood. Deux ans pour que les auteurs, rincés, d’une des fiction les plus exigeantes de la télévision américaine (car engoncée dans un concept qui limite considérablement les possibilités narratives), accouchent d’une des idées les plus débiles de l’histoire de la télévision, à ranger sur la même étagère que « Bobby n’est pas mort ». Ici, on a droit à « Almeida n’est pas mort ».

Le même Tony Almeida qui est mort dans les bras de Jack Bauer. Qu’on a ensuite mis dans un sac en plastique avant de l’évacuer. Donc un groupe de renégats mal intentionnés récupère le corps, lui redonne la vie avec un truc que ne possèdent pas les secours américains normaux (genre de la poussière de fées) et le convainquent de travailler pour eux (donc après sa mort, c’est Evil-Almeida qui prend la place de Nice-Almeida, si je suis bien).

Il a un bouc et il est devenu méchant ? Il vient d’un monde parallèle !
(bizarrement, c’est moins tiré par les cheveux)

Donc personne n’est allé à l’enterrement de Tony, vu que le cadavre n’était pas le bon, et connaissant la propension des ricains à faire des cérémonies avec le cercueil ouvert. Pratique. On ne va pas faire l’étonné non plus, en 6 ans, 24 nous en aura fait avaler, des couleuvres. Mais là, pour y croire, les auteurs nous demandent d’avaler 3 boas constrictors, 4 ou 5 pythons, et le vivarium de Lausanne (et on s’étonne encore que j’ai des problèmes de digestion).

Avec ce genre de décision, non seulement on a l’impression d’être pris pour un gogo, mais en plus, il est impossible de croire à nouveau en la série, en ce qu’elle dit, en ses moments d’émotion. Car si on peut ressusciter les morts, qu’est-ce qu’il reste pour avoir peur ?

2. Sue Sylvester veut faire un bébé toute seule

La série : Glee

L’épisode : la saison 3 dans son ensemble

par Marine Pérot

« J’aime pas vraiment les gosses, mais bon, si Ryan insiste… »

Regarder la saison 3 de Glee a été pour moi une souffrance sans nom, tant je trouvais ça aussi assommant qu’un coup de pelle sur la tête. Les personnages m’agaçaient tous, je m’ennuyais devant les épisodes, et je trouvais que la série était véritablement devenue une caricature d’elle-même. Pourtant je m’accrochais, armée d’un faible espoir que la roue tournerait et que tout ceci retrouverait un semblant de qualité. C’était l’époque où j’avais encore foi en Ryan Murphy et toute sa clique. Quelle naïveté.

Mais un jour, ça a été la goutte d’eau : les scénaristes ont décidé de balancer le personnage de Sue Sylvester du haut d’une falaise. Enfin non, pas vraiment, mais c’est tout comme, car ils lui ont soudainement flanqué un instinct maternel et activé son horloge biologique. Voilà que celle qui méprise les 99% de ses étudiants et qui est loin, très loin, d’être du genre maman gâteau décide d’avoir un bébé. Toute seule, parce que personne ne l’aime. Pour moi, tirer sur cette grotesque corde narrative a sonné le glas de la série. Glee était déjà devenue un show qui pédalait dans la semoule, avec des personnages incohérents dans tout ce qu’ils entreprenaient, mais alors là c’était le pompon.

Ne me demandez pas de vous raconter ce qu’il s’est passé ensuite, car le jour où on a mis cette idée saugrenue dans la tête de Sue est le jour où j’ai lâché l’affaire Glee. Je n’ai pas finis la saison 3, que je ne regardais plus que d’un oeil vaguement intéressé de toute façon. Au bout d’un moment, il faut arrêter  de faire n’importe quoi en salle d’écriture et de prendre les téléspectateurs pour des débiles.

3. Et si on parlait à Dieu ?

La série : The Walking Dead

L’épisode : 2×01 – What Lies Ahead

par Dominique Montay

Souvenez-vous… avant d’être la série la plus cool de l’année, The Walking Dead était une purge sans aucun sens du rythme. Un survival-horror qui réussissait le tour de force de vous faire prendre fait et cause pour les zombies, pas pour les survivants. Qu’ils les déchictent au plus vite, histoire de les faire taire.

Qu’est-ce que c’était bavard, à l’époque… Le bon vieux temps, dirait Franck Darabont. Et peut-être Robert Kirkman, d’ailleurs, rien n’est certain. The Walking Dead, en ce début de saison, c’est un groupe de survivants geignards et suicidaires, pas futés pour deux ronds. Et pourtant, avec ce season opener, on se remettait à y croire, grâce à une superbe scène bien tendue où les survivants se planquent sous des bagnoles sur une autoroute pendant que des « walkers » passent à côté.

C’est flippant, bien mis en scène… jusqu’à ce qu’on perde une chtite fille. La chtite Sophia est perdue, on organise une battue. Les deux personnages les plus investis dans la recherche sont sa mère (normal), et Rick, qui culpabilise de l’avoir perdue (en même temps, il peut, c’est à cause de ses directives à la con qu’on en est là).

« Bon, maintenant qu’on a bien perdu notre temps comme des cons, et que la gamine doit être bien morte, on peut y aller. »

Et que vont faire les surmotivés, les gens qui en veulent à mort ? Et bien ils partent à la recherche de la chtite Sophia ! Et que font ils quand ils croisent une église ? Et ben ils s’arrêtent pour parler à Dieu à haute voix, chacun leur tour, que ça prenne bien du temps. On y apprend que la maman de Sophia pense qu’elle est punie de son attitude, et que Rick attend un signe.

Et en attendant, pour Sophia, ça pue un peu, mais c’est pas grave, l’important c’est d’aller prier dans une église à haute voix chacun son tour. Le sens des priorités, ça ne se discute pas. Montrer la recherche de spiritualité de gens qui n’ont plus rien à perdre peut être intéressant. Mais dans le contexte de ce qu’ils vivent, cette action traduit un renoncement qui va à l’encontre de toute tension dramatique qui se respecte. Si les protagonistes sont désespérés, à quoi bon continuer de les regarder évoluer ?

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