Le Top des films qui font frissonner par Gilles Da Costa

Le Top des films qui font frissonner par Gilles Da Costa

La rédaction du Daily Mars est en pleine effervescence. A la Direction, Dominique Montay peint en blanc son masque de William Shatner, Hervé Coiral retourne à ses premières amours de maquilleur, fignolant à coup de latex son masque de Loup Garou et John Plissken/Philippe Guedj se ballade dans les couloirs avec son vieux pull, son chapeau, sa main griffue en déclamant « Nannnnncyyyyy ». Halloween se fête au Daily Mars. Malgré cette ambiance festive, peu propice au travail, quelques rédacteurs ont eu le temps de vous concocter un Top 5 des films qui vont vous faire frissonner. John PlisskenRay Fernandez, Gilles DaCosta et Jérôme Tournadre vous donnent leurs tops . En Joie.

 

Le Top 5 de Gilles DaCosta

En matière d’horreur, j’ai tendance à être beaucoup plus affecté par les ambiances et les atmosphères pesantes que par les jump scares ou les effets gores bien juteux. Évidement, une bonne tranche de viande saignante fait toujours son petit effet (cf L’au-delà de Lucio Fulci, présent ci-dessous), mais un climat malsain bien installé et convenablement exploité aura toujours ma préférence. La petite liste ci-dessous n’est donc pas une énumération de films matraquant la terreur mais plutôt un relevé de métrages sombres, macabres et généralement assez glauques. N’y voyez surtout pas non plus un recensement de mes films d’horreur fétiches, je serais bien incapable d’en établir un tant ce genre me tient particulièrement à cœur.

 

NE VOUS RETOURNEZ PAS de Nicolas Roeg (1973)

 

Aaaah, Venise la morte. Ses murs décrépis, son ciel brumeux et ses couleurs délavées. Comment imaginer décor plus approprié pour ce chef-d’oeuvre du macabre, cet hymne à la souffrance et au deuil ? Cet immense film en forme de cauchemar éveillé, entre giallo détourné et thriller psychologique, marque irrémédiablement le spectateur par sa noirceur insondable. Parcours d’un couple meurtri chassant l’ombre de leur enfant perdu, le tétanisant Ne vous retournez pas brille par sa narration fractionnée et sa beauté formelle. Un véritable diamant noir qui se révélera toujours plus à chaque visionnage.

 

 

L’AU DELÀ de Lucio Fulci (1981)

 

Je vous en avais déjà parlé in-extenso lors de ma rétro consacrée au grand Lucio Fulci mais impossible de passer à côté de ce monument de l’horreur. Du gore qui tache, des zombies à la pèle, une excellente bande originale de Fabio Frizzi, une toile de fond mystico-lovecraftienne du meilleur goût, L’au-delà est un must de l’horreur. Ajoutez à tout ça une scène finale proprement hallucinante de beauté lugubre et d’ambition et vous aurez un des films les plus flippants réalisé par le parrain du gore. Pensez tout de même à manger léger avant d’appuyer sur play, on ne sait jamais.

 

 

LES FRISSONS DE L’ANGOISSE de Dario Argento (1975)

 

Certainement le giallo le plus maîtrisé du grand Dario, Les frissons de l’angoisse baigne dans une atmosphère étouffante grâce à une toile de fond quasiment fantastique assez rare dans ses réalisations de l’époque. En ce sens il préfigure presque l’ambiance pesante de Suspiria qu’il mettra en scène deux ans plus tard. Les frissons de l’angoisse est violent, étrange, nébuleux, déroutant même (la scène de la poupée et cette introduction qui restera opaque jusqu’au dénouement). Mais c’est aussi un sublime film témoin du savoir-faire impressionnant d’Argento en matière de mise en scène hautement théâtralisée. La crème du genre.

 

 

THREADS de Mick Jackson (1984)

 

Sous ses airs de téléfilm BCC cheapissime tourné avec trois bouts de ficelles, Threads est à ma connaissance la seule et unique description réaliste de l’apocalypse nucléaire et de ses conséquences. Ici pas de bodybuildés cuir à crêtes ou de guerres des gangs mais une humanité à genoux, sortant des décombres de l’ancien monde pour découvrir une terre brûlée. Une vision d’horreur impitoyable d’une noirceur absolue pour ce film qui commence comme une simple chronique sociale quasi documentaire avant de se transformer en “feel bad movie” phénoménal qui laissera même les spectateurs les plus courageux sur les genoux. Bon courage.

 

 

ONIBABA, LES TUEUSES de Kaneto Shindô (1964)

 

Encore un film d’ambiances. Cette fois-ci nous nous trouvons dans un décor marécageux et poisseux servi par un magnifique noir et blanc expressionniste. Dans ce classique du film d’horreur japonais, Shindô suit le parcours de deux femmes contraintes de dépouiller les cadavres des soldats tombés au combat pour subsister dans un  un Japon médiéval du XV ème siècle rendu exsangue par les guerres de clans successives. Commençant calmement en installant son décor et ses personnages, Onibaba dérive doucement mais sûrement vers le fantastique pour se transformer en une fable noir recyclant quelques figures célèbres du folklore japonais dans une mise en scène enlevée inspirée de la dramaturgie du théâtre nô. Un festin pictural aussi effrayant que terriblement séduisant.

La suite : Le Top 5 de Jérôme Tournadre
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