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Le visage de l’ennui (critique de The Face of Love d’Arie Posin)

Le visage de l’ennui (critique de The Face of Love d’Arie Posin)

Note de l'auteur

face of loveSi l’arrivage estival made in US fait en général la part belle aux blockbusters pour ados décérébrés et aux dessins animés pour les pitites nenfants (je caricatures, c’est exprès), il est une partie de la population qu’il n’oublie jamais, c’est les vieux. Ben oui, paraît-il que passé un certain âge, on en a plus rien à secouer des dragons, des robots géants et des super-héros, on préfère des trucs beaucoup plus terre à terre, d’où le film de vieux. Mais attention, qui dit film de vieux, ne veut pas dire forcément mauvais. L’année dernière Dustin Hoffman prouvait avec Quartet que l’on pouvait faire un film de vieux passionnant et bouleversant. Mais il peut être aussi horriblement mou et se rapprocher d’un certain cinéma chiant à la française, comme ici avec The Face of Love d’Arie Posin.

Nikki (Annette Bening) et Garrett (Ed Harris) sont fous amoureux. Ils filent le parfait mariage, ils sont beaux, ils sont riches, c’est merveilleux, et puis paf, voilà t’y pas que ce con de Garrett trouve le moyen de se noyer (Ed Harris en mode je fais le mort mais en fait je dors). La veuve n’en peut plus d’être éplorée, elle se traîne comme une âme en peine toute seule dans sa super baraque. Et puis un jour, Nikki rencontre Tom (Ed Harris, le vrai, pas son sosie), le sosie parfait de son mari défunt.

Si à la lecture de ce synopsis vous avez entendu quelques notes de Bernard Hermann et senti comme une ambiance un peu hitchcockienne, passez votre chemin. Car The Face of Love est tout sauf un film à l’ambiance mystérieuse, ce n’est même pas une étude de mœurs intéressante. A vrai dire, ce truc rate systématiquement tous les thèmes qu’il aborde, et lorsqu’il en aborde un, c’est toujours dans le mauvais sens.

Car bon Dieu, il y avait de quoi faire avec un genre de mystère comme ça. On a parlé d’Hitchcock, certes, mais on aurait aussi pu volontiers verser dans la fable fantastique à la japonaise. Sauf que non, Arie Posin nous fait son gnangnan de base. Il nous prend le postulat du sosie pour nous dresser le portrait d’une femme seule, mais pas trop, manipulatrice, mais pas trop, et au final chiante comme un dimanche d’hiver en plein cœur du Poitou – Charente.

En nous balançant la pitoyable excuse du « il paraît que tout le monde a son sosie », Posin évite de trop s’appesantir dessus et nous délivre un récit d’une platitude et d’un convenu digne de nos plus grands faiseurs de merdes hexagonales. On ne peut s’empêcher de penser qu’il y a 60 ans, un tel mélodrame aurait sans doute été filmé avec flamboyance et panache. Comme quoi, il vaut mieux parfois verser dans le vieux film que dans le film de vieux.

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