Les 10 raisons de ne pas détester NCIS

Les 10 raisons de ne pas détester NCIS

« NCIS » première époque…

« NCIS, c’est toujours le même épisode ! Qu’est-ce que c’est chiant ! »

« J’arriverais jamais à comprendre comment une série comme ça peut avoir autant de succès! »

« Et là je vous prédis que Gibbs va encore arrêter des terroristes bien méchants et qui ont des têtes de bons vilains… »

« Et voilà encore l’heure de la série pantouflardo-Zzzzzz……………. »

 

Ces quelques phrases ne sont pas des citations exactes issues d’un forum en particulier mais sont plus ou moins à l’image de ce qu’on peut lire dans les pages de quelques sites Internet dédiés aux séries.

Succès télévisuel incontestable, la popularité critique de NCIS l’est beaucoup moins…

Prenant son courage à deux mains, l’équipe du Daily Mars s’est donc fixée comme mission de venir à la rescousse de Gibbs, DiNozzo, Ducky, Ziva, McGee, Abby, Jimmy, Vance et du fan de NCIS qui sommeille en chacun de vous. (1)

Découvrez maintenant 10 raisons objectives (…enfin… pas vraiment), de mauvaise bonne foi, évidentes ( = capillotractées), de ne pas condamner NCIS sans un visionnage équitable…

 

Sean Connery Vs. Mark Harmon dans « Presidio », un polar qui sent bon les années 80…

1. Commençons par la raison qui m’a fait regarder la série à l’origine: Mark Harmon. Mark Harmon a façonné un personnage beaucoup plus complexe que la caricature de Gibbs agitée trop facilement. Un héros abîmé, touchant de solitude, plus vulnérable que sa fonction de héros, cachant beaucoup plus mal qu’il ne le pense ses cicatrices émotionnelles. Et, n’en déplaise à certains, Mark Harmon n’a jamais cédé à l’interprétation répétitive et minimaliste (monolithique, diraient certains) d’acteurs fatigués comme David Caruso ou Gary Sinise. Dans le cadre d’une série « classique » comme NCIS, où l’enquête et la formule peuvent parfois se révéler trop rigides, Mark « Jethro » Harmon dégage, avec une subtilité assez bluffante, chaleur et sympathie. Une proximité que l’on ne peut pas expliquer seulement par les liens qui se créent suite à une relation à long terme entre un personnage et un téléspectateur.

2. A une époque où il est bon de déclarer son amour pour The Wire, Homeland ou Community, affirmer son appartenance au NCIS est un vrai signe d’indépendance, de rébellion, de panache (en tout cas c’est apparemment ce que souhaite croire l’auteur de ces lignes…)

3. Au fil des 10 saisons, la série a abordé avec subtilité (si, si !) des thèmes parfois polémiques (re-si, si !) ou rares. Sa description de la place ambigüe qu’occupent les vétérans de guerre dans la société civile en est un exemple récent. Si le thème n’est pas nouveau (n’est-ce pas Rambo ?), il est relativement rare et surtout suffisamment casse-gueule pour saluer la tentative, réussie. NCIS s’aventure dans ces territoires plus souvent qu’il n’y parait mais, il est vrai, avec « ses » arguments, « ses » armes, « ses » limites aussi.

4. La formule est classique, certes, mais elle est plutôt efficace et bien foutue dans son genre. Sur le papier, NCIS propose chaque semaine une enquête (le plus souvent) bouclée, entrecoupée de petites scènes comiques reposant sur les relations entre les personnages et distillant à intervalles réguliers des éléments concernant le fil rouge de la saison. On peut être allergique au schéma. Mais il fonctionne. Et NCIS le maîtrise parfaitement. Dans son genre, c’est le Hummer des « Formula Show ».

Un T-Shirt pour chien reprenant les fameuses règles de Gibbs. Un article facile à trouver sur le Net…

5. Les flashs en noir et blanc introduisant chaque nouvelle séquence, les tapes derrière la tête de DiNozzo, les différents surnoms donnés par ce dernier à McGee, les erreurs de prononciation de Ziva, les monologues de Ducky avec « ses » cadavres, les accoutrements gentiment gothiques d’Abby ou la fameuse « liste de règles » de Gibbs. Au fil des saisons, la série a su créer des « éléments iconiques » qui lui sont propres et qui lui permettront peut-être de survivre à sa diffusion. Ces « éléments iconiques » sont à mettre au crédit de l’écriture… Et justement cette dimension scénaristique est très (trop ?) souvent mise au second plan, voire décriée. Une injustice ! D’autant que la 10ème saison donne des signes de parfaite maîtrise de la « formule », avec même parfois de (micro-)variations dans son schéma établi qui sont assez étonnantes. Vous pouvez ne pas me croire sur parole mais dans ce cas prouvez-moi que j’ai tort… en regardant la série ! (2)

6. Que les choses soient claires : un succès « public » n’est pas un gage de qualité « artistique ». Mais une série qui rassemble 20 millions de téléspectateurs 10 ans après son lancement aux Etats-Unis, ou 6 millions de Français hebdomadairement, est-elle foncièrement, complètement, uniquement, définitivement « mauvaise » ? Une série qui réunit régulièrement autant de monde et, surtout, pendant aussi longtemps, est suspecte d’une « certaine » qualité. Laquelle ? C’est ce moment que je choisis pour vous provoquer gentiment: que ceux qui ont déjà vu NCIS se forcent à évoquer au moins une de ses qualités dans les commentaires ci-dessous. Allez, si vous êtes cap’ ! (3)

7. Une série qui voit défiler des guest stars comme Lily Tomlin, Jamie Lee Curtis, Bruce Boxleitner, Bob Newhart, Gena Rowlands, Hal Holbrook, Timothy Bottoms ou encore Charles Durning doit avoir quelques qualités. Bien entendu, NCIS ne recrute pas que des vieilles gloires… mais la série a cette classieuse obsession pour les icônes, les vétérans de l’industrie. Comme une volonté de les honorer, aussi.

L’immense Gena Rowlands, muse et épouse de John Cassavetes…

8. Actuellement, combien y a-t-il de personnages féminins véritablement « badass » dans les séries ? Ziva en est un exemple trop rare et vraiment réussi. Rare + Réussi = Argument valable, m’sieur l’arbitre !

9. Faut-il toujours « se prendre la tête » quand on regarde une série ? Est-ce que le plaisir pris devant un objet télévisuel est « moins important » que sa portée (thématique, théorique et autres « ique ») ? Je vous pose la question… (Un indice: il faut répondre non). Le plaisir pris devant NCIS est (subjectivement) certain. Un argument que l’on peut avancer pour n’importe quelle série. Pour Justified comme pour NCIS. NCIS est donc du même calibre que Justified (Note du rédacteur en chef séries: WHAT ?). J’avais bien prévenu que certains arguments seraient capillotractés…

10. Parce que lorsque la série s’achèvera en 2018, vous pourrez dire « J’ai vu les 350 épisodes de la série ! ». Effet garanti auprès de vos aminches de soirées mondaines ! Quel effet par contre… ? Dans tous les cas, je m’engage à offrir un Caf-Pow à chaque lecteur du Daily Mars qui regardera l’intégrale de NCIS

Si vous êtes encore sceptiques, dites-le ! Soyez pas timides…

Je vous traquerai… et je vous ferai écouter en boucle la musique du générique de NCIS.

Z’êtes prévenus…

 

(1) : En réalité, l’auteur de ces lignes a menacé physiquement Philippe Guedj et Dominique Montay, les responsables éditoriaux du Daily Mars, afin qu’ils acceptent de publier cette tribune… Rassurez-vous : si vous lisez ces lignes, c’est qu’ils ont été libérés, sains et saufs

(2): Quelle formule alambiquée n’utiliserait-on pas pour obliger les gens à regarder…

(3) : Provocation vraiment facile…

(4) : Si ce dernier argument a été conservé par Dominique Montay, chef des séries sur le Daily Mars, cela prouvera qu’on a le droit de vous soudoyer, chers lecteurs, et que je suis potentiellement ruiné…

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