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Les Carnassiers de la haine : dans les entrailles du Palais du peuple

Les Carnassiers de la haine : dans les entrailles du Palais du peuple

Note de l'auteur

Suite de la suite de la saga L’Épée de vérité, deuxième novella dans le run des Enfants de D’Hara, ces Carnassiers approfondissent le mystère de la Déesse d’Or et de la présence, au cœur même du Palais du peuple, de ces créatures étranges que sont les Hurleurs.

L’histoire : Des jumeaux. Un garçon et une fille. Est-ce l’avenir de D’Hara qui grandit dans le ventre de Kahlan ? Un futur sorcier de guerre et une nouvelle Inquisitrice… En d’autres circonstances, cette annonce de Shale, la magicienne-voyante, ravirait l’âme de Kahlan. Or, par ces temps sinistres où les hordes de la Déesse d’Or menacent de déferler sur le monde, ce n’est qu’un tourment de plus. Car les deux enfants et leur mère seront des cibles prioritaires pour les envahisseurs. Une source d’angoisse qui risque fort de peser sur Richard au moment décisif du combat à venir.

Mon avis : Un chouïa plus longs que le premier volume (140 pages au lieu de 120), ces Carnassiers de la haine débutent à l’instant même où L’Homme griffonné s’arrêtait : sur la révélation de la grossesse gémellaire de Kahlan. Une nouvelle extraordinaire mais qui, dans le contexte de la menace proférée par la mystérieuse Déesse d’Or à l’encontre de la descendance potentielle de Richard et Kahlan, risque bien de poser des problèmes insurmontables.

Kahlan doit-elle prendre le risque de révéler cette nouvelle à Richard, alors même qu’il doit concentrer toute son attention, sa force et sa maîtrise de la magie pour imaginer une façon de contrer les visions de la Déesse d’Or, voire la tuer avec sa horde d’“hommes griffonnés” ? Aura-t-elle le choix de lui cacher durablement sa grossesse ? Des tourments intérieurs, tandis que le Palais du peuple est l’objet de disparitions multiples. Des personnes que jamais on ne retrouve. Jusqu’à ce qu’un sergent descende dans les fondations du bâtiment.

Le palais, justement, opère ici à l’instar d’un corps humain où s’opposent ses “entrailles (…) où pourrissait un charnier” et “la splendeur rassurante de l’ultime étage”, où s’étendent les appartements réservés au Sourcier. Les ténèbres contre la lumière. L’intérieur contre l’extérieur. Les tripes contre l’intellect. Le sale contre le propre.

Richard, entouré de ses fidèles Mord-Sith, de la magicienne-voyante Shale et de son Inquisitrice d’épouse, tente néanmoins de dépasser cette confortable dichotomie. Face à une ennemie ontologiquement étrangère, une menace dont il ne mesure pas la portée exacte ni les ramifications potentielles, il joue lui-même de l’enfumage, trompe la Déesse, souffle le chaud et le froid, usant de ses habitudes de Sourcier de vérité pour devenir imprévisible.

Terry Goodkind

Le moteur des Enfants de D’Hara carbure largement à la métaphore. Le peuple du royaume incarne “l’acier contre l’acier”, tandis que son suzerain doit devenir “la magie contre la magie”. Le double visage d’un pouvoir collectif, lié par la dévotion comme meilleure arme contre la Déesse d’Or.

Terry Goodkind parle de ces Enfants comme d’une série de novellas. Mais ce terme n’est-il pas usurpé, dans la mesure où il ne s’agit pas réellement de récits qui se referment sur eux-mêmes, qui se suffisent à eux-mêmes ? Certes, chaque volume détient sa propre cohérence interne. On pourrait davantage parler de rythme feuilletonnesque, avec ses nombreux cliffhangers de fin de chapitre.

On regrettera simplement tous ces moments où l’action est suspendue par des explications, des descriptions pas forcément utiles, comme cette mention du “tapis de couloir bleu et or” qui n’apporte rien à l’avancée de la narration, alors qu’il aurait fallu nous faire ressentir l’urgence de la situation. Goodkind s’offre régulièrement des apartés un peu étranges, sans guère de justification solide, où l’action tout à coup s’arrête au lieu de grimper en intensité.

Restent un récit de bonne facture, une belle plongée dans les viscères du Palais du peuple, et des promesses thématiques pour la suite. Encore quelques mois de patience…

Les Carnassiers de la haine – Les Enfants de D’Hara t. 2
Écrit par
Terry Goodkind
Édité par Bragelonne

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