Les chéris de ces geeks : Kurtwood Smith

Les chéris de ces geeks : Kurtwood Smith

Amis de la geekitude et autre concept oiseux, bonsoir. C’est Plissken qui te parle. Tout à l’heure, vers 18h54, alors que je revenais de l’excelllllllente boutique Album à Paris où j’ai claqué pour cent sept euros et quatre vingt quinze centimes de livres et comics divers, j’ai croisé dans le métro un mec qui ressemblait comme deux gouttes d’eau à Kurtwood Smith.

Bing !!! Et voilà comment, en moins de temps qu’il n’en faut à Galactus pour bâfrer une planète, m’est venue l’idée d’une sorte de nouvelle rubrique récurente pour JPFM : parler de ces seconds couteaux, hommes ou femmes, qui au cinéma comme à la télé, occupent une place très chère dans le coeur des fanboys et fangirls de la planète (ha ben oui, j’ose le dire).

Ce ne sont ni des superstars ni forcément les meilleurs comédiens du monde, mais leur seule présence à un générique, leur tronche, leur voix, leur jeuxfamilier entre mille parviennent à sauver du naufrage certains absolus nanars dans lesquels, parfois, ils se compromettent.

On les aime, parce qu’ils ont incarné, le temps d’un film ou d’une série, un rôle foudroyant et inoubliable. Et parce que depuis ce rôle, on les suit à la trace, partageant parfois notre engouement avec d’autres happy few, exultant dés que leur nom réapparait au détour d’une production, en guest star ou en haut de l’affiche.

Le grand public, au mieux, identifie parfois le visage de ces géants discrets sans jamais arriver à mettre un nom dessus. Quelque part, tant mieux non ? Leurs fans (vous, moi…) conservent ainsi l’illusion que ces artistes sont de vieux amis, qu’ils nous appartiennent un peu et que nous ne sommes qu’une poignée d’initiés à reconnaître leur talent…

Bref ! J’interromps la guimauve pour revenir à mon Kurtwood Smith. C’est lui qui reçoit ce soir l’insigne honneur d’inaugurer cette rubrique (non mais tu te rends compte, Kurt ?).

Kurtwood est un chéri de ces geeks, en effet. Il l’est instantanément devenu en incarnant l’immonde truand sanguinaire Clarence Boddicker dans Robocop, le chef d’oeuvre de Paul Verhoeven.

Le film est sorti en France le 20 janvier 1988. Je suis allé le voir un samedi soir, avec ma bande de potos, au Gaumont Marignan des Champs Elysées. Le plan classique. J’avais 16 ans, j’étais en 1ère et ma cinéphilie battait la chamade grâce au magazine Starfix. Le film, royalement ignoré à l’époque au festival d’Avoriaz qui lui avait préféré Hidden, m’a collé une claque monumentale. Je découvrais Verhoeven, Peter Weller (alias Murphy/Robocop)… et Kurtwood Smith.

Kurtwood Smith m’a proprement terrifié dans le rôle de Clarence Boddicker, l’homme de main de ce vieux salopard de Dick Jones (joué par Ronny Cox, t’es dans ma liste toi aussi, plus tard, vieille ganache… tout comme en fait les trois quarts du casting de Robocop).

Avec sa voix nasillarde et son faciès de fouine, Kurtwood Smith a incarné avec Boddicker l’une des plus belles ordures du cinéma américain. Un meurtrier cynique, un fauve psychopathe sans une once de scrupule moral. Oui oui, un enculé à 100%, on peut le dire. Mais si crédible dans son absence totale d’intérêt pour la vie d’autrui que chacune de ses scènes, aujourd’hui encore, vous donne l’envie de vous faire tout petit devant l’écran.

La scène de la mise à mort de Murphy, crucifié sous les balles d’un Boddicker hilare me fait toujours autant froid dans le dos. Celle où Boddicker exécute froidement le jeune yuppie arrogant Bob Morton m’avait également tétanisé. It still does. Et que dire du face à face final entre Robocop et Boddicker, qui finira la carotide transpercée par notre cyborg adoré ? Anthologique !!! Jouissif !!! Le salaud arrogant périt par le glaive et ça fait du bien, fuck les atermoiements psychologiques relativistes pour bobos téléramiens ! Pardon, je m’emporte…

Après Robocop, Kurtwood a continué à jouer les êtres déplaisants, les flingues en moins, comme dans Le Cercle des poètes disparus (le papa castrateur de Robert Sean Leonard, c’est lui) ou la sitcom That 70’s show (Red Foreman, son personnage, est un père indigne aussi réjouissant qu’Al Bundy).

Et dans la saison 7 de 24, il joue quoi notre Kurtwood d’amour ? Blaine Meyer, un sénateur imbuvable, avec toujours la même voix sentencieuse du pif, qui pense rien qu’à fiche notre Jack Bauer préféré derrière les barreaux pour usage illégal de la torture. Non mais dis Clarence, tu te foutrais pas un peu du monde ? Tiens je vais me remater la fin de Robocop…

What else sur Kurtwood ?
Il faillit bien être Al Bundy dans la sitcom Mariés deux enfants et faillit bien ne pas être Red Foreman dans That 70’s show (le rôle était à l’origine prévu pour Chuck Norris). Véridique ! Il joue par ailleurs fréquemment au squash avec John Plissken.

Coming next… le retour du Dr No (nooooooooooo !!!!!!)… qui aurait inspiré aux scénaristes de Robocop le personnage de Clarence Boddicker.



End of transmission…
Partager